IN TEMPORE*
Au rythme des saisons
Il est des jours de pluie, matins givrés ;
L’hiver empanache de son manteau,
Les plaines au pied des coteaux,
Les sentes aux marcottes cuivrées.
Il est des nuits d'orage ; soufflent
les vents
Grimés de suie ; la lune s'y vient
poser,
Auréolant des monts, en la belle rosée,
Des perles éclosent en se mouvant
Au sépale ; la foliole y délinéait
hier,
Au printemps, le pistil lié à l'ovule
Où l’abeille perçait du pédoncule,
Le réceptacle dont les sucs amers
Enfiellaient le pollen à dissoudre
D’exhalaison, d’émotives caresses
De l'étrange ballast, sa rudesse
Dont les flots percent pour les émoudre,
Les crachins de lointaines contrées,
Sulfureuses broues d'atolls sénescents…
D’autres fragrances, en l'air
phosphorescent,
Enivraient un peu plus, de l'adret,
La collerette, ce majestueux nimbe,
Diadème qu'enrouent les blizzards
Sous étuve… caloricité de bizarres
Plombées chues au soir, des limbes
Endeuillés : solstices de
miroitement ;
L'automne-émissaire accuse résistance,
Embrumé de contraintes, complaisance
De mortes nues, mucus de larmoiement.
Aux saisons, s'éteignent du froid,
Les vapeurs de décembre algide…
S’étire l’avenue en des points apsides :
Écorce violentée du cosmos en décroît…
De la baie écaillée, sans paumelles,
Je bois du clair matin, l'infusion
De vivaldiennes rondes grimées
d'illusions,
Le regard ébaubi, radiant mes prunelles.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2020

