MEAM
COMMEMORATIONEM*
Ressouvenance
O souvenirs éteints, que n’ai-je
En ma mémoire tiraillée de poncifs,
Immolé en des troubles passifs,
Les trompeuses traces et qu’allègent
Les larmes de vaines remembrances !
Suis-je du soir des réceptives lunes,
Chantre d’un idéal blessé d’inopportunes
Angoisses proches de l’indécence ?
O mémoire sacrilège, anamnèse froissée,
Qu’enrouent les lourds clichés ceints
De prolégomènes retouchant du dessin
La fantasque graphie à jamais défaussée,
Emmurée de victoires surfaites, de succès
Piétinés de reîtres sans armures, drilles
Sans âme, lâches en dessous des grilles
De forteresses de sabreurs insensés !
Ma mémoire longe d’archétypes pentus,
Les rivages étroits de la déconvenue…
S’accroche encor au codage ténu
De déviances floutées, de caprices obtus.
Me fait promesse au seuil du conclusif,
D’irradier d’emphases les redites:
Truisme, lapalissades inédites
Dont se targue le fat aux adages poussifs.
O mutiques empreintes du passé affété,
Riche de rhétorique, d’atticisme glacé
Nimbant l’auteur vainquant la resucée,
Fade reprise lourdement apprêtée !
Que ne dois-je, sans me trahir jamais,
Accorer à la réminiscence, si ce n’est
Le babil de la gent sans repaire, benêt
Qui du balbutiement enjôle désormais
La lèvre magnanime, en servant contrit.
Mémoire mon insoluble compagne,
Je te fais serment, sans battre la campagne,
De sublimer tes lois que l’offense meurtrit.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


