pinterest

vendredi 24 juillet 2020

POST QUIETEM*


POST QUIETEM*
Au-delà du rêve

Il n’est rien de plus triste en ces nuits
Où s’égrènent les songes interdits,
Que l’idée de s’enfuir du réel contredit
Du voyage onirique, quand l’ennui

Appesantit le calme de la chair, l’inertie
Conférant au fantasme nécessaire transe ;
Ne pouvons rien y faire… l’exigence
Dompte l’âme que le doute étrécit.

Quand de l’imaginaire s’enrouent encor
La folle mécanique, les breloques usées,
Le quotidien nous invite à biaiser,
Et sans craindre de voir se blettir le corps.


La vieillesse s’installe au faîte de l’absence,
S’emmure de regrets, de vaines illusions ;
La mémoire isole en ces désaffections,
Le cœur oublieux, proche de l'impotence,

L’esprit et le geste devenus moins précis,
En crispe l’évolutif… sans appréhension,
Dissout du déjà vu, la supputation ;
Elle patine l’envie dont s’arme l’indécis.


C’est au-delà du rêve que renaît le désir ;
Drapé de démesure, il rétorque la peur,
Balayant d’un revers la dolente stupeur
Dont le pusillanime concède d’en gésir.


En de sphériques formes déliées du factuel,
S’effilent les chimères de rétrocession ;
D’avoir tout gardé, avec prétention,
Annihile de l’offre les codes contractuels.  

Quand l’éphémère peuple l’insoluble pensée,
Le transitoire essaime l’assise cognitive,
Le délire enfante alors à l’imaginative,
D’impudiques poncifs chus de la resucée.  

Lors, de l’épithalame de fastueuses noces,
Se roidissent les influx iambiques…
L’amour décélère des passions obliques,
Le rythme soutenu que la haine désosse.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 23 juillet 2020

IN OPUS AEGRE*


IN OPUS AEGRE*
Rétive par besoin

N’aviez plus le temps de me baiser la joue,
D’asseoir de mes besoins la réelle constance ;
Étiez en mes fuites, ceintes d’intolérance,
La muséale serve défaite de son joug.

Ignoriez des plaintes lestées d’appréhension,
La brûlante agonie… pourquoi de l’édicule,
Refusiez-vous subside ? Suis-je si ridicule,
Qu’il me faille soumettre à l'immodération !

De vos grâces, en de cendreux matins,
J'espérais _ ô que ne l’aurais-je tu !
Largesses aiguisées de désirs obtus,
De piques… hélas ! Fusent de l’incertain,

Mécaniques chimères, fade adynamie…
Mes peines font cortège d’ironie,
Se gaussent encor, avec cérémonie,
Du mal dont m’asservissent vos infamies.

N’étiez-vous en mes rondes floutées,
Partenaire assouvie, acolyte repue, ivre
De ces gavottes de derviche ? Prête à suivre
Pour l'obombrer, sans jamais douter,

Du prétentieux double, l'irascible ego
Aux brettes de faquin… assouvissiez peut-être,
De vos capricieux goûts, en délire de l’être,
Gestalt, dissociation de l’étrange imago…


Du trouble des eaux, à ma nage sabrée,
S’interfèrent les aliquotes nombres
D’inadéquats mécomptes, trop sombres ;
A votre boulier, chahutent, démembrées,

Riches monogrammes et symboles
D’un jeu dont les règles sont vôtres…
Si nous faisions l’amour, nus sur l’épeautre
D’un champ à l’abandon, verriez l’hyperbole

D'ombres s’arc-bouter de plaisirs,
Concupiscence, d’épicurisme,
A nul autre pareil… scellés d’attentisme,
Paverions les allées de l’arrogant désir ;

J’écouterais gésir de la chair froissée,
Chaque cicatricule sur vos cuisses
Gainées de lourds frissons… que ne puisse
Rompre la lasciveté… juste entrecroisé,

Votre compas, sous le feu des braises,
Emprisonnerait de mon membre,
Les ligaments, quand se cambrent
Les poches phalliques dégorgées sur l'alèse.

Seul, en la chambre moisie, s’éventent
Mes rêves de puceau en débâcle ;
Je vêts des carences, l'habitacle
Encavé de doutes, l’arythmie haletante.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 22 juillet 2020

ADAMICA MUNDI*


ADAMICA MUNDI*
Adamique cosmos

Le monde est à ce point empli de haine,
De colères, d’intruses scissions,
Qu’il faille pour l’oindre, de La Crucifixion,
Le Vrai Sang du Calvaire échappé des Veines
Du Divin Créateur, L’Agneau qui de La Cène,
En extrait Le Vin Pur de La Rédemption.

Le monde est illusion, fantasme, utopie ;
C’est un orbe en déclin que soulèvent
Les vents meurtriers qui dénudèrent Ève,
Semence adultère engrossée par dépit.

En soulevant les voiles de la marée en cru,
Les typhons blessent la digue alluvionne,
La nudité de l’onde que la lame bedonne,
Piégée de solstices… qui hier, l’aurait cru (?!)

Îles estropiées, atolls purgés, estuaires
Écartelant des eaux l’abyssin cylindre,
Que n’auriez-vous en ces pénibles geindres,
Atténué, si l’audace vous déliait du suaire

Enjuguant la superbe dont vos plages,
En l’été, attisent en occurrence,
Fallacieuses mues de nitescence,
Célérifères draisiennes de voyages

Livresques, de prétendus exodes ;
Ils permutent du raisonnable,
Confiants en ses lies confortables,
Sédiments dont l'âme s’accommode

En ces déserts d’amertume, de boue,
Égarée aux méandres de l’incivilité,
Refouloirs d’imperturbabilité ;
L'homme l'admoneste... debout...

Hanche cosmographique de Galilée
Prétendant qu’elle se meut ! Terre bancale,
Veut du renouveau précipité l’escale
Au seuil d’archipels, aux portes d’alizés.

Monde sans avenir, espace de misère,
Vois de ton bas-ventre s’étioler l’espèce !
Fais-montre de rétention ! Ils te dépècent,
Te broient, t’enivrent, puis t’enserrent

En l’étreinte funeste d’un subversif coït
Où roidissent les plaines engrossées
De souillures, peu à peu drossées
Au pied de rades vaincues de l’azotite.

Vas, meurs et renaît ! S’il te faut d’autres lunes,
De jardins sous la nue, d’ivoire, de porphyre ;
S’il te faut des soleils pour aux nuits te suffire,
Je te viendrai couver du reflet des lagunes…

En tes râles moqueurs, ta plaintive agonie,
S’éparpillent les miasmes du désappointement ;
Je sais ce qu’il te faut, du sol au firmament,
Pour moirer de tes rêves la théogonie !

J’eusse aimé pour te plaire, oasis superbe,
Amputer tes jachères des pauses telluriques,
Bouleverser de ta matrice claire, l’empirique
Volute liée aux raisonnements terbes…

Hélas ! Ma vie, cette passoire ne peut
Aux convectives suées, sans incommodité,
Arrimer aux miens désirs l’interfécondité
Dont se drape l’amant ébahi… ou si peu.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 21 juillet 2020

MEAM COMMEMORATIONEM*


MEAM COMMEMORATIONEM*
Ressouvenance


O souvenirs éteints, que n’ai-je
En ma mémoire tiraillée de poncifs,
Immolé en des troubles passifs,
Les trompeuses traces et qu’allègent

Les larmes de vaines remembrances !
Suis-je du soir des réceptives lunes,
Chantre d’un idéal blessé d’inopportunes
Angoisses proches de l’indécence ?


O mémoire sacrilège, anamnèse froissée,
Qu’enrouent les lourds clichés ceints
De prolégomènes retouchant du dessin
La fantasque graphie à jamais défaussée,

Emmurée de victoires surfaites, de succès
Piétinés de reîtres sans armures, drilles
Sans âme, lâches en dessous des grilles
De forteresses de sabreurs insensés !

Ma mémoire longe d’archétypes pentus,
Les rivages étroits de la déconvenue…
S’accroche encor au codage ténu
De déviances floutées, de caprices obtus.

Me fait promesse au seuil du conclusif,
D’irradier d’emphases les redites:
Truisme, lapalissades inédites
Dont se targue le fat aux adages poussifs.


O mutiques empreintes du passé affété,
Riche de rhétorique, d’atticisme glacé
Nimbant l’auteur vainquant la resucée,
Fade reprise lourdement apprêtée !

Que ne dois-je, sans me trahir jamais,
Accorer à la réminiscence, si ce n’est
Le babil de la gent sans repaire, benêt
Qui du balbutiement enjôle désormais

La lèvre magnanime, en servant contrit.
Mémoire mon insoluble compagne,
Je te fais serment, sans battre la campagne,
De sublimer tes lois que l’offense meurtrit.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

MARE VIDIT ET NATUS SUM*


MARE VIDIT ET NATUS SUM*
J’ai vu naître la mer

La mer laissait rouler les vagues monotones ;
Les premières marées scindaient de l’océan,
D’imperturbables roulis de la cuve baignant
Sous les remous de la lame gloutonne.

A verse sur les flots, les crachins de juillet
Nappaient de vifs éclats cycliques,
L’étendue d’un espace où l’âme bucolique
Irise de l’onde bleue les jets éparpillés.


J’ai vu naître la mer entre les côtes pleines,
L’estuaire sous les vents de fastueux atolls
Et la berge fripée enroulée en étole
Au col de criques surplombant la plaine.

Je l’ai vue s’étirer sur la rive meurtrie
Dont le marcheur allume en ses fuites
Les noirâtres fossiles, aux lunes, enduites
De périastriques cendres d’altimétrie.


Au dôme des rochers, sous la masse,
Quand s’éveille matin, bulots craintifs,
Crabes de guingois, rejoignent du récif,
L’opalescent corail qu’emprisonne la nasse.

Il m’en souvient des pérégrinations,
Cœur nu, je longeais de la baille rétive,
La spumescente lie dont les perles actives
Caressaient de ma peau les plis d’émotion.

Ma bohème berçait l’infidèle structure
D’appréhension… les douloureuses transes
Arguaient de ce vertige d’adolescence,
Les premiers sursauts de ma villégiature.


Je regardais la mer faner du ressac,
Le bouillant creuset, sans de l’itérative,
Lutiner la cadence, ni de l’imaginative,
Enclore la rêverie distendue en bissac.

Au sein clair de la mer, enfant des tropiques,
Ai tété la jouissive liqueur, le nard froid
Qui de la lèvre moite suturée d’effroi,
Au pinçon de quémandes d’autrefois,
Aspire l’agrément des flâneries topiques.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 20 juillet 2020

FAKE CARCEREM*


FAKE CARCEREM*
Factices entraves

Elle souffle du temps les rogatons,
Noires escarbilles, abstruses chimères ;
Leurs cendres bâchent de l’éphémère,
Factice fixité talée du ripaton…

Courbe du jour décentré de sa peine,
Ronflantes minutes de frustration…
Lui serait-il possible des désaffections,
D'enclore le bât maillonné à sa chaîne ?

Des terres pentues, ces obliques fiefs,
La gent anonyme chemine patiemment ;
S’ouvrent en l’aube claire, calmement,
Des palmeraies liserées de greffes,

D’oasis fusant d’outre-lieu, écachées
De la dague lui perforant entrailles,
Irascible apex dont le poinçon entaille
Et l’âme, et le cœur pleinement entachés.


Elle sait les fièvres de la déshérence,
De l’intestat immolé au plantoir
Des lazzis, quand de l’attentatoire,
La morale conspue l’intolérance.

Pour se faire de feintes moqueuses,
D'incisives brettes, latitudinaire,
Elle vêt du mal, l’aura imaginaire
Scindée de sa substance aqueuse.  

Rompu en ces traverses, le carcan
De l'ilotisme défait d’obédience,
Soumission... accuse de l’alliance,
L'impossible joug de résilience,
Domptant de l’idoine, l'escient coruscant.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 19 juillet 2020

IN PARVA GRADUS*


IN PARVA GRADUS*
A petits pas

A petits pas de mort, de souffrances ;
A petits pas de peur, d’angoisse,
Franchit de la honte qui poisse,
Les fragiles degrés de la désespérance.

D'ultimes secondes de son devenir
Traduisent de son mal, prémonitoirement,
D’autres déconvenues… accessoirement,
S’insurgent les colères la voulant retenir.

A petits pas de honte, de flétrissures blêmes,
L’ivresse des beaux jours dont jadis, elle fit
Troche de témoignage, d’impossibles défis,
S’évente au noir de fielleux anathèmes...


A petits pas de luttes, pancrace, heurts,
Du cortège de nuit, emprunte coursive,
Outrée de l'aménité enjôlant la plaintive
Enserrant seule la happe du malheur.

Minuit est à la porte de son insuccès…
Elle meurt, vaincue du temps moqueur !
Au tombeau de l’absence, piégée de rancœur,
Boira de tout son soûl l’âpreté du décès…




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020