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lundi 23 mars 2020

MOLLIS OBUMBRATIO*


MOLLIS OBUMBRATIO*

Ombres floues


L'étrange creuse en mon cœur souverain,
Un trou plus profond que le vide abyssal
Où s’agite l’âme lestée d'un lourd chagrin
Dont l’esprit ronge l'artefact commensal ;

S’y décatissent les empreintes d'hier:
Altérables traces de luttes anonymes ;
Piégées de fanges torpillées de lierre ;
Y traînent encor, tous les pusillanimes

Encerclant de mes joies, le vain souffle ;
Ils en gercent parfois le sourire roidi…
Je vois encor la pointe de l'ensouple
Percer de l’inertie, les fibres affadies.


Où sont les indomptés, ces messagers
Haranguant de mon double, les peurs
Arrimées aux ires par trop ennuagées
D'hommes faisant naître de la torpeur,

En cette adynamie, flou de velléitaire
Qui du mésaise, aspire l'épiderme…
Je porte du pal enfoncé en terre,
L'indélébile rivet, sans y mettre terme ;


Du profil éjecté du miroir écaillé,
Râlent les morts avant de disparaître
Des limbes sépulcraux, gorges éraillées,
Ici-bas, désarmés d’irascibles reîtres.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020