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samedi 4 avril 2020

CANTABILE*


CANTABILE*
En chantant


Son souffle bocca chuisa égrenait
De ses lèvres, d’offensives plissures...
Mon printemps lui servait de parure
En ce riche décor où le rêve renaît.

Du piano, les notes s’évaporaient,
Se perdaient en l’espace du tempo guisto...
J’en caressais en un con affetto,
La mesure cuivrée du rythme coloré.



Des moites touches, ses doigts dessinaient
Des notes, istesso tempo, un mouvement
Comme pris en tenailles, en l’agrément
D’un style à nul autre pareil ; il fascinait

La phonie de la gourme d’amant
Vidé de son art, quelque peu écorché
Du fortissimo, dal segno effarouché
À  l’idée de subir da capo, larmoiements.


Aimerais peindre du piangendo, 
Au son du basso continuo, la césure,
D'un moindre mal, la riche tessiture
De mots désemparés, sous l’accelerando.


Du malincolico, s’évaporaient les heures,
Les minutes de l’aria invaincue !
En ses flous, le pianissimo quanto vécu
Fait de la musica mezza voce, un leurre ;

S'y agrippe, smorzando, l’éconduit...
Prisonnier du vigoroso, ce doute palpable,
Balayé du tremento soufflé, indomptable
Sur ma peau métissée,  de désespoir, enduit.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 2 avril 2020

RHONCUS MORBOS*


RHONCUS MORBOS*
Éventail de maux


Les roses consolent du veuvage,

L'amante chue, écaillée en pastel,

Dont les pigments voyagent

En deçà de la coque patelle


De plages, désertiques contrées

Infléchies des volutes  d’azur ;

Les wakamés de cuves éventrées 

S'y purgent d’iodiques coulures.



Les orchidées enjolivent l’allée

De cryptes chaulées d'émois

Sises au faîte des mausolées ;

Le fébrile endeuillé  y larmoie… 


Est-ce présomptueux, Hortense,

D’engerber de caprices fanés,

Ridés, ces vaines allégeances

Ces mues de pontes aliénés ?


Aimerais en alester fardeau,

Ce mal sclérosant  vos humeurs,

Ce purulent ichor de bardots

Ravagés de sanieuses tumeurs.
                                       
                                 ***

Affidé de  liesses éventées,

Que n’étiez-vous des cuvées,

Odalisque de sérail, indomptée,

Grisée de nard, incurvée ! 


Par deux fois, ai pris le chemin

De la houri blessée, sans savoir,

D'aveux creux, sans lendemain,

M'éloigner prestement, me mouvoir.




Je fuis des riches damoiselles,

Par trop cosmétiquées, l'exigence

D'antan; s'enflamme la pucelle

Au seuil de l’indécence...


Dois-je m'enfiévrer d'adultère

Sous le pont de vos cuisses,

M'attarder… pour vous plaire,

Si les regrets surgissent ?


Dois-je de la démesure, longer,

Lascif, le tortueux chenal,

Quand la virilité vient piéger

Le puissant muscle d'arsenal ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 28 mars 2020

COMESATIONIBUS EORUM PARASITI*


COMESATIONIBUS EORUM PARASITI*
Parasites gloutons

Dansez, dansez, sirènes de zicrones,
En la chair dont vous vous sustentez !
Est-ce là, goûteuse synovie ? Il m’étonne
D’ouïr gémir de l’hiver, aux étés,
Suçant le sang, en farouches tétées,
Le nanan de luttes asynchrones.

Vous nagez nus aux plis de l’aine ;
Y suintent d'abondants flots cernés
D'âpres fièvres ! J’en perçois à peine,
L'itératif écho, sous le derme tanné.

Quand la couche vomit ses incartades
Ampute de l'amant, exigeante morale,
Les languissants s’éveillent de la rade
D’estuaires vidés de sel, dont les râles


Se mêlent aux mues d’îles paradisiaques ;
Y fondent, les vents lestés de cristaux
De la cuve sodée, dont l’abaque
Effrite les coraux pollués des bateaux.

Vous festoyez, parasites d’un soir !
Après ponte, éventez de nos cernes,
Les palpébrales, ces réticules noirs:
Poudreux reflets du regard en berne.


Vivez d’impudeur, de ripailles choisies,
Agrémentant vos jours, de restes
De moisissure, de denrées cramoisies
Dont le fiel détourne le tanin du zeste.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




mercredi 25 mars 2020

ET IN CORDE MOTUORUM*

ET IN CORDE MOTUORUM*
Au cœur des morts

Auriez-vous tué la mort, éventré l’idéal
Dont Mirabeau, fourbe asservit à Mammon,
En de nuits floutées, attise du décorum,
L’épais bâti ouatant la doublure féale ?

Vous œuvrez en la coulisse d’un théâtre
Qui de la gloire, atteste l’habitacle cossu,
Avant d’en piétiner la structure pansue…
Agnostique, que vous êtes… bellâtre !!!

Aumônier d’état, où nobles en raglans,
Clergé, mécénat en quête de prébende,
Magistère rehaussé de légendes,
Aspirent suffisance ; la plèbe, beuglant,

Aux portes des chapelles, tend sébile,
Le corps déchu de sa superbe,
Vient heurter du pouvoir, l’ironie acerbe
Dont Luther condamne les brettes débiles.


Vous pissez sur les tombes, ces contreforts
Dont vos rites sectaires annihilent
Symbole… chiens de zélation, voyez, il file
Le temps qui vous dessert ! Quel réconfort

Est vôtre, aux soirs où les fantômes
Viennent hanter la mémoire bancale ?
Seriez-vous des monarchies ducales,
Seuls, en reptation, des sous-hommes ?

Des cimetières, quand la mort interpelle,
Aux cryptes chaulées de basiliques,
Votre suiffeux profil côtoie les reliques
Sevrées de flamboyance… de quel appel,

Ferez-vous rétorsion ? De la coercition,
Serez-vous, en servants, pleinement
Assujettis, larvaires dont le linéament
Grappille de l’ébauche, pastel d’accrétion ?


Éteinte, l'ambition décline mollement ;
S'affaissera-telle au tertre du passé ?
Pressant du mamelon, influx condensé,
Sucs de convenance; de l’émolument,

Obtenez des miettes ; ne pouvez soutirer,
En vils maltôtiers, usuriers de cours,
Rogatons… tout le long du parcours,
Picorerez aux berges des marais,

Débris, chus de la table du roi ;
Ce roi, vous lui faisiez offrandes,
Bombance, aux orges de provende ;
Y pleurait lazzarone, aux froids.



Voyez-donc, ici, j’installe mépris
Au faîte d'insuccès, du mécompte
Du laudateur obséquieux ! La honte
Auréole son âme, lisère son esprit !

Je me couche confiant, pour survoler
De vos frasques, toute la nébuleuse ;
Ma vie n’a rien d’enviable… heureuse,
La pensée élusive, parfois, vient immoler
Des contradictions, les escrimes houleuses.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 23 mars 2020

MOLLIS OBUMBRATIO*


MOLLIS OBUMBRATIO*

Ombres floues


L'étrange creuse en mon cœur souverain,
Un trou plus profond que le vide abyssal
Où s’agite l’âme lestée d'un lourd chagrin
Dont l’esprit ronge l'artefact commensal ;

S’y décatissent les empreintes d'hier:
Altérables traces de luttes anonymes ;
Piégées de fanges torpillées de lierre ;
Y traînent encor, tous les pusillanimes

Encerclant de mes joies, le vain souffle ;
Ils en gercent parfois le sourire roidi…
Je vois encor la pointe de l'ensouple
Percer de l’inertie, les fibres affadies.


Où sont les indomptés, ces messagers
Haranguant de mon double, les peurs
Arrimées aux ires par trop ennuagées
D'hommes faisant naître de la torpeur,

En cette adynamie, flou de velléitaire
Qui du mésaise, aspire l'épiderme…
Je porte du pal enfoncé en terre,
L'indélébile rivet, sans y mettre terme ;


Du profil éjecté du miroir écaillé,
Râlent les morts avant de disparaître
Des limbes sépulcraux, gorges éraillées,
Ici-bas, désarmés d’irascibles reîtres.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 18 mars 2020

CUTESY POSSIDET;

CUTESY POSSIDET;
Mièvre hagiographie


Entre tes lignes s’étranglent des éloges ;
Pisse-copie, tu les dresses aux artistes
Encensés de ta plume d’apologiste
Pour parader au centre de leurs loges.

Ces écrits sans âme dont l’angélisme
Régit l’éphémère confort, s’ébattent
Des accords semble-t-il acrobates ;
Ils tanguent sur le fil de l’aristotélisme.

Tu vois le deutéragoniste en tragédien
Sous flamme d’un Sophocle de cour,
Le rigaudon, en Pompée au discours
Emphatique qui berce l’Illyrien

D’aphorismes, d’édits alambiqués…
Pauvre histrion boudé du factionnaire
Sous guérite, raillé de permissionnaires
Parti faire bombance en de riches banquets.


De l’hagiographie trahie de la faconde,
Au sirupeux laïus désordonné du verbe,
Aucun désordre ! Point de propos acerbes !
Tu pommades, en de fastueuses rondes,

Le matassin, ce cabotin de théâtre,
Cet irascible arsouille de scène,
Ce bouffi à la panse trop pleine,
Signant l’ouvrage dont tu t’emplâtres.


Transformer en saints, des étourneaux,
Quelle prouesse est tienne !!! Chapeau bas !
Sous quel encart oses-tu les mettre bas,
Toi, vache à lait de fantaisistes vénaux ?



 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020