MIROIR
Fait des ronds dans l’eau, s’amuse des vagues ;
Puis, caresse
la lame emportant les écumes
Comme les
bourgeons que le ciseau élague,
La bulbille
défaite de l’écorce de glume…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
MIROIR
Fait des ronds dans l’eau, s’amuse des vagues ;
Puis, caresse
la lame emportant les écumes
Comme les
bourgeons que le ciseau élague,
La bulbille
défaite de l’écorce de glume…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
Inexpérimenté
Oserais-je
narrer à l’attentive ouïe,
Quand s'emmêlent les torons de l’histoire,
Mon deuil,
ma souffrance, enfouis
En mon
être figé au cœur du désespoir ?
Devrais-je
poser au seuil de votre écoute,
Et mes
rires, et mes flottantes larmes ;
Faire naître
du marasme, chaque doute
Enquillé
au possible dont il s’arme ?
Les terres
que j’ai foulées, les tunnels bistrés
Empruntés
de trompeurs, d’emberlificoteurs
Liés au
pouvoir séducteur, dont l’attrait
Fascine
le plus jeune, l’empoté trotteur,
Sont issus de claniques caves d’acteurs
Quêtant reconnaissance, dont l’auteur
Grossit
inexorablement les hideux traits.
Si je
faisais récit de ma vie sans adret,
Versant
privé de lumière, cette raillère
Domptée
du Joran, du Gharbi, qu’en madrés,
Fuient le
gobe-mouche, la belle vannière,
Verriez
poindre d’hétéroclites bercales,
Semblables, ici, au simiesque profil
D'un apothicaire imprégné du tincal
Émanant de la soude, ou de l’acidophile !
Mes
jours étaient nuits… je n’avais du temps,
Approches
aucunes… je vivais en ermite,
Sans amours,
ni plaisir… de l’hiver, au printemps_
Austère
anachorète dont la soif est un mythe.
Je fais
profil bas quand les fous dynamitent
De mes
rêves d’enfant… le babil hésitant.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
ET DE PARIETE FEINTS*
Le canevas des feintes
Et s’effacent
nos pas sur la grève mouillée,
Les dernières
traces talées des promeneurs ;
Plus personne
aux fenêtres bâillées,
Ni d’échos
aux palabres du sermonneur.
Mes yeux
se sont usés à pleurer des chimères
Mordues
de prétentions, de vaines doléances
Rythmées
de cet orgueil, et que toujours vénère
Le hautain,
ce rogue pétri de suffisance…
S’abâtardissent
nos quêtes premières,
Au jour
voilé de doutes, de controverses,
De
sophisme, d’arguties coutumières
Aux amants
que les feintes bouleversent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
IN LECTULO MEO*
Mon lit
Mon lit
à la mémoire d’un vieillard blessé,
Qui au soir, agonise dans la chambre moite
Dont les
lézardes mutilent du passé,
Les sombres
souvenirs, et qu’hydratent
Les suées
de corps hissés en acrobates
Au pal
du baldaquin d’amants entrelacés.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
PUER MEUS*
Mon enfant
Mon enfant,
vois la nuit envelopper les astres
De l’azur
en partance ! Sais-tu à quel désastre,
Ils échappent au matin à venir, au renouveau,
Quand il
pleut sur les monts, à l’ombre des vaux ?
Mon enfant,
écoute les vents chanter au soir,
Des belles
ritournelles, des refrains illusoires,
Et qu’entonnent
aux froids, les blizzards,
Tourmentés, l’onde aux râlements bizarres !
Mon enfant,
les saisons ont de nos cicatrices,
Balayé l’écorchure,
l'éraflure adaptatrice
Ajustée
à la chair plaintive, quand des larmes,
Chuintent
des rivières, qui parfois, désarment.
Mon enfant,
mûrissent sur l’horizon de feu,
Les vagues
ballottées de cyclones suiffeux ;
Elles drapent
les marées sous la houle,
S’enfuient,
quand les frimas blackboulent.
Mon enfant,
laisse danser les ombres éreintées,
Aux primes
angélus, quand la belle effrontée
Fuyant les
vespérales, s’acoquine, l’été,
Aux marins
sur le port, ces bateliers fourbus,
Dont la
lèvre susurre, en des thèses imbues,
De mielleuses
poussées, de séductrices onces
Déflorant
la candeur égratignée de ronces.
Garde-toi,
mon enfant, de te laisser séduire
De fiers
damoiseaux dont miroite le cuir !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
SAGUM AERIUM NIVEI*
Rideau neigeux
Des cimes
embrumées, on aperçoit au loin,
Au matin
frissonnant, la prairie ébarbée,
Poudrée
de flocons, peu à peu embourbés,
Avant de
disparaître, piégés du sainfoin.
L’hiver
vient se poser au cœur de la vallée ;
Y blêmissent
au soir, ses neigeuses masses…
Ses congères
ont fondu sur nos traces ;
Elles se
semblent dissoudre des mausolées.
Il fait
froid, jusques aux fenêtres des chambres ;
Il n’y
a plus d’espace en ce flou devenir…
Aurais-je
su dompter, sans plus t’appartenir,
Les frissons
égrenés dont s’offense décembre,
Et qu’aspire
ta peau défaite de soupirs ?
Pourrais-je
des gangues calamistrées, à l’aube,
Percer l’éclosion,
si les vents nus l’enrobent
D’un
grésil dont les bruines se veulent tapir,
Quand grondent
les tempêtes hivernales,
Bougonnent
les maelströms dévrillés de la nue ?
Je pourrais
de ta chair exempte de retenue,
Débrider
le cylindre, en ces mues atonales…
Hélas,
aux aurores feutrées, tes plaintes
Font rétention
de désirs en berne ; j’immole
De la
polymorphie, les degrés dont ta geôle
Encloue,
in extenso, les ardeurs mal éteintes.
Pourquoi
toujours courir, délacés de foucades,
Les chemins
à l’étroit, les bermes profanées ;
De la thébaïde, s’essouffle le germe mort-né
D’amours
désenclavées d'envies maussades ?
L’hiver,
au pied du mur, entoile de grimaces,
Et les
jours, et les nuits, chevillés à mon mal ;
Il s’amuse
à flétrir de la pulpe animale,
Le bâti emmuré d’inaltérables glaces.
Je dois m’en sortir seul... c’est vrai !
Délaisser le baldaquin, ce vieux fleuve tari ;
Nos pancraces
s’affaissent… j’en ferais pari !
Il me
semble, en ces jeux qui effraient,
Voir liés, par mégarde, sous l’ivraie,
Le vice
et la vertu pris à ton ableret…
Ému, je rentre penaud, l’âme marrie !
Aux gelées
engluées au col de l'ivresse,
Ce sérac
dressé à même l’émotion
Ductile _
ô combien ! Malgré l’érosion
De nos
fantasmes embués de détresse,
Je chemine vainqueur, empli d’allégresses,
La contrescarpe d’euphories morbidesses,
Sans démesure, ivre de prétentions,
Le chenal
où s’affaire l’amant ceint de caresses.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
HOC MODO*
C’est ainsi
Il est
des pages que l’on ne peut écrire,
Au détour
d’une vie, de tremblotante main ;
Enténébré
de doutes, comme du parchemin,
Le récit
perce l’âme, sans la jamais détruire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020