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jeudi 1 octobre 2020

QUOD AUTEM RELIQUUM FUERIT NOBIS ?*

 

QUOD AUTEM RELIQUUM FUERIT NOBIS ?*

Que reste t-il de nous ?

 

Il est de gris matins où se ferment les portes,

En l'ouateuse aurore, où l’esprit s’envenime

De mensonges faciles, dont le pusillanime,

Sans montre de retenue, vers l’accorte,

 

S’avance, heureux d’en taire la mollesse  

Dont se vêtent, âme flaccide, cœur flasque,

Ceux qui de la curée, fuient le masque

Du retors engraissé de sophisme d’abbesses.

 

Il est d’autres chemins, en entrave du nôtre,

De routes pentues jouxtant de l’abandon,

Au plus fort de l’orage, la sente où le chardon

Effeuille la  bractée accotée à l’épeautre.

 

Quand il pleut sur la lande à découvert,

L’automne vient troubler des sauvages réserves,

Le tiède ensilage, et qu’égrappent les serves,

Avant de s’effondrer… en attendant l’hiver.

 

Nos confessions taclent de l’arbitraire,

Sans admonestation, probable jouissance…

S’éteignent, nos regards dissous de tolérance,  

De possibles accords agrémentés, pour plaire,

 

De factices mandorles de pénitents contrits,

D’exsangues auréoles clampées à l’illusoire…

L’envie en translate, et parfois, sans surseoir,  

L’acte compromissoire plein d'acidimétrie.

 

***

 

Que reste t-il de nous, cendreux anthropiens ?

Quelle fondue iconique embouche du réel

Dont nous sommes connexes, nous mortels,

La parfaite inhérence ? Serions-nous transcaspiens,

 

Loin de terres cuivrées où le soleil écale

De la lie de nos tares, avant que de se lier,

La replète stature ? Sommes-nous, piliers

D’un empire sans monarque, en  l’escale

 

D’un rêve étoilé de chimères, d’hallucinations ?

Des mortes prétentions du précaire suivisme,

Nos robes ont balayé du bâti, le civisme

Auquel s’assujettissent les beuglardes nations.

 

Il y a tant de haine chevillée à l’enfance,

Tant de joies altérées en nos feintes liesses ;

Nos mots d’amour s’éventent, par hardiesse ;

Nos soupirs talonnent en cette récréance,

 

Nos rétives passions… la peur a aiguisé

D’une fine claymore, puisque velléitaires,

Le subéreux tissage aux lacis réfractaires

Du riche devenir dont l’effroi s’est grisé

Avant de nous pousser, en reîtres méprisés,

Du pont du désespoir… en-deçà de l’Ether.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 29 septembre 2020

OTIUM MILITIAE IGNOMINIA*

 

OTIUM MILITIAE IGNOMINIA*

Humiliante retraite

 

La solitude achève le mourant, inoculant

En ses veines malades, un venin d’infortune ;

La déréliction empoisonne chacune

De nos envies, puis… soulève d’un palan

 

Le minuscule espoir de voir un jour mourir

De la thébaïde, l’incommensurable vide

De l’existence tierce enchatonnée de rides,

L’entité asservie au feu ne la pouvant nourrir.

 

Aux mortes affections de cette déchéance,

Les longs râles s’insèrent, modulant de la peur,

La commotion transcendée de stupeur…

Donnera-t-on encor, quitus aux doléances ?

 

Porte close, déprécié du système sociétal,

Piégé du gestaltisme, le solitaire s’épuise

A raisonner de la claustration qu’amenuise

L’affect, l’apathique inflexion, cette bave létale.

 

Il y a au chaos de sa vie sans nuances, ni fard,

D’imperméables gangues préjudiciables

A sa cage d’ermite, d’inaltérables

Seings savamment incrustés au cocon blafard.

 

Il n’a plus de repères… sa terre est un désert,

Aride Sertao plongé en la mort manifeste ;

Se pourrait-il qu’il gommasse du palimpseste,

Et sans préfixion, en l’exil, le verbiage disert ?

 

S’il faut des lendemains en ces molles vacances,

Avenir clivé aux riches prophéties, donnerai

A sa soif de fuyard, malgré lui_ emmuré

Aux vindictes princières, la dive jouissance

 

Du mutin défait de l’ornière baguée à la visée

Enchâssant la raison du nouvel affranchi…

Sa joie sera mienne, quand l’angoisse avachit

Le sujet délié du licol l’ayant tant épuisé…

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

LECTICA PHANTASIAE*

 

LECTICA PHANTASIAE*

Fantasmes de litière

 

J’ai couché dans mon lit, les premières saisons,

Les pluies, les soleils de vos meurtrissures,

Les étoiles, les lunes qui du seuil des maisons,

Au toit des chaumières, balaient la moisissure.

J’ai glissé sur ma couche, bien loin de l’horizon,

La chaleur des tendrons, leurs blessures

D’outragées aux barreaux de prisons

Dont la femme voudrait renverser les murs

Sans se brûler au feu d’amants en pâmoison

Au pied d'une Candace que le vice torture.

 

Au satin de mon lit, l’audacieuse en escale,

Vient boire à ma coupe, le nard de la folie,

A mon ciboire, l’élixir déversé du bocal

De l'apothicaire rêvant au ciel pâli,

D'embrocation, de jouvence médicale.

 

Au creux de ma litière, les filles des récrés,

Femmes devenues, se sont couchées,

Effeuillant du bréviaire, les décrets

Déliés,  sans crainte de s’en harnacher...

Du licol des serves, au teint de craie

Des vierges dont le cœur est bâché,

Implorent la madone, espérant toucher

De l'autre devenir, la piéta nacrée,

Icône aux cristallines larmes… entachées

D'inconduites... s’en viennent pleurnicher,

Confessant sans mal, mille et un regrets,

Offrant un sein distrait... d’une lippe écorchée,

J’en suçote la pointe qui, semble là, s’ancrer...

La glaréole revient à son nid, emboucher

L’oisillon que je suis, avant l'envol discret.

 

Au pied de ce lit, agonisent les ombres ;

Naufragée volontaire, ma dégaine émue,

En absout les lacunes trop sombres,

Peut-être, les digressions promues.  

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 28 septembre 2020

DETENCIONE*

 

DETENCIONE*

Retenue

 

La femme qui offre un sein de bienvenue,

Fait, aux heures acceptables, montre de retenue ;

Elle referme la porte, posant large sourire

Au faîte de la gêne nous semblant pétrir.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

NESTED SPECTRIS*

 

NESTED SPECTRIS*

Spectrales nichées

 

Nos cités ont fondu sur le gris macadam ;

Ont coulé au pied des promontoires

Détachés de la mer, pour fendre des trottoirs,

Le relief érodé que les spires enflamment.

 

Nos maisons n’ont plus d’âme, vieillissent,

Encroûtées de lézardes, de froides éraillures

Dont la moiteur dépèce l’imposante toiture ;

Ne sont plus que ruines, fragments d’éclisse.

 

Le bassin aux poissons a perdu sa stature ;

Ses pâles craquelures redessinent l’ouvrage

Du fier ornemaniste… blanchissent sous l’alliage,

Les minuscules sillons de cette architecture.

 

Les flambées de décembre ont abandonné l’âtre,

Et de la vitre sale, sur de poisseuses traces,

Le spectre d’insectes gris, et que jamais n’efface

Le temps désagrégé des congères albâtres.

 


Nos peines et nos joies s’allient au même pal ;

Les rires se sont tus en des voies sans issues,

De puantes ruelles, loin des fiefs cossus,

Où jadis la noblesse, aux noces et aux bals,

 

Couronnait les serves du règne d’Alphatia ;

Ces fidèles suivantes plaisaient aux chevaliers ;

En brocards de marquises, aux riches paliers,

S’offraient passionnément sous le forsythia.

 

Au balcon des furtives amours, des baisers volés

Aux nuits cendrées,  sous l’arceau des promesses,

Quand ronflait la bourgade bouffie, la jeunesse

Épiait du damoiseau aux belles envolées,

 

Le panache des lords en parade, altier,

Arborant au plastron, l’écusson du grand duc

Pétri de certitude, heureux sous la perruque

Du preste gentilhomme, louable argentier.

 



Dans ces déserts grimés de suie et de mort,

Le passé semble encor déverser au tombeau

De ces gloires fanées, des trombes d’eau,

De larmes désodées emperlées de remords.

 

La ville et la campagne s’invectivent encor,

Déçues de la catilinaire des prévaricateurs ;

Pillées, détroussées, violées, de laudateurs

Pansus ; ces vils labadens, ont crevé le décor

 

Où s’esbaudissent d’honnêtes citoyens, hommes,

Femmes, affranchis, sans la condescendance

Des larvaires de cour, ces recrues de bombance

Courbées en factotum, tanguant en métronome.

 

Enfouis sous les ruines de palais impériaux,

Endormis aux vestiges d’hier, les hominidés

De Darwin, l’impie, se gaussent des affidés

Dont l’insolence emmure à tort, le nobliau,


Ce hobereau qui de la valetaille, se gaudit,

Avec goguenardise, quand le vilain soupire

Aux primes angélus, maudissant cet empire

Où les spectres fourchus rétribuent le maudit.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 27 septembre 2020

TRISTIS ES*

 

TRISTIS ES*

C’est triste

 

C’est triste de penser qu’il n’y a plus d’amour,

Que le temps nous dévore, et que le mal d’aimer

Est un mal nécessaire, en l’illusoire détour

Où les amants se perdent, sans se trop abîmer.

 

C’est triste de rêver, quand la nuit interpelle

Du matin à venir, les nuances vermeilles,

Les tons floutés de l’aube, en ce juste rappel,

Peu à peu, émargé du factice sommeil.

 

C’est triste de chanter aux amitiés défuntes,

A ces complicités d’écoliers sans bagages ;

Oh ! Il en a fallu, aux routes qu’ils empruntent,

De fastueux détours, à nos voies de garage !

 



C’est triste de crier du fond de ce puits

Où croupissent les larmes d’amoureux vaincus ;

Les souvenirs s’émiettent, se dissolvent… et puis,

L’on se rassure de ces moments vécus

 

Que d’autres voient flétrir en l’œil de la folie

Torsadant de nos joies, le cylindre rompu…

S’il est vrai que l’audace du désir, ramollit,

Plus vrai, est le miroir aux reflets corrompus !

 

C’est triste de parler de ceux dont on ignore

Au moite renouveau, point de l’aurore claire,

Dénaturant l’espèce en devenir, qu’honore

L’éphémère fragrance, les colères-éclairs.

 

C’est triste d’avancer seul, amputé de l’espoir

De voir naître du jour, avant le grand départ,

De folâtres lueurs sans jamais en emboire

De la munificence, les fragiles remparts.  

 

Tout est triste à mourir depuis Ève, l’amante

Du serpent séducteur… Adam n’a su _ hélas !_

Au for de ces vertus dont le vice s’aimante,

Enclore le péché dont le faible s’enlace…

 

Si de mon retenir, au souffle créatif, ma plume

Se fait herméneute d’un soir, pucherai de l’encre,

Afin de m’en repaître, si mon verbe l’assume,

La dive contexture… avant de jeter l’ancre.

 



D’aucuns diront de moi… sans doute : _

Aux badines des louves, sans prémonitions,

S’est laissé couver… sa verve en déroute,

Ses rixes sublunaires, à jamais absoutes,

Marqueront de l’emphase, sans ostentation,

Le relais où les mots vrais s’encroûtent,

Pour de la lexie des pairs que le faraud redoute,

L’idiome des sages... sans compromissions,

S’arguent d’autres pensées, à l’éveil de l’écoute.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 26 septembre 2020

MARY

 

MARY

 

Mary, j’ai tout perdu en l’aube embuée,

A l’heure où les bretteurs de cours

Dégainent la flamberge ; s'y laisse huer,

L’orateur lesté de vains et arrogants discours.

 

J’ai perdu le sommeil au tertre d’insomnies

Entassées en ce mal dépeçant ma quiétude ;

Les fièvres ont flatté du feu de mes dénis,

L’illusoire concept piégé de l’hébétude

 

Dont font montre les fous en parade de nuits,

Les déments en guenilles de captifs satisfaits

De ce joug posé au col de l’esclave qui fuit,

Pour s’éloigner du pal l'accusant de méfaits.

 

Mary, mon âme implore, sans s’y rompre,

Celui qui, Seul, délivre du bât, l’enfant

Du Sacrifice, l’être dont on veut interrompre,

Sans quitus... lorsque l’on s’en défend,

 

L’inéluctable poussée… se doit-il au piège

Des loups, laissé broyer, sans du carcan,

Défausser l’ouverture, espérer aux décans,

Resplendissante lune si les brumes l'assiègent ?

 



Mary, vois mon enfance baver ses glaires !

S’éteignent de mes rires, la subtile coulée ;

J’ai froid en ces dimanches de solitaire,

Mal, en ce martel d’inclusif refoulé

 

De la gent muée d’amertume ; larmes devenues,

Mes sourires béats, sans autre prépotence,

Annihilent des joies du passif ingénu,

Symphonique liesse, par-delà l’existence

 

Des miennes répliques… Mary, lie à mon deuil

D’incivil pleurnichard, ce drapé dont les rois

Au trône des victoires, faisant fi de l'écueil,

S’enveloppent  fiers, brisant du désarroi,

 

Les affres embranchées aux parois

Du doute manifeste, si la crainte l’effeuille !

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020