VENIT MANE ET RENSCI ?
Venez naître en l'aurore !
Sous l'arcade de ma closerie,
Vous verrez le profil des muses,
Au votre pareil, sans cautèle, ni ruse,
La beauté de l'éveil sans rouerie !
De l'âme nouée de componctions,
Déliée de brûlures, sans diablerie,
S’efface l'inexacte vertu ; marri,
Le cœur perd du vœu, l’accrétion.
Distraites, s'entrelacent les heures,
S'accotent les minutes du devenir,
Mes soupirs brident de l’avenir,
L'espoir dont s'approprie la peur.
En ces muances ointes de charité,
J’élude les répressives chartes ;
Les pollicitations qu'on écarte,
Désœuvrées, bercées d'impiété,
Dont la commisération annihile
Charisme, ascendance probable ;
Je vous veux, en l’ouate palpable,
Sultane de harem, odalisque docile,
Penchée sur ma peau métissée
Au sofa d’hyménées… repue
De caresses, assouvie, rompue
D’anguleuses fibres plissées.
De nos larmes, percent des gangues,
D’atrophiques perles sans saveur ;
Me voilà ! Des ductiles ferveurs,
Prêt à tirer le cordon trop exsangue.
Je décèle des brumes, le collier !
De votre réticence, évincerai
Toute l'opacité, puis, aux marées,
Les grondeuses averses liées
Aux bruines de l'automne fardé
De vents, de hideuses tempêtes !
Il faudra de vos mises d'arpette,
Délaisser ouvrage, voir darder
Des spires, les rais désaccordés :
Pirouettes du sol amodiable,
Décrispé, en l'irrémédiable,
Dont nos pas sont cardés.
J'ai des jardins, des prés astrés,
Palmeraies, où l’aube s'effiloche
Au bleu matin dénervé d'encoches
Sans interstices, défenestré
De bourrasques, de maelströms :
Rixes d’une nature blessée,
Outrée en la vacance des saucées
Aux ponts de solitude; l'homme
Aux trombes de désespérance,
Cherche main, salutaire appui ;
Ne trouve à sa porte, fermée depuis,
Qu’un spectre cosmétiqué d'offenses.
Loin de tout, apaiserai de la soif,
L'urgence ; griserai de vos lèvres,
Le vermillon dont les mots mièvres
Entenaillent le verbe qui décoiffe.
Il est temps, Héloïse, très chère,
De jouir des luttes d'arbalétrier
Vainqueur de noises ; du destrier,
J'aperçois des terres en jachère,
Se paître, en de douteux hivers,
L'angoisse au vase d'oblation,
La coupe avide d'ovations,
Évertuée à béer les nuits à découvert.



