VICARIA
Voyez Venise pleurant ses barcarolles,
Byzance régnant avec
maestria !
Accepteriez-vous très chère, le
premier rôle
Aux noces de Fortuny, en son Vicaria ?
Les plus belles couleurs, fauve,
tons pastel
S’entrelacent follement comme si Goya_
Dont Théophile Gautier, en immortel
Accentue la fresque sur laquelle s’appuya
L’Aristarque de l’inquisition : Clément sept
Dont Guillermo Barnal n’accorda d’éloges_
Voile de la patte d'artiste : esperluette
Entrecroisée aux plissures de toges !
De l’Autodafé, émane peu de mystère ;
Le peintre en soulève l’ambivalence ;
La voit-on poindre des loges sectaires,
D'ordaliques édits floutés de décadence ?
Verriez-vous, de l'œuvre appréciée
De Ferdinand d’Espagne, canevas, esquisse ?
En êtes-vous à même, et sans l’émacier,
D'en encarter l’ouvrage, poser en ex-libris,
Ce trésor, afin d'y retrouver la page
Où somnolent de riches prosodies ?
Devrais-je prendre en otage
Votre cœur-aquarelle ? Il conspue
l'interdit
Quand l'eau forte agresse du métal,
Le mordançasse imprégné d'infusions ;
Il solennise encor l’éclat ornemental
Du pigment en jets d’implosion...
Dois-je vous galber la hanche, sublimer
L’évanescent profil sous noir fusain,
L'impassible contour ? Je veux en affiner
L'échancrure, en damasser le lusin,
Puis, des nuances, mordorer la pâleur
De vos joues d’infante devenue femme
Au balcon d'imprécises douleurs
Rythmées de vos vingt ans, l’infâme
Solitude encloîtrant l'insoumise
Assujettie aux caprices de
l'altération ;
Apaiser du breuvage sous emprise,
L'hymen en quête de satisfaction.
Suis-je aquafortiste de votre silhouette,
Le peintre usurpant à la nue, l’ouate
Modelée de Zéphyr, troublée des
girouettes,
L’irascible souffle, en l’atmosphère
moite.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2019

