ADAMICA
MUNDI*
Adamique cosmos
Le monde est à ce point empli de haine,
De colères, d’intruses scissions,
Qu’il faille pour l’oindre, de La Crucifixion,
Le Vrai Sang du Calvaire échappé des Veines
Du Divin Créateur, L’Agneau qui de La Cène,
En extrait Le Vin Pur de La Rédemption.
Le monde est illusion, fantasme, utopie ;
C’est un orbe en déclin que soulèvent
Les vents meurtriers qui dénudèrent Ève,
Semence adultère engrossée par dépit.
En soulevant les voiles de la marée en cru,
Les typhons blessent la digue alluvionne,
La nudité de l’onde que la lame bedonne,
Piégée de solstices… qui hier, l’aurait cru (?!)
Îles estropiées, atolls purgés, estuaires
Écartelant des eaux l’abyssin cylindre,
Que n’auriez-vous en ces pénibles geindres,
Atténué, si l’audace vous déliait du suaire
Enjuguant la superbe dont vos plages,
En l’été, attisent en occurrence,
Fallacieuses mues de nitescence,
Célérifères draisiennes de voyages
Livresques, de prétendus exodes ;
Ils permutent du raisonnable,
Confiants en ses lies confortables,
Sédiments dont l'âme s’accommode
En ces déserts d’amertume, de boue,
Égarée aux méandres de l’incivilité,
Refouloirs d’imperturbabilité ;
L'homme l'admoneste... debout...
Hanche cosmographique de Galilée
Prétendant qu’elle se meut ! Terre bancale,
Veut du renouveau précipité l’escale
Au seuil d’archipels, aux portes d’alizés.
Monde sans avenir, espace de misère,
Vois de ton bas-ventre s’étioler l’espèce !
Fais-montre de rétention ! Ils te dépècent,
Te broient, t’enivrent, puis t’enserrent
En l’étreinte funeste d’un subversif coït
Où roidissent les plaines engrossées
De souillures, peu à peu drossées
Au pied de rades vaincues de l’azotite.
Vas, meurs et renaît ! S’il te faut d’autres lunes,
De jardins sous la nue, d’ivoire, de porphyre ;
S’il te faut des soleils pour aux nuits te suffire,
Je te viendrai couver du reflet des lagunes…
En tes râles moqueurs, ta plaintive agonie,
S’éparpillent les miasmes du désappointement ;
Je sais ce qu’il te faut, du sol au firmament,
Pour moirer de tes rêves la théogonie !
J’eusse aimé pour te plaire, oasis superbe,
Amputer tes jachères des pauses telluriques,
Bouleverser de ta matrice claire, l’empirique
Volute liée aux raisonnements terbes…
Hélas ! Ma vie, cette passoire ne peut
Aux convectives suées, sans incommodité,
Arrimer aux miens désirs l’interfécondité
Dont se drape l’amant ébahi… ou si peu.
Armand Mando
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