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mardi 20 octobre 2020

ABSENTIA UISUS

 

ABSENTIA UISUS

Le regard de l’absence

 

J’ai tant de fois jeté ma pâture aux chiens,

Que mendiant devenu… ne me reste plus rien ;

Ai cru que le bonheur me déferait des liens

Dont m’enjuguent encor les âpres gordiens.

 

J’ai vu naître et mourir, un peu plus, chaque nuit,

L’astre estropié, dont l’azur, en y posant enduit,

A maquillé l’espace… là, les orbes gris fuient

Les mailles boulochées de vaporeuses suies.

 

J’ai vu poindre du clair renouveau, des soleils

S’affaissant aux grands soirs au tertre du sommeil,

Des lunes étirées, des décans veloutés de vermeil,

Et qu’enfumaient parfois, les brumes d’avant-veille.

 


La doublure de l'incohérence est un bâti sans fil,

Grossier ourlet canalisant, aux heures qui défilent,

Les chaudes poussières de l’imposante ville…

Sur elles, s’alourdissent nos échasses fébriles.

 

Ai regardé, à l’ombre du putiet, les noduleux stolons

Étrangler de l’écorce les hideuses plaies, le long

De rudes cannelures… quand soufflait l’aquilon,

S’émiettent les entailles, sous le rhizome oblong.   

 

A tant épier la nature en deuil, me suis désaccordé

Des musiques... l’onde m'en berçait, sans déborder

De la cuve, qu’aux froids, viennent saborder

Les spumescentes vagues... avant de transborder.

 


A ma plume loquace, s’arriment des absences…

Ne les point laisserai vaincre l’indifférence ;

Elle s’y doit soumettre, quand lesté d’inscience,

Le fat s’accoutre du raglan de sapience.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 19 octobre 2020

POURQUOI, IGNOBLES BARBARES ?

 

POURQUOI, IGNOBLES BARBARES ?

 

Est-il vrai que les hommes voient encor leurs semblables

Comme les instruments de la rage qui gerce ?

Peut-on décapiter en toute impunité, sans se croire coupables ?

Doit-on sourire au Diable, s’enivrer de ses tierces

Veloutées d’une aguicheuse voix, sans nuances palpables ?

 

La France voit encor s’écailler du miroir de l’histoire,

Le tain de sa superbe… il se faut délivrer de ces démons

Venus d’une autre terre ! Offrir, loin des mouroirs,

À la génération à naître, un puissant artimon

 

Pour naviguer léger au milieu des tempêtes, voir le Ciel

Recouvrir l’océan du bleu de sa vaillance, avancer

Loin des rites de l’Orient, ni des pensées artificielles,

Absorber à la lie les fadaises de prêcheurs voulant influencer

 

Un peuple Chrétien, civilisé, qui veut nourrir sa foi

En rendant à Dieu, un culte passionné, sans armes,

Ni insultes… Chrétiens et juifs, bien des fois,

Se retrouvent, s’apprécient, s’aiment ; leurs larmes

Proviennent d’un cœur sincère… voilà, du charme,

La réelle beauté… l’amour triomphe à chaque fois.

 

 

ARMAND MANDO ESPARTERO

                                                       19/10/2020

NON DICO*

 

NON DICO*

Ne dis pas

 

Ne me dis pas : l’absence est un bateau sans voile,

Sur l’océan de larmes à jamais éventées !…

Ne pose pas les yeux sur les pâles étoiles,

Qui en la nuit, s’évadent, pour te mieux tenter !

 

Ne saurai de ces cris, me démettre sans grâce,

Ni refréner l’ardeur enquillée à mes peines…

Il y aura des sentes où s’éteignent nos traces,

Aux  jours gris de tes mots, et qu’amplifie la haine.

 

Ne dis pas : le passé est une morte terre, un ruclon

Aux  tenaces remugles ; s’y défont les croupissantes eaux

Bavées de pestilence, quand du bleu Miquelon,

Ondulent les marées forées de la lame des flots !

 

Ne pourrai, sans montre d’accointance, donner vie

Aux rêveries nocturnes éparpillées en l’aube,

Quand l’amitié renaît au seuil de la survie,

Quand l’histoire réanime des braises, l’engobe.

 

Ne dis pas : au froid des clairs matins, j’effeuille

De ma mémoire, les pesants souvenirs… la peur

Me fait escorte, puis m’encloue malgré moi, à ce deuil

Vêtant de mes pensées, le constant affolement_ stupeur

Dont je fais réception, pour vaincre la torpeur

Qui, sans vergogne cogne encor, et encor… à mon seuil !

 


Ne croirai à ces mots délétères, pugnaces ! La raison

En profane chaque digression… suis, seul à écurer

Des pollicitations_ c’est vrai !_  les folles péroraisons,

Ces hâtives maximes-emporte-pièce, vainement susurrées

De dolentes voix… ces codex  d’apothicaires, emmurés

De formules magiques, n’ont sur moi _ à tort ou à raison _

Nulle emprise… peu à peu, défait de poussives liaisons,

Je retouche la peau du sommeil trop longtemps torturé.

 

Ne dis plus rien !!! Le vide est un silence de thébaïde…

Un mutisme de cloître, avant le jubilé… écoute

Aux heures pleines, quand se froissent des rides,

Les cicatricules du destin, ignorant… sans doute !  

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 18 octobre 2020

RENASCITUR ;*

 

RENASCITUR ; *

Renaître

 2

 

Nous partirons un jour, pour ne plus revenir ;

S’envoleront nos cendres, avant de disparaître…

Il est un autre corps pour notre devenir,

Un nouvel Eden, où nous allons renaître.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 


samedi 17 octobre 2020

NOCIVIS APPETITUS*

 

NOCIVIS APPETITUS*

Nocive appétence

 

Au ruisseau de tes larmes, me suis abreuvé ;

J’ai bu des fins cristaux de tes pleurs nacrés,

La fluide effilure se laissant dériver,

Les froides gouttelettes s’y venant ancrer.

 

Ai mordu à tes rires emperlés de malices,

Le pulpeux contrefort, afin d’en savourer

La gracieuse lie dégelant les canisses

Entre lesquelles halètent des mots édulcorés.

 

Ai longtemps attendu, égaré au cylindre du temps,

Que tu donnes à ma soif la réserve tienne ;

Me suis fait échevin, déliant de ton verbe hésitant,

En de péremptoires édits, la mesure antienne.

 

S’il  fallait trahir de mes convictions, céans,

La profonde teneur, irais pour te captiver,

De finaudes gausses, en mensonges géants,

Au faîte du cratère, pour ne point dériver…

 

Mes lunes te seraient profitables ; elles poseraient,

Déliées de leurs décans, de lumineux faisceaux

Enviés du bel astre qui s’en approcherait,

Pour du fin diadème, enclore de son sceau,

La tiare scintillant, quand passe le vaisseau

Sur l’onde chavirée du roulis des marées…

 

Je voudrais à tes lèvres, m’enivrer de soupirs,

D’offensives prétentions… voir mûrir tes décrets,

Pour seul, en éventer au tertre de cet empire,

Les subtiles formules, tous les accords secrets…

 

Semblables aux cédules, les mots font déclaration

Du mal m’enserrant, du chagrin m’accoutrant

De criardes breloques, de nippes de faction,

Aux grands froids, la nuit, me pénétrant,

 

Quand j’avance, âme en peine, cœur nu,

Sur l’immense avenue jouxtée de ces ruelles

Où les chattes promènent leur galbe charnu,

Piètrement encagé de résilles cruelles,

 

Je comprends, sans le dire, la douleur du héros

Vainqueur… mais, estropié, isolé de la troupe

Lui faisant hier, escorte…il devient le faraud

D’une triste victoire dont le succès l’étoupe.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

CLARA DIE PARVULIS

 


CLARA DIE PARVULIS

Enfants des clairs matins*

 

Les enfants portent au cœur des comptines,

De savantes mimiques, d’irrésistibles moues ;

Ils savent, mieux que nous, sans panique,

Estoquer des peines, les fastidieux remous.

 

Les enfants-aquarelles de nos livres d’images,

Courent sur les nuages de pays de cocagne,

Viennent d’outre-lieu… l’imaginaire voyage,

Quand la pensée bat seule la campagne.

 

L'enfance vagabonde sur des terres meurtries ;

L’aube s’y évapore en un petit matin… elle voit

Du doux regard de l’amoureux contrit,

Naître la flamme bleue du regard qui louvoie.

 


Chahute l'enfance en ces heures flottantes,

Avant que de se taire au soir sans lune,

Aux prémices du rêve enclos de résilience ;

La peur du noir en tacle l'infortune...


Au trottoir de nos grandes cités, longe

Du caniveau aux reflux discordants, la baille,

Le cordon de lido ; les marigots les rongent,

Ajustés aux lagunes attifées de débraille.


Les enfants effacent du passé, bien trop tôt,

Les brimades serties de fièvres d’antan,

Et qu’évente l’argot de poussifs hottentots,

Ces petites griffures emportées par l’autan,


 


Enfant, en de cahoteuses bermes, sentes

Empruntées d’ignobles consignataires,

Futur de jaseurs aux joutes offensantes,

Ai vu mon devenir hué de piques délétères :


Quand l’enfance prend l’eau, s’éteint l’humeur

Arrimée au septain de nos plaisants poèmes ;

Chagrins et déshérences se meurent

Au sein des clichés d’autrefois... les mêmes,

En la recognition des exploits de jadis ;

Les rides du péché s’en viennent muter…

Seuls, brisés en l’agonie… sans plus jamais douter,

S’éraillent les jeudis pénétrés d'interdits,

Les dimanches harnachés au col de l’inédit…

Redevenons poussière de caveau… déboutés

Des promesses  muées de phonie veloutée

De baveux esbroufeurs au langage affadi.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 16 octobre 2020

AUTUMNI FRIGORE*

 

AUTUMNI FRIGORE*

Dans le froid automnal

 

Ne plus se souvenir des premières gelées,

Du froid posé au lit des rivières,

En longues bandes crispées ; les pierres

S'en bornaient… figées au centre des vallées,

Les frêles boutures se laissaient avaler

Des ronces de marcottes, du buis de hallier.

 

Oublier, les fontaines cuivrées, sur la place ;

Leur grinçant douzil… l’eau s’y faisait plus rare,

Et du mince débit, s’écoulaient sur le tard,

De fines gouttelettes en pépites de glace.

 

Aux canisses ridées, les ventées de septembre

S'engluaient aux moisissures ; ce ferment

Roidissait des buées, en ces dérèglements,

Avant d’en maculer le tortillage d’ambre,

Les lézardes jaunies de la petite chambre.  

 


Taire des nuits opaques, l’épaisse nébuleuse

Drapant la stratosphère d’une chape viciée,

En de lourdes vapeurs, toujours dissociées

Des radieux matins, sans brumeuse…

 

Loin de mon île grisée d’essences estivales,

D’arômes tropicaux, mon regard se fanait ;

Aussi, aurais-je voulu, loin des corps tannés,

Ces éléments vidés de substances banales,

 

Boire à la source dont les daines savourent

Des clairs remous, la douce légèreté…

M’abreuver aux sources, dont la pureté

Vêt d’une longue mante, l’itératif parcours...

Perce la rosée, au beau jardin qu’entourent

La flore épanouie… du printemps, à l'été,

La faune en paissance… l'on voit s'émietter,

Le pollen, des minuscules grains de velours.

 


A tout prendre, j’accuse réception… statim effectum**

De nouveaux lendemains, à la pointe du temps

Réajusté au col de cette démesure, autant

Qu’il me sera possible… j’y installe ad centrum

Les fastes du renouveau… heureux, cœur battant !

 

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 


**effet immédiat