CANTABILE*
En chantant
Son souffle bocca
chuisa égrenait
De ses lèvres,
d’offensives plissures...
Mon printemps lui
servait de parure
En ce riche décor où le
rêve renaît.
Du piano, les notes
s’évaporaient,
Se perdaient en
l’espace du tempo guisto...
J’en caressais en un con
affetto,
La mesure cuivrée du
rythme coloré.
Des moites touches, ses
doigts dessinaient
Des notes, istesso
tempo, un mouvement
Comme pris en
tenailles, en l’agrément
D’un style à nul autre
pareil ; il fascinait
La phonie de la gourme
d’amant
Vidé de son art, quelque
peu écorché
Du fortissimo, dal
segno effarouché
À l’idée de
subir da capo, larmoiements.
Aimerais peindre
du piangendo,
Au son du basso
continuo, la césure,
D'un moindre mal, la
riche tessiture
De mots désemparés, sous l’accelerando.
Du malincolico, s’évaporaient
les heures,
Les minutes de l’aria
invaincue !
En ses flous, le pianissimo
quanto vécu
Fait de la musica
mezza voce, un leurre ;
S'y agrippe, smorzando, l’éconduit...
Prisonnier du vigoroso,
ce doute palpable,
Balayé du tremento soufflé,
indomptable
Sur ma peau métissée,
de désespoir, enduit.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



















