PODESTATS SINE TESTANS PLUMA COMMENTUM
Podestats sans panache
_Réquisitoire_
Vous êtes, à nulle autre évidence,
Ceux dont on se fie, sans mal…
Vos atomes servent la loi suboptimale ;
On vous a fait archonte d'apparence,
Dressant de faux réquisitoires, hélas !
Dilatoires pompes, cavillations,
Arguties flouées de prétention,
Gorgeant la plèbe, d’emphase.
Je vous regarde flatter des mots,
Sans en rougir, le langage trompeur,
Farder du texte, l'idiome dopeur,
Ce brocard en clenche de fermaux.
A votre art désuet, s'accrochent
Rogatons du slang à découvert…
D'aucuns prétendent, insincères,
Qu’il trouble en son approche.
Il faut du temps, sans finasseries,
Délier du style, éphémère gloriole…
L'aplomb prouvera le beau rôle,
Pour encor convertir la musarderie.
Suis-je, en ces molles casaques,
Ces hoquetons de paysan blessé
L’orgueilleux empuanti, trépassé
D'un columbarium, d’un cloaque ?!
Que nenni ! J'installe seul, au faîte
Des révoltes, armistice, violant
Des promulgations, l'hyperbole voilant
De l'intrigue, la trame contrefaite.
Suis-je asservi aux règles mutantes,
Greffier pour tristes repentis ?
Dois-je comme eux, nier avoir menti
Sans mal aux volages bacchantes ?
N’ai, loin s'en faut, l'impudence du fat,
Maltôtier poussant large bedaine…
Suis de ceux qui exècrent fredaines,
Au dénouement boudé du califat.
Mandez-moi au consortium des lâches !
Nierai du Moralia de
Plutarque,
Le stoïcisme ! Saurai bander l'arc,
Atteindre la cible où se cache
En silène, le poussif rigaudon
D'une cour blessée; je n'ai rien, rien,
Du prétentieux niant l’abélien,
Ventripotent dénervé du pardon,
J’accède, sans longer l’abord
Des nuits cendrées de songes,
Les pires aléas, les mensonges
Étrécis à vue d'œil, virés à bâbord
De galiotes émargées d'outre-lieu ;
Je solennise de mes pleurs, l'émoi,
Le tourment ; que ne serais-je moi,
En cet obscurantisme ! Oublieux
Du cœur réfractaire ; s'y égoutte
En haillons, mon double buté,
Sous lambeaux de l’ego bluté :
Impénétrable mue de déroute.
Ne peut m'asservir, l'être de bon aloi !
La femme sur quille, au baldaquin,
Posera ensellure… en habit d'arlequin,
Viendrai à son tertre pubien ; l'exploit
Adoucira ma mine… sans goutter
A l'aréole de son sein qui éclate,
Quand, repue, balèvre ruinée, plate,
Viendrai boira son nectar velouté...
Est-ce ainsi que l'homme, ce Judas,
Voulait jadis, lier ma superbe
Au pal de l'hédonisme ? Acerbe,
Il piétina l’enfance, en rida
La somnolence, le coma douteux.
Non, ne me point tairai ! Parlerai,
Sans restreinte ; sans crainte, oserai
Du palimpseste, nouer le loqueteux,
Réfractaire aux jougs protocolaires ;
Ferai l'amour, grisé de foucades,
Ivre de vexantes toquades
D'une peau à la mienne pareille;
l'air
De ma plume, est un souffle léger,
Brise marine, air alizéen… un éther ;
C'est ma chair déliée de mystères ;
Les excès ne l'en peuvent alléger.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2020

