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jeudi 8 octobre 2020

MARMOREENE PSYCHOSIS*

 

MARMOREENE PSYCHOSIS*

Marmoréenne psychose

 

Comme d’autres avant moi, se sont tus,

Quand il fallait parler ; ont finalement parlé,

Quand il fallait se taire, ne jamais déballer

A moins d’en faire règle, à l’esprit obtus,

 

Ce qui de la colère, peut naître, sans vergogne,

De la frustration, à l’heure où se dévoilent,

Aux primes angélus, les vices dont s’entoilent

Les déviants de Sodome, lestés en la besogne,

 

Du fardeau du péché, du poids de l’immoralité ;

En l’entremise du mal sans rétention,

Du stupre dégusté comme suave potion…

 

L’homme ne peut atteindre l’immortalité ;

Il se voudrait défaire du dévergondage

Dont sont victimes les craintifs en cage.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

NON DIU ANTE SE…*

 

NON DIU ANTE SE…*

Naguère… elles

 

Autrefois, les belles maraîchères portaient

Foulard et nœuds… se paraient en l’automne,

De beaux tissus de moire, que bedonnent

Les vents tièdes, les brises déportées.

 

Naguère, les suivantes, à la cour des dynastes,

S’agrémentaient de barbes dentelées, guipure

Savamment délacées d’amants qui, des parures,

S’entichaient, quand l’obséquieux, des fastes,

 

Se délecte, avec grâce… ce retors salivait à l’idée

De noyer sous esclandres, les fredaines du lord,

Lui, qui de la fesse pleine, élégamment, déflore

La callipyge déçue des traits du pongidé…  

 


Jadis, les rosières de vespérales jouaient

A qui perd, gagne, d’un sourire affecté… l’abbé,

Pour elles,  flattait la retenue, l’âme imbibée

D’eau bénite, l’esprit en bandoulière, enjoué…

 

Des lieux empruntés, et toujours, après noces,

De mutines marquises, dévotes, en apparence,

Aguichante balèvre, offraient sous le naos,

Large sourire aux clercs sevrés de résilience.

 

Elles étaient belles, ces dryades poudrées ;

J’eusse aimé à leur galbe, poser avec pudeur,

Lacets d’organdi, satin de bombyx, de brodeurs

Du pays de Quanzhou ignoré du madré…

 



Que n’aurais-je donné pour leur baiser la main,

Pour me griser du nard, peut-être, du jasmin

Parfumant de promesses, leur tendre lendemain !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 7 octobre 2020

POCHADE TORUS*

 

POCHADE TORUS*

Incisive pochade

 

L’aube qui va venir est un printemps sans joie,

L’aurore qui va poindre est une terre morte ;

Nul ne peut enclore de ces cœurs qui rougeoient,

La capsule enclouant, si l’âme l’insupporte,

La  froide cuticule, précieuse, quand la cohorte

Anime la vindicte engrossée du bourgeois !

 

N’est point de récurrence qui ne soit, en l’itératif,

Vrai retour aux sources ! Sophisme et arguties

Pénètrent en la torpeur de l’esprit lié, l’expansif,

L’apodictique de l'exubérance peu à peu, étrécie

 

Du sujet en mal d’intellection, l’être sevré

Du savoir d’altiers métaphrastes, l’indocte nu

Dont plume_ de le dire, vous me voyez navré !_

N’a de son retenir, que ponce d’ingénus,

 

Sous la caricature d’un tropisme banal, satire

Sans prétentions… simulacres fouillés,

Et qui de la pochade, enfielle, pour l’abrutir,

Le naïf bridé de métaphores souillées

D’afféteries, d’outrecuidances, peut-être,

De desideratas méconnus de ganaches bornées,

Et qu’entaillent les mots, en-deçà du paraître…

La science est un puits d’où les rêves mort-nés

Puisent, sans le savoir, l’onguent des ces années

Spoliées d’acquis, d’accointances... tannées,

Sans le pulpeux de recognition… à naître.

 

L’automne qui s’en vient est un jardin miné…

Passeront, en hiver, avant que de gésir,

Les tâches bitumées auxquelles vont s’arrimer,

Les ultimes empreintes d’impudents plaisirs…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 6 octobre 2020

PRIMA LUCE SPLENDORIBUS

 

PRIMA LUCE SPLENDORIBUS*

Belles de l’aube

 

Belles de mes dix ans, princesses poudrées,

Venez en mes récrés nacrer de vos marelles,

L’éphémère traçage ! Lissez-moi à l’adret

De vos cimes fleuries, quand, cruels,

 

Les ans lient de nos riches printemps,

Les bouquets apprêtés d’indulgence…

Capricieuses ondines de mes songes mutants,

C’est en ma tarentelle que s’allume l’enfance.

 


Tintinnabulent les cloches de l’oubli, grelots

Qu’une invisible main glissée au fil de l’eau,

Agite en mes silences de galant éconduit…

 

De mes rimes d’aède dont l’aurore s’enduit,

A mes résipiscences de barde solitaire,

N’est d'autres mesures que l’âme ne peut taire.  

 



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

MELANCHOLIA*

 

MELANCHOLIA*

Mélancolie

 

Tristes jours, tristes nuits ! Les amants

S’en reviennent, plissant du petit jour,

L’insolente moiteur posée là, en ajour,

En cet automne ceint de désagréments.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 5 octobre 2020

PUERITIA EXCITARE !*

 

PUERITIA EXCITARE !*

Éveillez l’enfance !

 

Nos rondes, nos jeux, nos mercredis,

Ont pavé la mémoire de riches souvenirs…

Et, quoique nous fussions, n’aurons à bannir

Les douloureuses plaies, ces escarres roidies

Encroûtées à la peau, ces gênes, qu’engourdit

L’enfance pénétrée d’envies à désunir…

 

J’avais, aux larmes bleues déflorant l’humeur,

Aux instances premières, de diaphanes flux

Emmêlés à mes rires cassés, et qui, du mafflu,

Transissaient de l’offense, l’altérable clameur.

 

Nous grandissions, conquis, au vert hallier,

De béantes griffures de vertes ronceraies

Où les rires diffus accotaient la coudraie

Parsemée de noisettes, levées des céréaliers.

 

Sous le préau d’école, à l’heure des devoirs,

Le silence feutrait du long couloir venteux,

Les moindres interstices ; en un patois douteux,

Les cancres s’invectivaient, étonnés de savoir,

 

Après punitions, la longueur de la Seine, le prix

Des marchandises, les virgules de l’arithmétique,

Troublant subjonctif, fièvres de la poétique

Dont Aristote confisque l’épithète, sans du mépris,

Arguer des versifications, césure syllabique

Pénétrée d'iambiques adages... incompris.

 

Ah ! Ces problèmes de robinet, dont les fuites

En mon mal, s’évertuent à pisser sans répit,

De sulfureuses broues d’écumes de dépit,

De minuscules perles, sans en calmer pépie,

D’incessantes coulées… cette arrivée du train

Dont il faut calculer distance, sans entrain,

Puisque bercés de rêveries, contraints

De naviguer au module de l’allotropie,

D’atomes moléculaires, d’alinéas restreints.

 

Hugo voilait de paradigmes la versification

Substituable, mais par trop pathétique ;

Buvions, en l’espèce, la prétendue vertu… caustique,

N’est-il pas (?!) Verlaine boudait des récréations

 

Dont fûmes zélateurs, la houleuse poussée ;

Il modelait de l’âme réfractaire au savoir,

Comme avant lui, Villon… est-ce sans le vouloir(?)

L’inusable circuit du censeur courroucé,

 

Aux portes d’un Malherbe velouté de baroque,

De Bueil de Racan, dont Tallemant des Réaux

Narre, en des fins subterfuges, les sentiments féaux,

Ouatant de la faconde, les sarcasmes glauques.

 

Enfance, mon enfance pieds nus dans la vase,

Ma candide foulure de garçonnet tranquille,

Caressé de la vague bercée du vent des îles,

Qu’as-tu mis en mon cœur délogé à sa base,

Mon âme sertie de vaines antonomases,

Mes yeux délacés de mirages, d’illusions subtiles,

De fantasmes désuets, de puériles extases ?

 

Et si j’avais encor des fièvres d’antan, absorbé

La liqueur rancie de sages concussionnaires,

A la lie, le filtrage gavé du fat,  débonnaire,

Se croît-il, pour justifier de l’esprit embourbé,

La notoire faiblesse, l’atonie du faraud plombé

De médisance, quant la gent se met à succomber

Au tertre d’immoralités lestées d’actes coplanaires !

 

Revêtez de Mando, mon double métissé, le raglan !

Qu’il me soit donné d’assujettir, sans mal, céans,

 Aux miennes infortunes, prestance du géant,

Altier, où trépassent, hissés à son palan,

Les noceurs cacochymes d'hier… en bâillant

Diffuses quérimonies pistées du souffle lent !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

OPHELIA DULCIS*

 

OPHELIA DULCIS*

Douce Ophélie

 

Appelle-moi à l’aube, quand rougeoient

Sur la dune, les rayons du soleil

Équarrissant la plaine, que s’éveillent

Les songes dépités, refoulés de nos joies !

 

Élague de mon cep, les noduleux stolons,

Sans que j’aie à m’en faire, ô douce Ophélie !

Ébranche les rameaux de mon ciel de lit !

Les oiseaux en épandent au point de l’aquilon,

 

Quelques bribes soufflées, avant de disparaître,

Pour ne plus revenir en ébarber du stipe,

Les ligneuses travées guipées en serpentins,

Canetées en l’aurore, aux gemmules à naître.

 

Défais-moi des langes ignorés du putto,

Ces braies de Germanie, ces défroques mitées !

Vêts-moi du froid satin de ton ambiguïté !

Je jouerai à te plaire, en un sostenuto

 

Retenu à l’ivresse de l’agitato ; s’en effeuillent,

Du clavecin superbe, en un con affetto proche

Du mezzo voce, les coulures d’ébauches

Iconiques… sanglots inhérents à ce deuil.

 

Ophélie, enfant sage, pudibonde rêveuse,

Fais-moi, de tes marelles, pénétrer le crayeux !

Tracerai, à mon tour, un profond emposieu

Pour retenir tes pleurs de nymphette songeuse.

 

A verse, à ton col, roulent des baisers

Dont je ne suis plus maître… qui sont ces damoiseaux

Efféminés, en chausses ? Où nagent ces oiseaux

Dont  l’azur de surface, par eux, semble brisé ?...

 

Viennent-ils pourfendre tes sentiments,

Maculer de vexatoires blandices, en mégalomanes,

La tienne retenue ? De quels influx, émanent

L’ahanasse poussée, cordée de faux-serments,

 

Et qu’égrènent les pitres en bouffettes, gilles

Bariolés, pirouettant en derviches, à tes pieds ?

Ne me laisse, à ce pesant licol, épier

Le faste écorné de gestuelles agiles !

 

Ophélie, ma précieuse, concède-moi

L’extase du galant ! Ferai de nos jeux,

Sans simulacre aucun, un précieux enjeu,

Une prospère mise… débouterai de l’Ether nuageux,

Les tenaces volutes, les tortillons fangeux,

Pour un ciel plus clair, sans craintes, ni émois.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020