AGGERIS
JUNKS*
Le rempart
des jonques
Mon enfance dort en ses yeux éveillés,
Sa tête alourdie sur le froid oreiller ;
Elle me voyait dans l'herbe folle
Sur son ombre que la mienne auréole.
J’épiais les bouquets de son rouge sourire,
En cueillais prémices, avant que de rougir.
Elle guettait de la lande en broussaille,
Mes pas désaccordés, arrosés de la baille.
Les vespérales lentement déclinaient,
Affaissées au sopor de la faune échinée.
Elle avançait en la riche prestance
De gestes éthérés, sa subtile constance,
A mon seuil martelé de détresses,
De réticences ceintes de maladresses.
Les enfants portent au cœur, l’incertitude,
L’aporie d’un savoir enflé de rectitude ;
En subissent plus tard, sans atermoyer,
L’antilogie nous faisant larmoyer.
Quand repus d’aphélie, sevrés de parhélie,
Mes yeux cherchent du ciel de lit,
L'armature, les étoiles s’animent
En ma pupille ; mon double pusillanime
Égrène de ses tares, les resucées boudées
Du pragmatisme enjôlé de lèvres dessoudées.
S’il y a au soir, des lunes qui somnolent,
Reste de liqueur confite en fioles,
Il y aura sûrement à l’envol des jonques,
Sous la vase, de minuscules conques ;
Défait de son carcan, le temps exponentiel
Balaiera des amours, les nuées virtuelles.
Serai, oint d’amertume, un vil bretteur
Dont la lame émoussée trahit l’amateur
Qui de ma peau emprunte le cylindre,
Y parasite le filon, sans se plaindre.
Si elle vit à l’orée de mes larmes ganguées,
Me pardonnera t-elle d’y avoir tangué ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020


