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mercredi 10 juin 2020

SED RITHIMO*


SED RITHIMO*
Rime… ailleurs


Les neiges ont fondu... le poète s’endort
Devant la page d’un ouvrage sans vie
Dont les mots fuient l'éphémère décor,
L'élégiaque trame… en survie.


L’hiver rentoile les cimes dénudées,
Les cols dentelés ; s'y perdent les vents
Évanouis, pâmés, sur la plaine vidée
De la faune étirant ses auvents.


Le printemps, comme on le comprend !
Fleurit la colline, pollinise l'arbre
Du vallon endormi… il se prend
Au jeu du suborneur ; du socle de marbre,

Suintent des larmes, de folles chutes
Gelant les veinules de sépultures
Sises sur la Grand-Place ; y chahutent
Les gosses rêvant d'armatures.

Vaque la communale, sous un soleil pâlot
Aspiré au soir, d’éphémères volutes…
Le clocher du village en un lourd trémolo,
Éveille des moinelles, la lutte

D'oisillons... ils font du nid douillet,
Confortable nichée pour rémiges ;
S'y attarde parfois, le mistral guilleret
Suspendu à d'altérables tiges.


Soupire le poète dont la plume,
Ce brandon, attise la scansion
De césures boudant l’amertume
Du cœur acrobate privé d'élision.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 9 juin 2020

IMAGO VAGA*

IMAGO VAGA*

Mirage nomade
  

Perdue au fuseau du nielle tenace
Maquillant  la serve alanguie
A même flanc du vainqueur groggy
De caresses éventées, fadasses,

Écartant du col de luxuriance,
L'eudémonisme, s'il justifie l’envie
D’arrimer à la chair en survie,
Sans éréthisme, toute l’efflorescence.
  
Des sous-bois, aux mortes nuits,
Dansent des pans de l’excitation ;
Ils stridulent du sein en implosion,
L’impulsive bordée qui nuit

A l'amant lesté de morphèmes ;
Dupent l'inconsciente contrition,
Implorent céans, l’attention
D'incubes en l'autel d’anathèmes ;


J’exècre des louves d’indulgence,
Les facéties rondes attisant
D’abjects rites, l'hymen contredisant
De l’acte sans stigmates, l’allégeance.

Estoqué de brettes d'impartiaux,
Panégyrique qu'encloue le raisonnable,
Je fais montre en des mots acceptables,
De pondération ; sans d'actes cruciaux,

Prétendre de parénèse, langage pur,
Péroraison, d’orateurs confus,
Prêts à réactiver de l’ego, refus…
Dont l’évidence dévoile le parjure.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 7 juin 2020

STATIM WOMEN*


STATIM WOMEN*
Femmes de naguère


Femmes de naguère, en de suaves moues,
Déclinaient l'invite de l'amant empressé,
Se perdant, quand le cœur oppressé
Accentue avec grâce, l'illusoire remous.

Aux bises éthérées de primes estivales,
Portaient toilette serties de ganses ;
Du port altier, pinçaient de l'offense,
Le culmen, l'espoir conjectural.

Elles éveillaient de nos rires éteints,
L'exhalaison, profanant des discrétions,
Retenue dont la dame, avec attention,
Encloître aménité du sublime teint.


Avaient la douceur des portraits de Clouet,
Beauté des gouaches de Marie Laurencin ;
Angelica Kauffman en ses dessins,
Donnait à leur regard, sans le renflouer,

L'intrigue des maîtresses séduites 
Dont le talent loue le circonstancié,
Faisant commerce, sans se supplicier,
Du charme allusif de l'esprit émérite.

Accusant, en de vains soubresauts,  
D'espiègles pirouettes, la rouerie…
Les femmes de naguère me sourient,
Puis se meurent, déliées du sursaut
Enjôleur de mes stances marries.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 6 juin 2020

BEGUINARUM SERVIENTES*


BEGUINARUM SERVIENTES*
Béguines asservies


Je bois à tes silences, par lampées,
A l'asymbolie, l’incompréhension ;
Je fais, sans me jamais tromper_
Le tour de l'insomnie, de l'affliction.

J’aurais pu emprunter raccourcis,
Amputer le tracé, m’étendre
Sur la rive où ton corps indécis 
S'aiguise, sans en pourfendre

Les flots ; là, tu fais paissance,
Jouissance dont la serve féale
Grand bien lui fasse !... tance
L'absconse fièvre de l'âme létale!

Tu aimes les femmes de gabier ;
L'ironiste semble tacler ton vice ;
Saphique Mélisande d'un gerbier
Que Pelléas égrène ; s'immiscent

Des tiges par trop malmenées,
D’intrusives risées d’aube tiédie ;
S'y égarent en l’œil illusionné,
Lesté de grimaces, la palinodie.

Tu maquilles sans peine l'histoire, 
L’espèce spoliée de confort…
Y dois-je céans placer offertoire,
Abouter cet affront, sans efforts ?

Ce cautère brûle l'âme, l'asservissant 
Parfois, en des luttes fouillées
D'acolytes aux thrènes blessants,
Déviance de none agenouillée

Devant la couche fardée d’adultisme,
Ce satin froissé, ce sinueux détroit
D'imprécatoires larmes d’atavisme:
Hérédité conspuée du matois.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


vendredi 5 juin 2020

ORATIONES FRUSTRA*


ORATIONES FRUSTRA*
Vaines prières


Avions de larmes, inondé le parvis
De chapelles où l'homme-poussière
Déverse sur le nonce asservi
A l'obédience, de vaines prières.

De mots lourds, du verbe menteur,
D'ordalies, emmurions la constance…
N'est des chemins enchanteurs,
Qu'ésopique prosopopée d'enfance.

De combien de peccavi, panthéisme,
Protocolaires dogmes de liturgie,
L'âme s'égare, ivre du syncrétisme
Des messes colorées de magie ?…

N'ont de Dieu, que vision sectaire,
Sataniques pompes, les fourbes
Liant celui que le malheur atterre
Quand déçu, la religion l'embourbe.

Avions du temps des prophéties,
Accepté Textus, machinalement…
Est de bon ton d'annihiler l'hérésie,
Ce purgatif ; l'on doit inéluctablement

S'en défaire, Du Seigneur, accepter
Souffrances… Le Calvaire en anime
Le précieux douzil ; rien n'en obstrue
La coulée excentrant la butée !

Sur elle, se cogne le sectaire,
Aux flots déportés aux aurores
De pleurs tapis en l'aube claire,
Percés du long dard de la mort.

Au matin renaissant, au seuil
De la vie, La Céleste Trompette
Du cœur sénescent, de son deuil
Drapera le crayeux squelette.

Je dirai confiant: _ Je m'en vais
Me griser du parfum de L'Éden,
Heureux, sans craintes, de l'ivraie
Me saurai défaire, et sans peine.





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 4 juin 2020

ET QUOD NATUS…


ET QUOD NATUS…
Avoir été et… naître

La pensée ruinée refoule du présent,
Riches idées, subtiles pirouettes
Du temps qui peu à peu, s'émiette
Du cœur piégé de l'être méprisant.

Sous gravats et déblais se meurent
Les cris adolescents, nos quinze ans
Dont l'adulte trouvait fort déplaisants
Les accords insufflés de rumeurs.


J'escalade d'abruptes parois, la nuit,
En somnambule, en piètre écrivain
Grisé du cépage ennobli de son vin
Bouchonné de miasme de suie.

Je cours, affublé d'indécence,
D'impudeur ; mes lubies ont fondues
En l'âtre de vains sous-entendus,
De piques encartées à l'enfance.


Je voudrais calter, fuir le temps,
Pour le vaincre plus tard… rien n'y fait !
En ce monde_ hélas! _ rien n'est parfait…
Encor moins mon double hésitant !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020