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mercredi 17 juin 2020

AQUATILES AUTEM DRIFTS*


AQUATILES AUTEM DRIFTS*
Aquatiques dérives

Quand chavire la barque brimbalée
Aux tempêtes tonnant sur l’océan,
Se meurent au flot, en saignant,
L’âme, le cœur ici-bas empalés,

Demeure sur la rive, l’empreinte
De nos corps soudés au désordre
De rancunes voulant mordre
Au fruit de la lasciveté, et qu’éreintent

Les vents de la désespérance, crachins
De déferlantes ou cruelle saucée
De nappe prestement rehaussée
De la baille aux remugles fraîchins.


La plaine dégarnie, la berge piétinée
D’amants illusionnés, en ces transes,
Sont d’étroites sentes sous l’anse
Où les pêcheurs remaillent, obstinés,

Les filets accrochés aux nasses ;
Quand décline l’hélianthe fané,
Le soleil en poudroie le col buriné...
Les filles suivent les moites traces

Du galant maniéré… sa gentilhommière,
Ce nid de badinage, accueillant hôtel
Sis, pour qui délie dentelles,
En boudoir baigné de lumière.

Quand tangue sur l'eau le navire,
Oscille la bélandre, aux canaux,
Nos amours foulées de pics quinauds
Vacillent à l’orée d’envies à assouvir.


Je reviens empaler mon audace
Au centre de fiévreuses lies,
Au ciboire de possibles délits
A la balèvre d'une exquise Candace.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 15 juin 2020

MARE*


MARE*
La mer

La mer est un miroir où les ventées
Égarent leur profil, délaissent encor
Des cristaux, quand nage l’albacore,
Ce germon, reste de fretin éventé.

C’est un boulevard, aquatique baille,
Coraline étendue de fiers nourrains
Dont la fraie alimente sirènes et marins
Aux lames gondolées, lorsque bâillent

Les flots de l’océan, ce fief azuré
Empli à ras de spumescentes
Perles sodiques, rides flottantes,
Pulsations d’intrépides marées.

C'est un jardin où poussent de concert,
Minérales géloses, animales blanchailles
Dérivant de vagues et qu’entaille
L'algue dessertie de l’ajour d'insert.    


C’est la nappe du lointain Miquelon,
Maritime asphalte pour bateaux
En l’estuaire crénelé en râteau,
Navires, conques, épiés du vallon.

C'est un silence posé à flanc de côte ;
Ceux qui la prennent, subissent
Algarade, tumulte, qu’affaiblissent
Les vents taillés de l’aliquote.

Elle prend en otage mes rêves fardés,
En enserre le mucus volontaire ;
Éveille parfois les comas réfractaires
Dont j’aspire cuvée avant de musarder.


La mer m’a fait naître cendre et feu,
En l'espace où s’éteignent les mots ;
Ma plume les ravive des cycles hiémaux,
Libérant de la rime, le phonème suiffeux.    



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 14 juin 2020

MIROR*


MIROR*
Émerveillement


Ultimes pluies, dernières ventées ;
Le soleil agonise au ventre du lac ;
S'y éveillent flore et faune hébétées,
Grisées d’embruns de sodiques plaques.

Aux prés, paissent les daines alourdies
De fruits ; y rampent les orvets repus
De poussières, des fourmis assourdies
De l’écho des savanes au silence rompu.


S’ouvrent les printanières roses ;
Leurs épines rehaussent la superbe
De collerettes à peine écloses,
Et qu’arrose la nue chue sur l'herbe.

Le soleil point de son sommeil,
Vidé de rais désaccordés
Dont l’oisillon, en l’aube vermeille,
Inhale du matin, la moiteur émondée.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 13 juin 2020

ET QUOD GUAUDES ME PERTUBARE…*


ET QUOD GUAUDES ME PERTUBARE…*
Et puis tes joies m'enquillent…

Grisée d'arômes, de parfums, d'essences,
Tu te laisses séduire belle indomptable,
Captive du désir enjôlant la constance
Et qu'étoilent tes rêves inabordables.

De ta lèvre grenat, se défroissent des rires
Dont l'éclat confisque à ma quémande
Le presque raisonnable, les douteux délires
Arrimés au cordage de subtiles offrandes.

En mon for ruiné de désespoir,
L'âme égrène encor, et malgré moi
Le vieux chapelet de l'égrappoir
Dont ma peau alimente l'émoi.

Tu isoles des peccantes fièvres,
Le venin séducteur, la toxique bile ;
Ai-je de ces apprêts rivés à ta balèvre,
Émoussé ridules, bouderie habile ?


Inassouvie, tes grelots chahutent
Au soir de mes fantasmes creux…
Te veux vaincue au ressort de luttes,
Dérivées en l'enceinte de l’œil ocreux.

À ta boudeuse moue, sans m'en plaindre
Jamais, dénude du clair des chimères,
L'irréfragable aveu, t'écoutant geindre,
Nue au baldaquin de pancraces amers.

Nos corps en étau, meurtris d'impéritie,
Naviguent hors du libertinage,
Sous la lame de rythmes imprécis
Du hunier de la chair en tangage.


Nous avons fait l'amour en l'adynamie
Forant du mésaise, l'impudence notoire.
Serais-je vent debout, si l'enharmonie
Confisquait à ma soif l'appel dilatoire ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 11 juin 2020

APERTUM MIHI*


APERTUM MIHI*
Ouvrez-moi !


Ouvrez-moi la porte que j'y voie naître,
Des nuits épurées, le vertige de chute
De prédateurs qui de sauts, en culbutes,
Blackboulent au parvis des traîtres !

Asservi, domestiqué, en peine,
Ai compris, sans entraver raison,
Le mal qui régit aux oraisons
De complies, l'intolérable haine

Dont font montre l'oppresseur,
L'autocrate, le triste sycophante,
Ce roturier ; sa nescience enfante
A la primauté du gagiste-censeur

Suprématie de kaiser boudant
Du pisse-froid, l'ithos d'alliance
Exempt _ c'est vrai_ de méfiance
Du ventripotent lord succédant

A l'orgiaque tiers-état insolvable
En sa déliquescence, royaume
En déroute ; y croupit l'homme
Rétif: rodomont ou notable.


Ouvrez entre deux courants-d'air,
Céans, l'accès aux fastueux édifices
Couronnés de potentats en lisse,
Dynastes soutenus de larvaires !

Voudrais des forteresses, le beffroi !
J'en écharpe les miasmes blutés
De faïence, l'éther du bel été
Délié des maillons du grand froid.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mercredi 10 juin 2020

SED RITHIMO*


SED RITHIMO*
Rime… ailleurs


Les neiges ont fondu... le poète s’endort
Devant la page d’un ouvrage sans vie
Dont les mots fuient l'éphémère décor,
L'élégiaque trame… en survie.


L’hiver rentoile les cimes dénudées,
Les cols dentelés ; s'y perdent les vents
Évanouis, pâmés, sur la plaine vidée
De la faune étirant ses auvents.


Le printemps, comme on le comprend !
Fleurit la colline, pollinise l'arbre
Du vallon endormi… il se prend
Au jeu du suborneur ; du socle de marbre,

Suintent des larmes, de folles chutes
Gelant les veinules de sépultures
Sises sur la Grand-Place ; y chahutent
Les gosses rêvant d'armatures.

Vaque la communale, sous un soleil pâlot
Aspiré au soir, d’éphémères volutes…
Le clocher du village en un lourd trémolo,
Éveille des moinelles, la lutte

D'oisillons... ils font du nid douillet,
Confortable nichée pour rémiges ;
S'y attarde parfois, le mistral guilleret
Suspendu à d'altérables tiges.


Soupire le poète dont la plume,
Ce brandon, attise la scansion
De césures boudant l’amertume
Du cœur acrobate privé d'élision.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 9 juin 2020

IMAGO VAGA*

IMAGO VAGA*

Mirage nomade
  

Perdue au fuseau du nielle tenace
Maquillant  la serve alanguie
A même flanc du vainqueur groggy
De caresses éventées, fadasses,

Écartant du col de luxuriance,
L'eudémonisme, s'il justifie l’envie
D’arrimer à la chair en survie,
Sans éréthisme, toute l’efflorescence.
  
Des sous-bois, aux mortes nuits,
Dansent des pans de l’excitation ;
Ils stridulent du sein en implosion,
L’impulsive bordée qui nuit

A l'amant lesté de morphèmes ;
Dupent l'inconsciente contrition,
Implorent céans, l’attention
D'incubes en l'autel d’anathèmes ;


J’exècre des louves d’indulgence,
Les facéties rondes attisant
D’abjects rites, l'hymen contredisant
De l’acte sans stigmates, l’allégeance.

Estoqué de brettes d'impartiaux,
Panégyrique qu'encloue le raisonnable,
Je fais montre en des mots acceptables,
De pondération ; sans d'actes cruciaux,

Prétendre de parénèse, langage pur,
Péroraison, d’orateurs confus,
Prêts à réactiver de l’ego, refus…
Dont l’évidence dévoile le parjure.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020