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mardi 14 avril 2020

O FACTUM EST INDICA MIHI

O FACTUM EST INDICA MIHI
O dîtes-le moi !

Pourriez-vous des sentes, béer passage,
Niveler de l'escarpe, le sombre talus ?
Voit-on de l'allée, l’ombre vermoulue ;
D’où fusent des bruines de nuage ?

N'ai en ces heurts d'idéologue,
Que ripopées de questeurs bornés,
Accessoires de rimailleurs mort-nés
De livresques couplets d'apologue.

Viendrai m'asseoir en décembre gelé,
Quand l’arbre boira du sol piétiné,
La tellurique lie, la sève malmenée
De congères, sa blanchâtre coulée.


Délacé des saisons enfuies,
Bouderai des amours, en l'hiver,
Les béantes plaies, leur revers
Maculant le col de mes nuits.

Les fleurs faneront sous le froid,
Privées de sépale, foliole, calice…
Se refermeront, quand y glisse,
La rosée décembrale, sous beffroi.

Dîtes-moi si l'automne à venir,
Boudera du temps, l'ultime ventée !
Y verrais-je encor, au bel été,
Ailes déployées, l'oiseau bleu retenir

Des cycles, la mesure ? Puis-je rire,
Me gausser des vaines passions ?
Là, la voûte, sans ostentation,
Pleure-t-elle, sans crainte d'en rougir ?


Que j'oie des troubles, le courroux,
S'aurai m'en prémunir ! La mort dessine
D'un habile fusain, l’humeur assassine
Dont Vivaldi, au clavecin, enroue

La bonhomie, pour, seul, en délier,
A l’aube, hanche d'inharmonie
Aux lourdes récessions de phonie
Parachevant l'inexact palier.

Dîtes-moi si les roses de l'exil,
Encloîtrent de fragrances, les mots,
De mon verbe, ses désirs optimaux
De séducteur en escale sur l’île !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020