AQUATILES
AUTEM DRIFTS*
Aquatiques
dérives
Quand chavire la barque brimbalée
Aux tempêtes tonnant sur l’océan,
Se meurent au flot, en saignant,
L’âme, le cœur ici-bas empalés,
Demeure sur la rive, l’empreinte
De nos corps soudés au désordre
De rancunes voulant mordre
Au fruit de la lasciveté, et qu’éreintent
Les vents de la désespérance, crachins
De déferlantes ou cruelle saucée
De nappe prestement rehaussée
De la baille aux remugles fraîchins.
La plaine dégarnie, la berge piétinée
D’amants illusionnés, en ces transes,
Sont d’étroites sentes sous l’anse
Où les pêcheurs remaillent, obstinés,
Les filets accrochés aux nasses ;
Quand décline l’hélianthe fané,
Le soleil en poudroie le col buriné...
Les filles suivent les moites traces
Du galant maniéré… sa gentilhommière,
Ce nid de badinage, accueillant hôtel
Sis, pour qui délie dentelles,
En boudoir baigné de lumière.
Quand tangue sur l'eau le navire,
Oscille la bélandre, aux canaux,
Nos amours foulées de pics quinauds
Vacillent à l’orée d’envies à assouvir.
Je reviens empaler mon audace
Au centre de fiévreuses lies,
Au ciboire de possibles délits
A la balèvre d'une exquise Candace.
Armand Mando
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