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mercredi 11 novembre 2020

EGO ALTERA*

 

EGO ALTERA*

L’autre ego

 

De vos lèvres muettes s’échapperont des sons

Semblables aux longs râles de l’expirant

Couché dessous la dalle froide, se mourant,

Quand la componction emmurant

Le cœur lesté de cent contrefaçons,

Vomira sa colère au ventre du torrent.

 

Des yeux étoilés, mais sans lunes, couleront

Des fleuves d’amertume, des ravines de bile ;

De l’acerbité dont vous usez, en censeur habile,

Émaneront des brumes… du regard, rouleront

 

Des larmes enfiellées de rancœur, d’atrabile…

Au glas de rêves brisés, pâliront, peu à peu,

Les envolées dont vous fûtes, au pompeux

De vains réquisitoires, si fier, quand, volubile,

 

La harangue mouchait l’auditoire suspendu

A vos lèvres grisées du nectar des ménades…

Au matin, le sang d'artères malades,

Giclera à même le bitume ; bien-entendu,

 

Il n’y aura que vous, au linceul d’apparence,

Torchonné d’un thanatologue précis ô combien !

Quant aux gestes flattant l’amicrobien

Dont la méticulosité honore la constance.

 

L’autre ego, celui qui, à escient, caresse le mécène

Dont la bourse alimente l’aura, quittera la coulisse

Traversée de l’alcôve… vos secrets, qu’entretissent

Les joviaux communards, quitteront la scène,

 

Sans saluer le parterre… avachie en ces feintes,

L’immodestie déliera l’affect pris en tenailles

Entre les crocs perçant aux entrailles,

Le bouffi aliéné aux grimaces des plaintes,

 

Le ventru, repu du borborygme de foules

Éparpillées au centre du crématorium ;

Les cendres vaincues de ce qui fut un homme,

En miasmes de pecus, engobent, puis refoulent

En de puantes vapeurs, sous la houle,

Les spectrales mues en route vers Rome…

 

Le Pape, goupillon en main en bénira les restes,

Ces fétides lambeaux devenus ectoplasmes,

Ces horribles haillons devenus cataplasmes

Sous la grise vêture du lazzarone agreste.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020   

mardi 10 novembre 2020

EXITIUM*

 

EXITIUM*

Destruction

 

Qui sait si demain, à l’heure ou la technologie

Enflamme les consciences, enjugue le pédant,

Les atomes n’altéreront de l’antioxydant,

Les protons, ou la science de bactériologie ?

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

MUTATIONEM CUTIS*

 

MUTATIONEM CUTIS*

Changer de peau

 

Je voudrais remonter le cours des rivières,

Nager entre les roches, m’agripper au limon,

Fuir des nuits d’orage, l'altier dromon

Manœuvrant bien loin des gravières…

 

Je voudrais m’isoler, frayer en d’autres lieux,

Sur les luisants galets, à l’ombre des ajoncs,

Muer sous la baille, atteindre le donjon

De cette forteresse où niche le courlieu.

 

Je voudrais, aux plus sombres débâcles,

Me cacher de l’étouffant silène, cet acaule

Voulant parasiter, quand les spires m’accolent,

Ma pâle silhouette, cet étroit conceptacle ;

 

S’y entrelacent parfois, les gamètes trompeurs

De gages avortés, désunis du réel… sevrés

Du nectar de princes à jamais délivrés

Des factices offrandes encellulant la peur.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 9 novembre 2020

ELEMENTA CARMELI*

 

ELEMENTA CARMELI*

Facétieux éléments

 

Quand se meurent aux dunes, les vents,

Les mouettes s’éparpillent en l’azur ouaté ;

De la faune égarée, n’est plus de survivants,

Qu'un fennec, dont semblent s’emboîter

Les pas désenclavés à sa marche butée,

Et qu’effacent encor les rais nous captivant.

 

Quand s’éteignent aux soirs, les étoiles blessées

De ténébreuses chapes, les faisceaux percent

L’Ether confit sous la coupole pressée,

La voûte dégarnie où, la nuit, se déversent

 

Les bruines disjointes, et qu’ébarbent parfois,

Les orbes étirés dessus la stratosphère ;

Les crachins en concentrent, aux grands froids,

Les cruelles saucées délavant l’exosphère.

 


Quand s’allume au matin, la diaphane ondée,

S’éclatent les bulbilles, au jardin de Trévise,

Il pleut sur Ponte Ottavi ; s’y laisse émonder,

San Guiseppe…  Vesuviano se prend pour Venise ;

 

En ouvrant ses canaux, les flots bleus s’unifient,

S’harmonisent de concert… rayonnent les matins

Dont la rosée pénètre, quand elle s’humidifie,

La flore agrémentée de pourpre, de satin.

 


Je m’éveille, conquis de la superbe irradiant

Mon regard enfantin… ému de tant de beauté,

Je m’allonge sur l’herbe, heureux, psalmodiant

En des mots inconnus, à Jésus, La Vraie Divinité.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

AMANDI SUPER GLORIAM*

 

AMANDI SUPER GLORIAM*

L’insolence d’aimer

 

D’une voix sans issue, je t’appelle, t’adjure…

Puis, m’épuise à attendre au silence amorti

D’inutiles perspectives, de fielleux parjures,

Que captive, tu agrées sans mal, dessertie

De ton nimbe, ma juste repentance…


Cette résipiscence dont s’honore l’humilié,

Et qu’effeuillent les larmes, en la florescence

Du bouquet de remords peu à peu déliés

De la pensée chagrine, en l’audace d’aimer ;


Si j’ai franchi, en hardi céladon, l’exorde

Des louanges ânonnées de bretteurs abîmés

De prologues de catilinaire, loin de la horde

D’auditoire séduit, je demeure, malgré tout,


Fervent amoureux, toujours prêt à s'offrir

A la rétive lèvre, quand l’audace sert d’atout

Au cœur cadenassé qui se plait à souffrir,

Quémandant indulgence, refusant pourtant,


De celui qui l’alloue, libéralité, sans surseoir

Aux promesses diluées… hors du temps _

Inaccessibles routes, et qui de l’accessoire,

Empruntent le talus où s’essouffle le rêve


Au remblai de l’imaginative, contraint,

Au moindre des sursauts, et sans trêves,

De dévier du tertre… au prochain train

Pour ailleurs… on le verra, l’œil humide,


Accuser de la pleine défaite, le pénible revers ;

Restera désormais, en cet immense vide,

L’insolence d’aimer, l’affront à contrevair

De sa molle doublure, l’orgueil sis en avers

De sa déconvenue, et que les larmes rident.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 8 novembre 2020

CONTEMPTIS*

 

CONTEMPTIS*

La méprisée

 

Encloîtrée en la honte pénétrant sa peine,

Cherche quelque issue acceptable,

Déliant du malheur et qui toujours, l’enchaîne,

Les noduleuses mailles, les austères câbles…

Les commères ridées, en la pointant du doigt,

Se gaussent sans remords de sa déconvenue ;

En des rires affectés, des propos maladroits,

Les garnements rusés, sans montre de retenue,

L’accablent de lazzis, de brocards, de huée ;

Ses yeux en conservaient, en des larmes crispées,

Le malaise des louves se faisant conspuer,

Quand la vindicte perce, avant que de riper,

Le sujet disgracié, la camérière réprouvée

De la cour, où la noblesse tisonne de mensonges,

L’affreux clabaudage de suivantes couvées

De maritornes ; sans vergogne, les plongent

Au cœur même de la médisance, les emplâtrent

De potins de cancane, afin de les griser

Du venin des chiennes qui bavent devant l’âtre,

Des catins de la trotte, et toujours méprisées.

 

Percluse en ces muances de harangue démente,

Elle voyait s’éteindre du tableau de maître,

Les précieuses couleurs; ces lavis qu’enfantent

Les tons de l’insolence, au bonheur à renaître,

Quand de la froide lie, s’échappent les nuances

De l’eau forte ;  l’aquafortiste en agrémente encor

Du trouble de l’ouvrage, sans y faire allégeance,

Le galbe callipyge dont Rubens lie le corps

Aux cambrures marbrées de l’altière muse,

Au regard de l’esthète ravi de s’émouvoir

Du porphyre altéré_ ô si peu !_ de la ruse

Du dandy, ce damoiseau… il s’amuse

En ces cendres, quand les critiques fusent,

A modeler la replète nymphe, à se mouvoir

Sur la femme… celle que voudrait voir,

L’aigrefin dont la bourse vidée désabuse

Le larron en quête de subside… âme confuse,

Cœur à l’index… est-ce pour s’en émouvoir ?

*

Elle confisque à ses larmes de fautive compagne,

L’abondance, acquiescé du juste repentir…

Au seuil de sa mémoire, battant la campagne,

Irai à son front nu, poser, sans l’avertir,

Un conciliant baiser… sans jamais l’abrutir…

N’est d’offrandes qui au matin, se gagnent,

Solennelle empreinte… au faîte de cocagne.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 7 novembre 2020

HARENAE VENDITOR*

 

HARENAE VENDITOR*

Marchand de sable

 

Marchand de sable, passez votre chemin !

Je veux encor, la nuit, rêver sous la cheville

De lubies actives auxquelles se vrillent,

Les fantasmes qui me tiennent la main…

 

Marchand de sable, laissez-moi savourer

En ces heures indues, le tumulte des mânes,

Dont le vain repentir, grimé de mots insanes,

S’apparente au recueil piégeant l’énamouré !

 

Regardez de mes yeux étoilés de musiques,

Les précieux arpèges de songeries précoces !

N’épuisez _ je vous prie ! _ de ces riches noces,

Le faste dont s’agrémente le regard chimérique…

 

Marchand de la bohème, fuyez de mes envies,

Quand s’épaissit l’offense, la replète panse

L’hallucinatoire vague !… aussi, quand j’y pense,

N’est rien de plus doux, aux pleurs d’inassouvie,

 

Qu’oniriques étreintes de dryade couchée

Sur la peau de l’imaginatif, cet idéologue

Rasséréné, quant aux rimes d’églogue,

Ces bucoliques pointes perçant l’effarouchée.  

 

Marchand de sable, fera soleil à l’aube

Quand poindra de la nue, les rais bleus

D’un ciel, au vôtre différent… ventrebleu !

Laissez mes insomnies s’enquiller sous la robe

De l’extravagance !… faut-il que s’y dérobent

Mes pas de sublunaires ?... du tertre sableux,

A l’étrange parvis de ce mythe, l’engobe

Cosmétique de l’œil, le fascinant globe,

Pour en dessouder le support anguleux.

 

C’est ainsi, qu’aux grands soirs, s’allument

Mes errances d’insomniaque, songe-creux ;

C’est ici, qu’au pressoir, souffle ocreux,

Sombrent les dépits qui, sans mal, me bitument !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020