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mardi 21 juillet 2020

MARE VIDIT ET NATUS SUM*


MARE VIDIT ET NATUS SUM*
J’ai vu naître la mer

La mer laissait rouler les vagues monotones ;
Les premières marées scindaient de l’océan,
D’imperturbables roulis de la cuve baignant
Sous les remous de la lame gloutonne.

A verse sur les flots, les crachins de juillet
Nappaient de vifs éclats cycliques,
L’étendue d’un espace où l’âme bucolique
Irise de l’onde bleue les jets éparpillés.


J’ai vu naître la mer entre les côtes pleines,
L’estuaire sous les vents de fastueux atolls
Et la berge fripée enroulée en étole
Au col de criques surplombant la plaine.

Je l’ai vue s’étirer sur la rive meurtrie
Dont le marcheur allume en ses fuites
Les noirâtres fossiles, aux lunes, enduites
De périastriques cendres d’altimétrie.


Au dôme des rochers, sous la masse,
Quand s’éveille matin, bulots craintifs,
Crabes de guingois, rejoignent du récif,
L’opalescent corail qu’emprisonne la nasse.

Il m’en souvient des pérégrinations,
Cœur nu, je longeais de la baille rétive,
La spumescente lie dont les perles actives
Caressaient de ma peau les plis d’émotion.

Ma bohème berçait l’infidèle structure
D’appréhension… les douloureuses transes
Arguaient de ce vertige d’adolescence,
Les premiers sursauts de ma villégiature.


Je regardais la mer faner du ressac,
Le bouillant creuset, sans de l’itérative,
Lutiner la cadence, ni de l’imaginative,
Enclore la rêverie distendue en bissac.

Au sein clair de la mer, enfant des tropiques,
Ai tété la jouissive liqueur, le nard froid
Qui de la lèvre moite suturée d’effroi,
Au pinçon de quémandes d’autrefois,
Aspire l’agrément des flâneries topiques.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020