pinterest

lundi 19 octobre 2020

NON DICO*

 

NON DICO*

Ne dis pas

 

Ne me dis pas : l’absence est un bateau sans voile,

Sur l’océan de larmes à jamais éventées !…

Ne pose pas les yeux sur les pâles étoiles,

Qui en la nuit, s’évadent, pour te mieux tenter !

 

Ne saurai de ces cris, me démettre sans grâce,

Ni refréner l’ardeur enquillée à mes peines…

Il y aura des sentes où s’éteignent nos traces,

Aux  jours gris de tes mots, et qu’amplifie la haine.

 

Ne dis pas : le passé est une morte terre, un ruclon

Aux  tenaces remugles ; s’y défont les croupissantes eaux

Bavées de pestilence, quand du bleu Miquelon,

Ondulent les marées forées de la lame des flots !

 

Ne pourrai, sans montre d’accointance, donner vie

Aux rêveries nocturnes éparpillées en l’aube,

Quand l’amitié renaît au seuil de la survie,

Quand l’histoire réanime des braises, l’engobe.

 

Ne dis pas : au froid des clairs matins, j’effeuille

De ma mémoire, les pesants souvenirs… la peur

Me fait escorte, puis m’encloue malgré moi, à ce deuil

Vêtant de mes pensées, le constant affolement_ stupeur

Dont je fais réception, pour vaincre la torpeur

Qui, sans vergogne cogne encor, et encor… à mon seuil !

 


Ne croirai à ces mots délétères, pugnaces ! La raison

En profane chaque digression… suis, seul à écurer

Des pollicitations_ c’est vrai !_  les folles péroraisons,

Ces hâtives maximes-emporte-pièce, vainement susurrées

De dolentes voix… ces codex  d’apothicaires, emmurés

De formules magiques, n’ont sur moi _ à tort ou à raison _

Nulle emprise… peu à peu, défait de poussives liaisons,

Je retouche la peau du sommeil trop longtemps torturé.

 

Ne dis plus rien !!! Le vide est un silence de thébaïde…

Un mutisme de cloître, avant le jubilé… écoute

Aux heures pleines, quand se froissent des rides,

Les cicatricules du destin, ignorant… sans doute !  

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 18 octobre 2020

RENASCITUR ;*

 

RENASCITUR ; *

Renaître

 2

 

Nous partirons un jour, pour ne plus revenir ;

S’envoleront nos cendres, avant de disparaître…

Il est un autre corps pour notre devenir,

Un nouvel Eden, où nous allons renaître.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 


samedi 17 octobre 2020

NOCIVIS APPETITUS*

 

NOCIVIS APPETITUS*

Nocive appétence

 

Au ruisseau de tes larmes, me suis abreuvé ;

J’ai bu des fins cristaux de tes pleurs nacrés,

La fluide effilure se laissant dériver,

Les froides gouttelettes s’y venant ancrer.

 

Ai mordu à tes rires emperlés de malices,

Le pulpeux contrefort, afin d’en savourer

La gracieuse lie dégelant les canisses

Entre lesquelles halètent des mots édulcorés.

 

Ai longtemps attendu, égaré au cylindre du temps,

Que tu donnes à ma soif la réserve tienne ;

Me suis fait échevin, déliant de ton verbe hésitant,

En de péremptoires édits, la mesure antienne.

 

S’il  fallait trahir de mes convictions, céans,

La profonde teneur, irais pour te captiver,

De finaudes gausses, en mensonges géants,

Au faîte du cratère, pour ne point dériver…

 

Mes lunes te seraient profitables ; elles poseraient,

Déliées de leurs décans, de lumineux faisceaux

Enviés du bel astre qui s’en approcherait,

Pour du fin diadème, enclore de son sceau,

La tiare scintillant, quand passe le vaisseau

Sur l’onde chavirée du roulis des marées…

 

Je voudrais à tes lèvres, m’enivrer de soupirs,

D’offensives prétentions… voir mûrir tes décrets,

Pour seul, en éventer au tertre de cet empire,

Les subtiles formules, tous les accords secrets…

 

Semblables aux cédules, les mots font déclaration

Du mal m’enserrant, du chagrin m’accoutrant

De criardes breloques, de nippes de faction,

Aux grands froids, la nuit, me pénétrant,

 

Quand j’avance, âme en peine, cœur nu,

Sur l’immense avenue jouxtée de ces ruelles

Où les chattes promènent leur galbe charnu,

Piètrement encagé de résilles cruelles,

 

Je comprends, sans le dire, la douleur du héros

Vainqueur… mais, estropié, isolé de la troupe

Lui faisant hier, escorte…il devient le faraud

D’une triste victoire dont le succès l’étoupe.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

CLARA DIE PARVULIS

 


CLARA DIE PARVULIS

Enfants des clairs matins*

 

Les enfants portent au cœur des comptines,

De savantes mimiques, d’irrésistibles moues ;

Ils savent, mieux que nous, sans panique,

Estoquer des peines, les fastidieux remous.

 

Les enfants-aquarelles de nos livres d’images,

Courent sur les nuages de pays de cocagne,

Viennent d’outre-lieu… l’imaginaire voyage,

Quand la pensée bat seule la campagne.

 

L'enfance vagabonde sur des terres meurtries ;

L’aube s’y évapore en un petit matin… elle voit

Du doux regard de l’amoureux contrit,

Naître la flamme bleue du regard qui louvoie.

 


Chahute l'enfance en ces heures flottantes,

Avant que de se taire au soir sans lune,

Aux prémices du rêve enclos de résilience ;

La peur du noir en tacle l'infortune...


Au trottoir de nos grandes cités, longe

Du caniveau aux reflux discordants, la baille,

Le cordon de lido ; les marigots les rongent,

Ajustés aux lagunes attifées de débraille.


Les enfants effacent du passé, bien trop tôt,

Les brimades serties de fièvres d’antan,

Et qu’évente l’argot de poussifs hottentots,

Ces petites griffures emportées par l’autan,


 


Enfant, en de cahoteuses bermes, sentes

Empruntées d’ignobles consignataires,

Futur de jaseurs aux joutes offensantes,

Ai vu mon devenir hué de piques délétères :


Quand l’enfance prend l’eau, s’éteint l’humeur

Arrimée au septain de nos plaisants poèmes ;

Chagrins et déshérences se meurent

Au sein des clichés d’autrefois... les mêmes,

En la recognition des exploits de jadis ;

Les rides du péché s’en viennent muter…

Seuls, brisés en l’agonie… sans plus jamais douter,

S’éraillent les jeudis pénétrés d'interdits,

Les dimanches harnachés au col de l’inédit…

Redevenons poussière de caveau… déboutés

Des promesses  muées de phonie veloutée

De baveux esbroufeurs au langage affadi.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 16 octobre 2020

AUTUMNI FRIGORE*

 

AUTUMNI FRIGORE*

Dans le froid automnal

 

Ne plus se souvenir des premières gelées,

Du froid posé au lit des rivières,

En longues bandes crispées ; les pierres

S'en bornaient… figées au centre des vallées,

Les frêles boutures se laissaient avaler

Des ronces de marcottes, du buis de hallier.

 

Oublier, les fontaines cuivrées, sur la place ;

Leur grinçant douzil… l’eau s’y faisait plus rare,

Et du mince débit, s’écoulaient sur le tard,

De fines gouttelettes en pépites de glace.

 

Aux canisses ridées, les ventées de septembre

S'engluaient aux moisissures ; ce ferment

Roidissait des buées, en ces dérèglements,

Avant d’en maculer le tortillage d’ambre,

Les lézardes jaunies de la petite chambre.  

 


Taire des nuits opaques, l’épaisse nébuleuse

Drapant la stratosphère d’une chape viciée,

En de lourdes vapeurs, toujours dissociées

Des radieux matins, sans brumeuse…

 

Loin de mon île grisée d’essences estivales,

D’arômes tropicaux, mon regard se fanait ;

Aussi, aurais-je voulu, loin des corps tannés,

Ces éléments vidés de substances banales,

 

Boire à la source dont les daines savourent

Des clairs remous, la douce légèreté…

M’abreuver aux sources, dont la pureté

Vêt d’une longue mante, l’itératif parcours...

Perce la rosée, au beau jardin qu’entourent

La flore épanouie… du printemps, à l'été,

La faune en paissance… l'on voit s'émietter,

Le pollen, des minuscules grains de velours.

 


A tout prendre, j’accuse réception… statim effectum**

De nouveaux lendemains, à la pointe du temps

Réajusté au col de cette démesure, autant

Qu’il me sera possible… j’y installe ad centrum

Les fastes du renouveau… heureux, cœur battant !

 

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 


**effet immédiat

 

 

ET SPONSA*

 

ET SPONSA*

La fiancée

 

L'amour l'éraflait de contraintes...

Pauvre âme démunie, sans idéal, risée

De galants se gaussant de ses plaintes ;

L’espoir ne sied_ c'est vrai _ qu’aux méprisés.

 

La noblesse du lord protégeait son amant

Naïf, sans expérience, de mesquines,

Folles désinences, de balbutiements

Enfantées au soir, de formules badines.

 

Elle se voyait reine, au bras de ce garçon

Attentionné, fidèle… voyait de l’esquisse,

D'autres teintes attouchées de prémices

 

Fuses de ce tableau aux reflets arcanson :

Douce aquatinte séduisant la mutine,

Calmant de l’attente, l'âpreté clandestine.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

jeudi 15 octobre 2020

TAMEN ILLIC ES TU ?

 


TAMEN ILLIC ES TU ?

Etes-vous encor là ?

 

Madame, j’ai trouvé en mes secrets tiroirs,

Vos lettres d’amoureuse : désuètes épistoles

Dont les mots surannés éveillent du boudoir,

Les rires affectés de damoiselles folles, folles

 

D’avoir en de troublants baisers, accordé

Au preste damoiseau, sans retenue aucune,

Ce corps pourtant rétif aux caresses fardées

De godelureaux attisant les braises de rancune.

 

D’une main malhabile, vous me narriez,

Avec la candeur dont s’entichent sans mal,

Les prétendues vierges, les biches mal mariées,

Me narriez_ disais-je_  en l’aube subliminale,

 

Peines et joies du quotidien vôtre ; épuisée,

La constance livrait, en montre de colère,

Les regrets, l’angoisse voulant amenuiser

De vos gestes graciles placés en jugulaire,

 

L'écrin de la vraie liberté ; cette topaze

Auréole la femme défaite de liens, reine

Au trône du désir dont malgré soi, s'efface

Le souffle du galant que le plaisir entraîne,

 

Avant que de gésir, au faîte de l'hédonisme ;

Il encage la muse callipyge, repue,

Entrailles pleines, en ce sybaritisme

Aux fiévreuses coulées de reflux corrompus.

 

Madame, vous souvient-il en l’aurore, seuls

Amants sous les ponts de Paris ? Sombrait

La Seine, son lit dévié du moite linceul

Du canal aux écluses cambrées…

 

Nos lèvres s’aimantaient, s’oubliaient,

Avant que de renaître du deuil de l’absence…

Vous étiez jeune et belle, rebelle… déliée

De contraintes… Qui dirait que l’offense,

 

Un jour, ramènerait vos pas désaccordés

Au seuil de mon chagrin !… femme devenue,

Vous prîtes mon bonheur, pour mieux l’émonder

De la solitude, ce cloître, où le cœur ingénu

 

Foule de l’apparence, chaque métamorphose…

Vous l’avez épousé ; lui, vous a juste séduite,

Pour fuir de la vieillesse, la mue d’anamorphose ;

De fallacieux serments, vous fûtes enduite.

 

Ai vu s’évanouir les heures du passé,

Foulant du devenir, le bancal trépied…

Vos missives donnent ton aux rêves trépassés

Dont l’ivresse me lie, et sans y perdre pied.

 

Chahutaient les grelots de la félicité,

Tintinnabulait la cloche de l’extase ; allions,

Amoureux, au lit de la paresse… excités,

Poser au froid satin, en subtils trublions,

 

Les fatales étreintes, plaintifs geignements

D’énamourés vainqueurs de la parénèse,

Ecclésiales semonces... en garnements

Défiant les clauses d'ordalie ; l’anamnèse,

Pour armure; haubert, rude diagenèse

Au revers du possible… et sans linéaments…

 

Avions pris le chemin du désordre, altiers,

Sans comprendre que tout se paye... tout ;

Du moindre cillement, à la belle amitié

D’enfants captifs de l’interdit, ce fourre-tout

Où s’entassent rires et pleurs, que tatoue

La pensée quand on s’offre… entier.

 

Au tombeau des regrets, se côtoieront nos ombres ;

Il fait si froid en ce corridor sombre

   

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020