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jeudi 2 juillet 2020

AESTATE FLEBITIS*


AESTATE FLEBITIS*
Estivale complainte


Au majestueux envol de l’oiseau des cimes,
Se dissipent les brumes encerclant
Des stratus, l’épaisse nébuleuse giclant
De l’exosphère, et qu’au matin, éliment
Les vents dont les plaines se griment
Avant d’en déporter cet harmattan cinglant.

Quand roulent sur les flots la bise sodée,
Les premières ventées, le souffle alizéen,
Se meurent ici les brouillards péléens,
S’ouvre le caraco des criques érodées.

Les filles alanguies s’enivrent de parfums,
De fragrances chargées d’iode bleu,
D’aromates entretissés d’embruns
Percés du souffle de coteaux sableux.


Perchés au filao de la belle mangrove,
S’élaguent les murmures de la canopée,
Conciliabule de mânes chaloupées,
Éveillées de secrètes alcôves.

Les Tropiques affinent de l’île claire,
Le long galbe, en distordent ses rives,
Pour y border d'algues abrasives,
Le poudreux ressac au tétant de l’éclair.

De loin en loin, sur la berge poudrée,
Quand le corps s’adonne à l’ivresse:
Maritimes flux emperlées d'allégresse,
S’ébroue la faune aux spires cendrées,

Enclouées aux moites lunaisons,
Halitueuse bruine de concert,
De vagues troublées du corsaire
Ébloui du spectacle de saisons

Méconnues du forban en peine
Au creux de houles empuanties,
Sur l’océan trop souvent desserti
De l’aquatique baille des sirènes.


Quand s’en viennent gésir aux frimas
Déconstruits de l'hiver, les crossettes,
Ces noueuses marcottes de croisette  
Se fardent de miasmes ivoirins, climat

Riches de parhélie, d’étincelants éclats
Sis au bord du Phoebus, peut-être
Sur la rade de matins à renaître
De cet avatar:  imperceptibles glas…

Repus de distorsion, d’altération,
D'ultimes mirages nautiques
Violacés aviliront de l’amylique,
Le velouteux tanin d’immodération…

Face à cette pochade d’impertinence,
Me laisserai couler dessous la lame,
Noyer sous le pont rivé au macadam
D’une vieille cité bavée de l’existence.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020