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mercredi 22 avril 2020

APUD*


APUD*
Avec

Avec tes yeux fardés, regard flou,
Ta bouche sevrée de promesses ;
Avec ton cœur encagé de détresse,
Ton âme que les rites renflouent,

Pour préambule, l'escobarderie:
Prolégomènes, sophisme obstiné,
Subtil exorde que semble butiner,
L’auditeur séduit, bercé de hâblerie,

Tu domptes tes amants d’un soir

Avec un corps gravé au porphyre
D'un palais ruiné, un castel mité
Où les chiennes au verbe éventé,
Promènent langage, sans suffire

Au noble style dont l’attrait
Invective parfois, l’ouïe blême
Du réquisitoire, d’éteindre dilemme,
Face à la gent passablement outrée,

Tu fascines l’hôte de ton baldaquin

Hanches pleines, peau nue,
Cuisses ornées, galbe harmonieux
A nul autre pareil… harminieux,
Le satin de tes bas, sans retenue,

Crispe le damoiseau enfiévré, fébrile…

De musicales feintes, ton libertinage
Effeuille, inconscient, l’impudence ;
Ton sein, que mord en discordance,
Le soupirant hissé au bastingage

De ta gorge enflée de soupirs,
Amplifiée de tumultes forclos,
Déboute du désir dont, enclos,
S’effiloche le rêve, sans assoupir

L’onirisme pavant de désespoir,
L’interminable allée du vice aliéné…
Avec tant d’artifices mort-nés,
De palliatifs placés en égrappoir,

Empreints d'ivresses ; l’orgueil,
L’autosuffisance, la folie de l’ego,
Embrument tes promesses-lego
Effondrées de ta chair en deuil,

Ce cuir craquelé, par trop blessé
Qui, de la sénescence, aspire encor
Le tissu mou, au bâti de ce corps
Dont ton grime modèle resucée,

Tu retouches du temps, l’entremise…  

De la plume, j’écartèle des mots,
L’étrange dissonance; je m’en veux
De trahir des réserves, le vœu
Fait à mon double-gémeau
De stupide animal au babil baveux
Semblable aux coulages hiémaux.

De vous avoir aimé, mesdames…
Vous avoir cru en d’autres lieux,
Passif échevin, à quelques lieues
Du possible, ai à même macadam,
Tallé de vos empreintes... mon drame (!)
L’inélégant tuteur du cœur oublieux.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020