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lundi 16 mars 2020

IURISDICTIO OBVENERAT*


IURISDICTIO OBVENERAT*
Quiétude

L’automne a quelquefois fané les rivières ;
Le lacustre miroir, en la vase, s’émousse ;
Se meurt au faîte des bois, l’ombre rousse
Du soleil, ses majestueux rais, sa lumière.

Terres dessalées, lacs contaminés,
Fontaines polluées, privées de douzil,
Retrouvent peu à peu, clapotis de grésil,
Superbe d'antan ; là, des cheminées,

Les flammèches semblent colorer l’âtre
Enivré de tisons, de crépitantes braises ;
Du genévrier, les brandons se taisent,
Aspirant le noyau sous le foyer albâtre.


Les nichées s’éveillent en l’air serein ;
La moinelle s’affaire avant de s’envoler
En l’azur incertain ; y tournoie un ballet
D’altières grièches, ivres de vents marins.

Au soir, avant les nuits d’orage,
Huppes et perdreaux fuiront des vallées,
Les nuages de saisons déballées,
Alanguies en la sphère maussade ;


Les hommes viendront hiberner, fourbus,
D’un lointain voyage, de pérégrination…
Les femmes nues, sevrées de passion,
Se laisseront vêtir, déçues des mâles imbus

Qui de la chaude couche, bouderont repos,
Animant de l’orgueil, les brandons
Attisés de l’estime, sans pardon:
Ardentes escarbilles accoutrant le suppôt.


En la suave quiétude du renouveau,
La flore oindra les jardins de bohème,
Exaltera son subtil nard, au jour blême,
De riches fragrances, de délirants pavots.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020