REMEMORARE*
Remembrance
De subterfuges, en stratagèmes, la mémoire,
Passive anamnèse, refoule les actes
Du vulgum pecus, puis confère aux pactes
La force rétentrice qu’affine l’illusoire.
Clichés de convenance, flous existentiels
S'emploient à modeler des soupirs latents,
Râle d'exigence, vécus en d'autres temps ;
S'y cognent les rushs d’événementiel.
Je connais les lois de l’arrogant héliaste,
L’ukase d'offertoire du fier casuiste
Lardé d'outrecuidance du légaliste,
Pisse-copy rivé aux lourdes frasques
D’un chœur loué du despote insolent,
Inepte ô combien, tel l’inexploité
Se sustentant de restes éventés
Sur la nappe ridée d’un ballant
Aux serves piégées
de contraintes,
Odalisques serties de vains remords…
Il ignore, ce benêt, du fruit qu'il mord,
La vraie sapidité quand des plaintes
S'écalent les fièvres du geignement
D'amantes nues étoffées de désirs,
Mégères aux séditieux plaisirs
Enfantés en l’antre du tourment :
Remembrance tailladée de poncifs ; l'âme
Complice d'antiquailles sépia clabaude ;
Au for de l'ego, du crépuscule, à l'aube,
Du convectif, s’éveille l'aura ; s'y pâme
L'infatué, ce hotu, ce plastronneur
Gangrené d'artifices… on le voit, perché
Ex-cathedra, face aux scholiastes cachés
Sous la rotonde du savoir-prôneur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020
