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samedi 24 octobre 2020

HIC EST ALIUS*

 

HIC EST ALIUS*

Voici mon autre

 

Voici mon cœur bercé de souvenirs ; il est vôtre !

Si jadis la raison ajustait à mes rêves,

Les oniriques fastes de grandiloquence, autre,

Était du réel, en l’idoine, la minuscule trêve.

Voici ma vie évidée de rancœur, de mensonges !

Elle se vient offrir, délestée d’artifices…

Ne croyez, très chers_ qu’il me faille du songe,

Tisonner l’agrément ceignant des mues adaptatrices,

L’imaginaire par trop fécond, lesté de blandices,

Sans montre de retenue… si le remords nous ronge.

 

Voici, aux soirs d’orage, devant la cheminée,

De ma constance, l’immutabilité ! Prenez donc,

Des angoisses miennes, les craintes surannées,

Avant qu’il m’en souvienne, en de justes pardons,

De l’absolution offerte, sans parcimonie,

A mon poussif ego, en la résipiscence vêtant,

Le pusillanime, hier, larvé de froids dénis,

Le précieux habitacle du déisme mutant…  

 

Voici mes mots d’auteur, griffés de folle pointe,

Rimes d’aède, adages de contorsionniste

Qui de la resucée, épure l’itératif, plume ointe

De l’imaginative, estoquée de trompeurs altruistes

Rassérénés_ croit-on, à l’aube du nouveau jour,

Quand l’audace concède au scribe de polycopie,

Le panache et l’allure placés en fier ajour,

Au col du doxographe hué du pisse-copie !

 

Me voici sur le beau destrier de la littérature,

Chevauchant le syntagme empierré de morphèmes !

Mon trot est un galop, sans réelle arcature,

Car de la claire-voie, n’émanent lumières ; le phonème

Laïussé de conférenciers, enchâsse l’ouïe, permissive

O combien… d’une verroterie comparable au sabir,

Cette lingua franca formolée de greffes de missives,

Et qu’inhale l'allocutaire piégé de l’incisive

Péroraison du triste harangueur, ce sbire !

 

Me voici, assoiffé de pollicitations, surenchères

De nobles asservis aux  dictats de cours,

Oukases de labadens, dont jadis, l’être cher

Fuyait l’orgueil du chaotique parcours…

Je reviens en cadenasser l’âme… sans discours !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

VIR*

 

VIR*

Homme

 

J’ai pris le temps de devenir un homme,

M’ouvrant à celles qui, la nuit, se glissaient

Sous ma peau…souvent, s’y immisçaient,

La tendresse et le feu… en piètres économes,

D’autres m’ont lésé, infestées d’hématomes,

De possibles quémandes, moi, reître oppressé,

Humilié, sans gloire, d’altiers gentilshommes

Ignorant de mes luttes, l’itérative percée…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 23 octobre 2020

VISNE ULLAS PERITIAS UPUPAM*

 

VISNE ULLAS PERITIAS UPUPAM*

Cerce floue

 

Une ombre floue avance dans le petit matin ;

On la voit s’étirer… avant de disparaître,

Puis, réapparaître… en l’azur incertain,

Auréolée de suie, comme du temps à naître,

L’aurore revêtue, derrière nos fenêtres :

Fuligineux  halo au bistre levantin.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 22 octobre 2020

ELEGIACE SINT PHANTASIAE*

 

ELEGIACE  SINT  PHANTASIAE*

Elégiaques fantasmes

 

J’irai revoir les îles enflammées de soleil,

Les atolls, que poudroient les crachins ;

Toucherai matin, sans troubler du sommeil,

La passivité ; tapi, jusqu’à l’hiver prochain...

Si vous voyez les songes allumer mes pauses,

Les mirages, claquemurer du pesant marasme,

La profonde apathie ; quelle qu’en soit la cause,

Sachez-la taire, pour ne point, du sarcasme,

Décocher en l’ébauche, mordant, goguenardise !

 

J’irai courir aux portes de juillet, giflé d’alizés,

D’embruns tropicaux… vous me verrez talonner

Du sable chaud des lointains archipels…bronzé,

Les dunes spoliées du regard par trop illusionné

Du preste pérégrin longeant le littoral, fourbu,

Aux  moites vespéraux … dans l’océan de nacre,

Aux bornes coralines, loin des layons herbus,

Ferai taire les elfes fardés de simulacres.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



ARBORES AUTUMNALES MUSARDES*

 

ARBORES AUTUMNALES 

MUSARDES*

Automnales musardes

 

Nous irons sur la lande, en automne,

Voir pousser des saisons à nulle autre pareilles ;

La nuit, aux vents légers, aux orages qui tonnent,

S’ouvriront de la nue, des nuances vermeilles.

Les matins engourdis de paresse, de cosse,

Borderont de l’éveil, la majestueuse fronce ;

L’oisillon en pépie, du nid en son embosse,

Verra poindre des rais de parhélie, les sconses.

 


Irons au nord des Shetland, quand il pleut,

Laper des douces bruines, le nectar azuré…

Il y aura, montant des froides plaines, en ce bleu,

Des vapeurs ouatées s’y venant là, mirer…

Les amours contredites de la gent moralisatrice,

Agrémenteront d’harmonieux baisers, le sourire

Défait de vaines crispations, entre les interstices

De réceptives lèvres, offertes… sans coup férir.  

 


Au miroir gélifié des flaques, nos profils boiront

Des boueuses grimaces, en quelque fade lie,

Les éclats projetés de discourtoises vagues… irons,

Toi et moi, caresser l’aube, en ces heures pâlies ;

Peut-être, verrons-nous, quand nage le goéland,

Au ciel d’octobre, rémiges déployées, l’étrange

Se voiler de ténébreuses brumes… à pas lents,

Irons sur la sente, au chant de la mésange,

Cueillir de la rosée, les généreuses perles

Gouttant de l’arbuste ridé, et qu’aspire

De la branche humide, le malicieux merle

Ébahi face aux ides champêtres, dont les spires

Redessinent du jour, avant de disparaître,

Les heures profanées de tempêtes soufflées

Des côtes maritimes, aux coulées venant naître

Du col lesté de grisailles, de nielle renflée.

 

En l’éveil manifeste, aux premières vues, regard flou,

Retrouverons, aux portes de l’hiver, les tortilles

Entrouvertes accotant les canaux, que renflouent

Les galiotes sombres voguant vers les Antilles.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 21 octobre 2020

SI VIDI…*

 

SI VIDI…*

Si je voyais

 

Si je voyais l’automne déconstruire la flore,

Sans que j’aie à m’en faire… si les vents

Balayaient les tenaces miasmes, l’auvent

De ma masure_  si les bruines l’efflorent,

Bâillerait, pour capturer l’espace, que forent

Le temps et les réveils, absouts en rêvant,

Des cycles séculiers, l’alternance promouvant

Du noble renouveau, le précieux réconfort.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 20 octobre 2020

INORDINATIONEM*

 

INORDINATIONEM*

Désordre

 

Quand il pleuvra du ciel, de frémissantes bruines,

Que la terre se noiera sous de nouveaux déluges ;

Il y aura sûrement, enchâssés  à vos ruines,

Quelques pans de l’histoire, des lianes calcifuges.

 

Quand jaillira le feu, du ventre de vos plaines,

La faune foulera du creux des grands vallons,

La trappe géosynclinale, et qu’au matin, engainent

Les résidus fangeux, survolés de l'aiglon.

 

Quand l’océan vidé de sa superbe, bavera sur la rive,

Un reste d’agonie, les monotones vagues rouleront

Des frisures, et du sable égrené, les bancales dérives

De navires piégés des courants ; les vents les mouleront.

 

Dans ce désordre, s’écharpent de fougueux éléments ;

La vie vient déloger de la coque du temps,

Les ultimes cerneaux, la chair sans âcrement…

La mort fait alors son entrée, ouvrant larges battants.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020