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jeudi 12 mars 2020

DESTITUTIONS*


DESTITUTIONS*
Désappointement

Puisque la censure entrave vos désirs,
Le bonheur, pour vous, se fait attendre ;
Que céans, ne se peuvent entendre
Les premiers mots d’amour, sans gésir

Au seuil de l’infortune, il vous faudra,
En des matins de cendres d’automne,
Effleurer d’autres lèvres; y frissonnent
Les reines confinées en la soie de longs draps.

Amoureux en ces lunes où la femme renaît,
Vos musiques enjôlent de soupirs lascifs,
La modeste suivante dont les cris incisifs
Percent du renouveau, les premiers genêts.


Ai, comme vous, connu des nuits givrées,
Quand l’âme vient tancer les rêves ambigus,
Le cœur dépenaillé, les songes contigus,
Jouxtant de l’esprit, la girande cuivrée.

Les belles de logis se laissent attendrir,
Des caresses de l’amant prisonnier
De la soie de leurs bas : impulsif pionnier
D'inégales luttes; ne peuvent l'amoindrir,

Les noceurs, s'ils dansent en derviches,
Au rempart de bombances, d’agapes,
De faste, de ripaille chues des nappes
Du mécène ventru, bien trop riche

Pour du sequin s'alléger; pourriez-vous
Des autres, légitimer les actes affétés,
Confirmer de vos soifs la pépie, prêter
Ouïe, aux discourtois propos… rendez-vous !

De galantes pubères à la minaude moue,
Vous espèrent assoiffé d’aventures ;
Voyez donc rayonner dessous la devanture,
La pucelle déployant ses ailes tinamou !


En de sombres couloirs foulés de vagabonds,
S’endorment les craintifs de la désespérance…
Fuyez-donc ces couards au faîte d’apparence,
Verrez des gentes dames, le regard pudibond !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020