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mardi 10 mars 2020

ME REVOCAS ?


ME REVOCAS ? *
Retenez-moi !

N’ayez crainte d’aimer quand l'astre rougeoie,
Se taisent les vents de l’automne discret !
De vous à moi, très chère, il n’est des secrets
Que jadis vous me fîtes, en ristourne de joie,

Nulle fuite possible… j’en fais rétention,
Pour me mieux soumettre à l’amativité
Dont font montre les serfs dont l’absoluité
Dénerve du savoir, l’exacte prétention.

Je parcours les îles, escalade les monts,
Aux ides pénétrées d’informelles secondes ;
Me fallait léser des formes rubicondes,
Le rouge pénétré de purulents phlegmons,

Des plaies, dévier le cœur sénescent ;
Ce cœur désamorcé; vous le tenez en laisse,
Rehaussant de la grâce, en vos délicatesses,
Imperceptible accord ouaté d’un bref accent !


A ma page de garde, tel le vieux doxographe,
Je commente de l'helléniste, l’abstraite pensée,
Effeuille des opinions, sans me lasser
Jamais, les dérives, en piètre cacographe

Qui des turbulences, sevré de l'affectif,
Pénètre la fadeur d'un douteux jargon,
Annihile des brèves poncées, le parangon
De vertus ointes d’actes correctifs.

Donnez-moi la mesure des ménestrels rompus
D'accords de la quadriphonie, la cadence
Dont Lully enchâsse du ballet, la radiance !
Que ne suis-je en ces luttes ! ô si j’avais pu !

Ai-je du désappointement, molesté,
Sans férir, la pointe, l’aciculaire apex,
Traversé les marbrures convexes
De l'âme griffée, d’illusions… enkystée !

Suis sous l’arche des réminiscences…
Il pleut de ma superbe, larmes de contrition ;
Moi, qui n’aie de vos rires en ébullition,
Que froids clapotis feutrés de nitescence.


Retenez-moi à la dragonne de l'autorité ;
Faites-moi ambigu vassal ! Qu’importe !
Ne me point laissez mendiant à votre porte !
Aurais-je à vos yeux,  toujours, démérité ?

Si la fin est voilée de gausses manifestes,
Qu’enclosent, vos humeurs harnachent ma raison,
Irai me revêtir des guenilles d'oraison
Pour taire de mon rêve, les mirages funestes.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020