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lundi 2 mars 2020

POETA INFERIORUM


POETA INFERIORUM
Sublunaire poète

Ivre de mots d'amour emprisonnés d'affect,
Il conquiert du désir la rude contrescarpe,
L'allée nue où s'étranglent, vidées de l'épicarpe,
Les rageuses rumeurs encavées d'intellect.

De sa plume blessée, apprivoise nuances ;
Il est de ces trouvères évincés des cités,
Nouveaux ménestrels dont la causticité
De la gent magnanime, condamne l'ardeur,

Les turbulents propos de moralisateurs,
D'ordalie d'ascétiques loges vaticanes,
D'apocryphes d'homélie anglicane
Encycliques affleurées de plis menteurs.

Sublunaire, vêt d'organdi les reines entrônées
Du royaume des songes, les vestales poudrées
Du somptueux gynécée; placées à l'adret
De ce mont qu'Olympe a ceint de vanité…


Les femmes sont enfants en l'encre de ses mots,
De mutines soubrettes au rire affecté, lunes
Dissoutes en l'aube liée aux formes brunes,
D'acariâtres mânes aux mystères gémeaux.

On prétend… dois-je sans mal, le croire (!?)
Qu'aux nuits de feu et d'encre, il éveille
Du spectre de l'archaïsme, des merveilles;
Ptolémée en astrologue, les croit voir

Poindre en l'équant, l'almageste,
L'imago mundi, de l'imagoïte, la mue
Chère à Hipparque, qu'affectionnent ému,
Le scribe, l'haruspice aux augures prestes.

Si j'étais ce poète conforté en son œuvre,  
Irais noyer de bleu, l'élégiaque semence
Écalée du tubule fardé de stances ;
Malherbe y dévoilerait la manœuvre

De d'aède au bord de la déroute,
L'iambe en la brève ; elle musarde
Hors d'assonance d'acrostiches… fardent
Dit-on, de musiques contraires, sans doute,

Thrène et sille du vieux scalde déçu
D'être aux moites ventées, minnesinger
D'une Germanie où se viennent singer
Les pasquins arborant une gorge pansue.


Un jour… demain, peut-être ; sait-on jamais!
En de froids réceptacles, poserai ma dégaine
Froissée, ma dépouille figée, sans rengaine,
Au tertre d'un confort obombré de l'ormaie.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020