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jeudi 12 novembre 2020

MEDIA CARITATE CONSTRAVIT*

 


MEDIA CARITATE CONSTRAVIT*

Amoureusement

 

Avant de se connaître, avant que de s’aimer,

Avant de se toucher, de s’apprivoiser,

Ils rêvaient de voir, un jour, s’entrecroiser

Les liens intuitifs dont le cœur veut s’armer.

 

Avant des sources claires, s’abreuver aux aurores,

Se rafraîchir aux flots de la mansuétude,

De l’onde, défroisser les vagues d’incertitude,

Ils désiraient, sans désenchantement, enclore

De la munificence, et pour la retenir, l’amplitude

Diffluée au creuset de possibles accords.

 

Ils voyaient s’esbaudir en leurs yeux charmés,

Entre les longues tresses de la belle nature,

Tel un tableau de Tancrède Bastet, la peinture

De Tiennick Kérével, l’audace de s’affirmer ;

 

Naissaient en leur regard pénétré d’extase,

En la félicité du temps sans retenue aucune,

Les suaves couleurs se muchant d’infortune,

Les lascives ébauches effilées de diaclase.

 

L’amour ensoleillait de leur prime appétence,

L’opiniâtre désir de régner hors du temps :

Voluptueuses spéculations de caprices mutants

Dont la sensualité enferre la rénitence.

 

Amoureusement… au bonheur de l’être,

Ils allaient pénétrer de l’autre dimension,

La chatoyante moire qui, de l’éclosion,

Obère le rétentif, et du pouvoir de naître,

Sans en farder l’inexacte mesure, le paraître

Dont s’honore l’amant asservi aux passions,

Et qui, du mal d’aimer, savoure en triste reître,

La froide cruauté qui le toujours pénètre,

Quand l’amoureux fait taire l’appréhension.

 

Il faut de la vaillance, actionner l’éveil !

Ne se peut concevoir, aux renaissantes veilles,

Les tortueuses sentes, où à l’aube, sommeille

Le bâti dont l’esprit_ bien à tort _ s’émerveille.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 11 novembre 2020

OCOLORUM MUTATIS

 

OCOLORUM MUTATIS*

Métamorphose floutée

 

Les premiers jours sont: vie… il pleut

Tant de sourires, de chaudes étreintes ;

Les derniers sont vides ; l’on veut

Taire les cris, les pleurs et les plaintes.

 

Personne ne sait vraiment où va l’âme,

Ni ce que voit le cœur, quand l’esprit

Se farde d’émotions qu’enflamment

Les serments hantés de lourds mépris.

 

Aux portes du Shéol, s’entrelacent

D’hétéroclites formes, d’étranges mutations

Profanées de cerbères, gardiens des traces

Laissées sur linceul de la consomption.

 

Les premières heures traduisent de l’éveil,

La soif d’appartenir au monde des géants ;

Le nouveau-né butine, telle la jeune abeille,

Les sucs agrémentés d’essences s’y déliant.

 

L’agonisant voit des agressives heures,

Les ultimes secondes de son devenir ; il écale

De sa vie pécheresse, sans mal, chaque peur

Égrenée de l’existence pleine, et qu’empalent

Les ans dissous du temporel, en escale,

En la gnose gorgée de transitoires leurres.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

EGO ALTERA*

 

EGO ALTERA*

L’autre ego

 

De vos lèvres muettes s’échapperont des sons

Semblables aux longs râles de l’expirant

Couché dessous la dalle froide, se mourant,

Quand la componction emmurant

Le cœur lesté de cent contrefaçons,

Vomira sa colère au ventre du torrent.

 

Des yeux étoilés, mais sans lunes, couleront

Des fleuves d’amertume, des ravines de bile ;

De l’acerbité dont vous usez, en censeur habile,

Émaneront des brumes… du regard, rouleront

 

Des larmes enfiellées de rancœur, d’atrabile…

Au glas de rêves brisés, pâliront, peu à peu,

Les envolées dont vous fûtes, au pompeux

De vains réquisitoires, si fier, quand, volubile,

 

La harangue mouchait l’auditoire suspendu

A vos lèvres grisées du nectar des ménades…

Au matin, le sang d'artères malades,

Giclera à même le bitume ; bien-entendu,

 

Il n’y aura que vous, au linceul d’apparence,

Torchonné d’un thanatologue précis ô combien !

Quant aux gestes flattant l’amicrobien

Dont la méticulosité honore la constance.

 

L’autre ego, celui qui, à escient, caresse le mécène

Dont la bourse alimente l’aura, quittera la coulisse

Traversée de l’alcôve… vos secrets, qu’entretissent

Les joviaux communards, quitteront la scène,

 

Sans saluer le parterre… avachie en ces feintes,

L’immodestie déliera l’affect pris en tenailles

Entre les crocs perçant aux entrailles,

Le bouffi aliéné aux grimaces des plaintes,

 

Le ventru, repu du borborygme de foules

Éparpillées au centre du crématorium ;

Les cendres vaincues de ce qui fut un homme,

En miasmes de pecus, engobent, puis refoulent

En de puantes vapeurs, sous la houle,

Les spectrales mues en route vers Rome…

 

Le Pape, goupillon en main en bénira les restes,

Ces fétides lambeaux devenus ectoplasmes,

Ces horribles haillons devenus cataplasmes

Sous la grise vêture du lazzarone agreste.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020   

mardi 10 novembre 2020

EXITIUM*

 

EXITIUM*

Destruction

 

Qui sait si demain, à l’heure ou la technologie

Enflamme les consciences, enjugue le pédant,

Les atomes n’altéreront de l’antioxydant,

Les protons, ou la science de bactériologie ?

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

MUTATIONEM CUTIS*

 

MUTATIONEM CUTIS*

Changer de peau

 

Je voudrais remonter le cours des rivières,

Nager entre les roches, m’agripper au limon,

Fuir des nuits d’orage, l'altier dromon

Manœuvrant bien loin des gravières…

 

Je voudrais m’isoler, frayer en d’autres lieux,

Sur les luisants galets, à l’ombre des ajoncs,

Muer sous la baille, atteindre le donjon

De cette forteresse où niche le courlieu.

 

Je voudrais, aux plus sombres débâcles,

Me cacher de l’étouffant silène, cet acaule

Voulant parasiter, quand les spires m’accolent,

Ma pâle silhouette, cet étroit conceptacle ;

 

S’y entrelacent parfois, les gamètes trompeurs

De gages avortés, désunis du réel… sevrés

Du nectar de princes à jamais délivrés

Des factices offrandes encellulant la peur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 9 novembre 2020

ELEMENTA CARMELI*

 

ELEMENTA CARMELI*

Facétieux éléments

 

Quand se meurent aux dunes, les vents,

Les mouettes s’éparpillent en l’azur ouaté ;

De la faune égarée, n’est plus de survivants,

Qu'un fennec, dont semblent s’emboîter

Les pas désenclavés à sa marche butée,

Et qu’effacent encor les rais nous captivant.

 

Quand s’éteignent aux soirs, les étoiles blessées

De ténébreuses chapes, les faisceaux percent

L’Ether confit sous la coupole pressée,

La voûte dégarnie où, la nuit, se déversent

 

Les bruines disjointes, et qu’ébarbent parfois,

Les orbes étirés dessus la stratosphère ;

Les crachins en concentrent, aux grands froids,

Les cruelles saucées délavant l’exosphère.

 


Quand s’allume au matin, la diaphane ondée,

S’éclatent les bulbilles, au jardin de Trévise,

Il pleut sur Ponte Ottavi ; s’y laisse émonder,

San Guiseppe…  Vesuviano se prend pour Venise ;

 

En ouvrant ses canaux, les flots bleus s’unifient,

S’harmonisent de concert… rayonnent les matins

Dont la rosée pénètre, quand elle s’humidifie,

La flore agrémentée de pourpre, de satin.

 


Je m’éveille, conquis de la superbe irradiant

Mon regard enfantin… ému de tant de beauté,

Je m’allonge sur l’herbe, heureux, psalmodiant

En des mots inconnus, à Jésus, La Vraie Divinité.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

AMANDI SUPER GLORIAM*

 

AMANDI SUPER GLORIAM*

L’insolence d’aimer

 

D’une voix sans issue, je t’appelle, t’adjure…

Puis, m’épuise à attendre au silence amorti

D’inutiles perspectives, de fielleux parjures,

Que captive, tu agrées sans mal, dessertie

De ton nimbe, ma juste repentance…


Cette résipiscence dont s’honore l’humilié,

Et qu’effeuillent les larmes, en la florescence

Du bouquet de remords peu à peu déliés

De la pensée chagrine, en l’audace d’aimer ;


Si j’ai franchi, en hardi céladon, l’exorde

Des louanges ânonnées de bretteurs abîmés

De prologues de catilinaire, loin de la horde

D’auditoire séduit, je demeure, malgré tout,


Fervent amoureux, toujours prêt à s'offrir

A la rétive lèvre, quand l’audace sert d’atout

Au cœur cadenassé qui se plait à souffrir,

Quémandant indulgence, refusant pourtant,


De celui qui l’alloue, libéralité, sans surseoir

Aux promesses diluées… hors du temps _

Inaccessibles routes, et qui de l’accessoire,

Empruntent le talus où s’essouffle le rêve


Au remblai de l’imaginative, contraint,

Au moindre des sursauts, et sans trêves,

De dévier du tertre… au prochain train

Pour ailleurs… on le verra, l’œil humide,


Accuser de la pleine défaite, le pénible revers ;

Restera désormais, en cet immense vide,

L’insolence d’aimer, l’affront à contrevair

De sa molle doublure, l’orgueil sis en avers

De sa déconvenue, et que les larmes rident.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020