pinterest

jeudi 9 juillet 2020

NOTORIO TESTIMONIO*


NOTORIO TESTIMONIO*
Évidences notoires


Sombrent, les souvenirs de nous,

Ces embrocations lubrifiant les us ;

Face à elles, nous plions genoux,

Face au relent tenace du tylenchus.


S'écaillent les clichés d’amours ;

Jadis, nous les supputions nôtres,

Au clair des lunes sans ajour,

Turquoise… j’en ai trouvé d’autres


Semblables aux terres où traîne

Le fier esclave asservit à l’onde,

Calmant de ses rugueuses chaînes,

La cruauté, ce mal-être que sonde


L'âme apprêtée de douteuses prières

Ânonnées d’iconoclastes chaisières 

Qui arguent en chapelle de pierre,

De fastidieuses coulpes de rosières


Évidées de supin, larmoyant de regrets

En madone de chaux, mains levées

Vers un ciel plombé: espace de grès

Semblable aux voûtes incurvées…



S’y noient à l’infini, râles placides,

Conciliabules, ridicules promesses

Fardées d’envies, dont chaque ride

Attise l’inéluctable vieillesse.


Cet amour prend d’autres raccourcis,

Étiole des joies l’impulsive béance 

De fougueuses étreintes, étrécies

Peu à peu de la luxuriance.



Semions parfois, au vent léger d’avril,

Chimères et sourires étanches,

Plaintives caresses... ces leurres subtils

Coulent encor la nuit, en avalanche


Sur la chair d’insatiables amants

Dont les reins arc-boutent la structure,

Durcissent des longs doigts-aimant,

Le désir sis là, sous la cambrure ;


 Flottent au soir, au gré des galbes nus

Chavirés du socle de tentation,

Remords, regrets savamment retenus,

Figés au seuil de la consomption ;


Lors, du regard ensilé, déviant,

S'éveille de la peau assouvie,

Le souffle court du hardi pluvian, 

Écalé de l'angoisse, sa pénible survie.  


S’il reste céans, des heures à diluer,

Te viendrai délier du passé réfractaire

Auquel la mémoire toujours engluée

Travestit d'artefact, sombres clichés d’hier.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020