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samedi 4 avril 2020

CANTABILE*


CANTABILE*
En chantant


Son souffle bocca chuisa égrenait
De ses lèvres, d’offensives plissures...
Mon printemps lui servait de parure
En ce riche décor où le rêve renaît.

Du piano, les notes s’évaporaient,
Se perdaient en l’espace du tempo guisto...
J’en caressais en un con affetto,
La mesure cuivrée du rythme coloré.



Des moites touches, ses doigts dessinaient
Des notes, istesso tempo, un mouvement
Comme pris en tenailles, en l’agrément
D’un style à nul autre pareil ; il fascinait

La phonie de la gourme d’amant
Vidé de son art, quelque peu écorché
Du fortissimo, dal segno effarouché
À  l’idée de subir da capo, larmoiements.


Aimerais peindre du piangendo, 
Au son du basso continuo, la césure,
D'un moindre mal, la riche tessiture
De mots désemparés, sous l’accelerando.


Du malincolico, s’évaporaient les heures,
Les minutes de l’aria invaincue !
En ses flous, le pianissimo quanto vécu
Fait de la musica mezza voce, un leurre ;

S'y agrippe, smorzando, l’éconduit...
Prisonnier du vigoroso, ce doute palpable,
Balayé du tremento soufflé, indomptable
Sur ma peau métissée,  de désespoir, enduit.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020