CRESCERE ALAS*
Pousser des ailes
Se voir pousser des ailes,
S’inventer de précieuses écailles…
Pour se mieux faire la belle
Quand le mal nous entaille.
Imaginer, au seuil du renouveau,
L’humain, l’animal, troquant, le jour,
Costume, peau, pour devenir rivaux,
Égaux, sous d'imposants ajours.
Marcher à reculons dans un lieu
désert,
Enfourcher des montures sans vie,
Carnes dont on ne sait que faire,
Haridelles, juments
inassouvies.
A glisser des nuances floutées,
dévions
D'allées où poussent en harmonie,
La rosée de l’avril, loin de l’alluvion
Obturant des canaux, le courant démuni.
En ces chemins déviés de l'espace,
Point d'âme à l’horizon… sur le
macadam,
Traînent des chiennes trop grasses
Au bout de laisses tenues de tristes
dames.
Entre la terre et l’eau, à flanc de
montagne,
Se contorsionnent les joies émaciées
Du peuple ; il bat seul la campagne,
Comme le
faisaient, d'anciens suppliciés
Se voir pousser des ailes,
S’inventer des écailles…
Pour se faire la belle
Quand le mal nous entaille,
Voilà du temps passé, la vision
profane,
L’espoir en demain,
l’hallucination !
Du rêve lié à mon sommeil en panne,
Ne reste que débris d’imagination..
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


