IN
OPUS AEGRE*
Rétive par besoin
N’aviez plus le temps de me baiser la joue,
D’asseoir de mes besoins la réelle constance ;
Étiez en mes fuites, ceintes d’intolérance,
La muséale serve défaite de son joug.
Ignoriez des plaintes lestées d’appréhension,
La brûlante agonie… pourquoi de l’édicule,
Refusiez-vous subside ? Suis-je si ridicule,
Qu’il me faille soumettre à l'immodération !
De vos grâces, en de cendreux matins,
J'espérais _ ô que ne l’aurais-je tu !
Largesses aiguisées de désirs obtus,
De piques… hélas ! Fusent de l’incertain,
Mécaniques chimères, fade adynamie…
Mes peines font cortège d’ironie,
Se gaussent encor, avec cérémonie,
Du mal dont m’asservissent vos infamies.
N’étiez-vous en mes rondes floutées,
Partenaire assouvie, acolyte repue, ivre
De ces gavottes de derviche ? Prête à suivre
Pour l'obombrer, sans jamais douter,
Du prétentieux double, l'irascible ego
Aux brettes de faquin… assouvissiez peut-être,
De vos capricieux goûts, en délire de l’être,
Gestalt, dissociation de l’étrange imago…
Du trouble des eaux, à ma nage sabrée,
S’interfèrent les aliquotes nombres
D’inadéquats mécomptes, trop sombres ;
A votre boulier, chahutent, démembrées,
Riches monogrammes et symboles
D’un jeu dont les règles sont vôtres…
Si nous faisions l’amour, nus sur l’épeautre
D’un champ à l’abandon, verriez l’hyperbole
D'ombres s’arc-bouter de plaisirs,
Concupiscence, d’épicurisme,
A nul autre pareil… scellés d’attentisme,
Paverions les allées de l’arrogant désir ;
J’écouterais gésir de la chair froissée,
Chaque cicatricule sur vos cuisses
Gainées de lourds frissons… que ne puisse
Rompre la lasciveté… juste entrecroisé,
Votre compas, sous le feu des braises,
Emprisonnerait de mon membre,
Les ligaments, quand se cambrent
Les poches phalliques dégorgées sur l'alèse.
Seul, en la chambre moisie, s’éventent
Mes rêves de puceau en débâcle ;
Je vêts des carences, l'habitacle
Encavé de doutes, l’arythmie haletante.
Armand Mando
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