QUI
POSUIT EX NATURA MATRIS OCULO ?*
Qui a crevé l’œil de dame
nature ?
Vois les volutes au point de l’horizon,
Les fugaces brouillards, la brume,
Les étoiles que chaque nuit bitume,
Les décans au faîte des saisons !...
La mer déroulée, s'est ici, noyée
Dans l’abysse emmuré de coraux ;
S’aplatissent les vagues en fourreaux ;
Sombrent les thallophytes broyées
Du courant plissant de l’estuaire
La cuvette de l’onde en décadence…
Plus de terre sous la pulvérulence
Du rengorgement ; meurent fières,
Les marées étarquées de l’esquif ;
Il s’en vient naviguer sans buter,
Où les tropiques, du crachin bluté,
Éparpillent des eaux, l’écume de récif.
A-t-on des pâles nuits, aspiré par remords,
Solsticiales, boréales défaites à jamais ?
Peut-on de la sorgue, encor animer
Du luminaire, le fougueux trémor,
Ce magma ? Il dévie, et sans mal,
Des minutes pérennes, des secondes
Diluées de plommées rubicondes
Perçant de l’âme, la fougue animale...
Aux tombes chaulées de nos cités,
La mort, en frasques d’apparat, balaie
D’un revers, l’inflexible remblai
Dont se pare l’être, pour du droit de citer,
Piéger en d’ordaliques chartes,
Sous férule d’ascètes, les zélateurs
De magistère, ces tastes amateurs
D’uvales potions ; ils écartent
Du réel, le sujet crédule, pour acter,
Conscients de la quémande, la foi
Habitée de La Grâce, quand le froid
Enroue l’affect d'accords préemptés.
Fait-on injure au Dieu Tout-puissant ?
Qui a dénaturé l'Eden, donné à Babylone
L'enkystée, d’imposantes colonnes ?
Pourquoi vouloir piétiner... au sang,
Son semblable, ce miroir de chair ?
De la couleur de peau, naît-il des géants
Riches du savoir ? Blancs rivés au néant,
Noirs refoulés du Ciel, qui, très chers,
Peut prétendre qu’il en sera ainsi ? Sont-ce
Des pensées moisies que Christ, mon Roi,
Prisera substance ? Que nenni !!! Le désarroi
Est un fief mutant, et que poncent
Les lois vitriolées du Vatican trompeur,
Ce mouroir où le pape fait courbette
En suppôt de Satan… déparé de sa brette
D'infernal substrat formolé de stupeur,
Boira de l'adepte repu de catéchisme,
L’irascible venin… la nature éborgnée
Épiera vent debout, l’innocent saigné,
Cœur brisé, foulé du syncrétisme
Aux visqueux entrelacs...tarentelle
Au parvis d’églises ointes de décorum :
Chapelles mortes ennoblies de Rome,
Éclairée de cierges du sacramentel.
Qui a blessé la nature en peine ?
Ce cyclope défait de son armure ?
Père, détruis ces fats sans culture,
Grotesques silènes à l’auguste bedaine !
Noir ou blanc, l’homme devra payer,
Sans quitus de retour, ses fièvres exogènes…
Au reflet de mon profil nègre, et sans gène,
L’Amour du Seigneur s'y vient déployer...
Mes ailes d'enfant cuivré me vont bien !
Je suis heureux, en Élu de L’Agneau
Dont La Croix grave sous la peau,
Le Sacrifice du bonheur sans liens.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020