PARIS
Paris est sous les ponts, Paris dort
Dans le lit de la Seine, dans la lie
De ses larmes, quand au matin, pâlit
Son étoile, se rompent ses ailes de condor.
Paris donne le ton aux tempêtes bizarres,
Tonitrue sur les berges noircies…
Son métro traîne sa besace de suie
Aux quais jouxtant les vieilles gares.
C’est une chapelle où s’agenouillent
Les reines, leurs suivantes, quand l’infante
Confesse ses premiers émois, puis enfante
Des fièvres, que tombent en quenouille,
Les promesses d’hier de damoiseaux
En bouffettes, sous l’étrange livrée
De ce roi dont Paris se voudrait délivrer
Avant d’emprisonner de ses ailes d’oiseau,
L'empire qui des Champs-Élysées,
Au tertre de Montmartre, caresse d’Utrillo,
La palette, donnant aux tons vieillots
La superbe de Bosch, sa pointe irisée.
Paris s’allonge au dôme des Invalides,
Dévoile de son sein, l’altière Tour Eiffel,
L’arc napoléonien, sans stiefel,*
Son triomphe, jusques aux pyramides.
Paris, folle kermesse de ducasse,
Sise sur la pelouse de la foire du trône,
Cherche refuge, quand elle s’époumone
Au creux d’artères contournées de places ;
Chevillée à l’histoire dont elle s’inféode,
Déclame en souveraine au cœur de la Bastille,
Et sans perdre la tête : _ je veux de l’apostille,
Sublimer le texte, puis, si les notes s’encodent,
Déchiffrer le mémo désenclavé de l’ode,
Et pour en regimber les nuisibles broutilles !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020
* botte en allemand


