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mardi 14 janvier 2020

LEVA PLANCTUM BALADIN*


LEVA PLANCTUM BALADIN*
Ironique baladin

Que n'êtes-vous, sauvage, à ma litière
Arrimée… mutine, en de suaves moues,
Accusez audace, trompant de vains remous,
Les caprices butés de vos œuvres altières !

Conquis, en ces humeurs dociles, votre rire
Humanise de vos larmes salées, l'itératif débit ;
Engoncé au fourreau du mal qui m'estourbit,
Je suffoque, écrasé d'inquiétude, pour du pire,

Éteindre le pyrrhonisme dont l'ambition peaufine
En de fallacieux rites, la subtile obédience.
Espiègle dryade, faites montre de patience
Quant aux miens besoins ! Ai-je de joutes fines,

Altéré de l'attente vôtre, les rudes gémonies ?
Devrais-je m'en repentir, moi_ inutile taxon,
Pasquin de cour, pitre au teint arcanson,
Dont la gent affectueuse semble faire déni ?


Enfiévrés de contradictions, ai des nuits,
Amplifié l'âpre opacité, inversant des veilles
Piégées de narcoses, les volutes vermeilles
Pleinement dissoutes du captieux ennui.

Vous fardez, ce me semble, au revers de l'aplomb
Rivé aux spoliations, généreuse mansuétude…
J'aime à ce directoire, délié d'inquiétude,
Paraître en homme libre délesté du plomb

De sombres incartades, pour déployer rémiges,
M'envoler hors l'enclos où, repus de farrago,
S'alourdissent les buses leurrées de plagaux,
Les bondrées égarées sous de nobles vestiges.


Si j'ai du matassin, emprunté guenilles, singer
Du turlupin, minaudières esbroufes, ai aussi,
Du galant gentilhomme, peu à peu, adouci
Gutturale phonation, sans blesser, ni piéger

Du vulgum pecus attentif aux rimes abstraites,
La feinte naïveté, ou du gourdiflot de cités,
La jobarderie dont s'enquiert le fat plébiscité
De foules estropiées d'esclandres indiscrètes.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




dimanche 12 janvier 2020

DRIFTS CAPTIONEM*


DRIFTS  CAPTIONEM*
Le piège des dérives


Je suis de nulle-part, mes fièvres sont d’ailleurs ;
J’escalade les ruches d’éphémères abeilles
Butinant de mon nard_ moi, de leurs fleurs,
Les sucs de convenance à l'arôme vermeil.

Piégé du ressac de l’onde sans tumulte ;
Vidé de turgescence, las, je m’époumone
Hurlant à la lune, tel celui dont le culte
Affadit de sa foi les rites monotones.

Je croyais miennes, les lubies attractives,
Des filles nues de mes primes audaces
Elles ont du patois aux saveurs olfactives,
Agressé le tissu… que faut-il que j’y fasse ?


Hors des routes, j’atteins du noir intense,
La laideur du plaisir piégé de déraison ;
Devrais-je jouir du mal en sa paissance,
Paver son deuil, d’étranges oraisons ?

J’ai fait le tour des terres sans enclaves,
Ces pôles désorbités du sordide cosmos ;
La chienne, en l’aube, s’y étire, puis bave
Une putride lie, quand son corps se désosse.

Me voilà sur la mer au milieu de corsaires,
De pirates meurtris d'inutiles rumeurs ;
Ils se veulent estourbir sous l’estuaire
Où la lame s'éveille, se déchaîne... et meurt.



Dans un square,en décembre, sur un banc,
Deux profils simiesques, meurtris de solitude,
M’interpellent… j’avance sous les flocons blancs
D'une neige drapant les chemins rudes,

Pour ne plus revenir au seuil de ces matins
Assombris de jours gris, de cycles incertains.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

BRISKET SUBURBIUM*


BRISKET SUBURBIUM*
Tendron de faubourg

Désuètes ritournelles, immuable contenance,
Elle avait des portraits d'Angelica Kauffman,  
La douceur qui, de l'homochromie, piane-piane
Le sujet délacé du fusain, sans autre réticence.

Elle rythmait d'élégance passive, sa toilette,
Adoucissant du geste, en de rétives touches,
Les formelles instances ; du pulpeux de sa bouche,
S'animait sourire, qu'aux messes, sous voilette,

D'itératives coulpes formataient la finesse ;
Chaisière d'imprécatoires laudes, de complies,
Accusait des malsaines pensées, en repli,
La componction, pinçant de la détresse,

L'insupportable affect en pointes de claymore
Sur le cœur nu, piégé d'autophilie…
Dentelles, organdi faisaient de coupables délits
Dont elle se croyait ceinte, accessoires de mort,

Ustensiles de péché… concomitants marasmes ;
Les serves en étrillent la turgide algarade_
Délétères piques de matrones maussades,
Inhibées, en quête de jouissances, d'orgasme.  


Rosière du parcours où s'essoufflent les chattes,
Faisait fi du regard des bigots de confesse,
Sa foi en ce monde cruel, faisait serrer les fesses
Aux madones bouffies enivrées de Vulgate.

Qui la veut hisser au pal d'âmes déchues,
Nimber de jésuitiques thrènes de funérailles,
Sa superbe ? Lui perforer du col, aux entrailles,
Le scintillant feldspath, de ses palmes fourchues ?  

D'altière plume de poète sans trône, j'évincerai
Du mal qui la régit, les huées... en déclamateur,
Sans troubler du mépris, l'infantile candeur,
Poserai couronne à l'ingénuité prise à mon ableret.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020




samedi 11 janvier 2020

AER PILO TUNSUM*



                          AER PILO TUNSUM*
                    Aériens flocons


Neige sur vendredi, en nos hivers précoces,
A l'heure où marchands, anonymes ripeurs,
Sous d'épaisses pelisses,  évincent la torpeur,
S'activent sur la place, prêts à tenir négoce.

Il neige sur l'échalier, à l'orée d'un grand bois ;
Les daines quittent refuge, les orvets en fuite,
Abandonnent l'enclave leur servant de guérite ;
Demeurent, le minotier, l'agrarien aux abois.

De ces placides chues, ces hivernales pointes,
S'éloignent vers de lointains blizzards,
D'ultimes humeurs ; d'aucuns_ est-ce bizarre ?
Les engobent de nos bruines disjointes.

Neige des grèges coulées, de souverains sanglots,
Sur la plaine endormie, au faîte de l'arbre vert ;
Mon regard étoile ces hiémaux revers,
En gélifie les frimas spoliés de grelots.

Au clair de ces chemins déliés de verdure,
Ces routes étrécies_ inutiles sentes, je vois
S'esbaudir la riche poudreuse sur la voie,
La joyeuse faune dont les vents font parure.


En de secrètes rondes, les bruyantes bécasses
Font festin de fruits éclatés, mortes graminées ;
En sarabande, frôlant les cheminées,
Le fuligule milouin, le tarin des aulnes, qu'effacent

D'ouateuses brumes: vaporeuse nébulosité…
Le temps balaie des ombres, la ligne
Retenue aux filins de l'éther... le cygne
S'en éloigne, puis… en l'aube feutrée, des cités

Accapare des berges poudrées, le pourtour ;
Son ami, le col vert, en des ballets d'invite,
L'entraîne sur les flots ; quoique complices, s'évitent
Au soir où naissent des brises, sans détours,

D'inflexibles remous ; l'écluse tait du tumulte,
Les lourdaudes péniches emplies à ras-bord,
De vins, de victuailles, conglobés à tribord,
Chavirés à bâbord… quand on les catapulte.


Heureux, en ma léthargie, j'agrémente de songes,
Les nocturnes escales ; ai, pour me dérider,
Donné ton au silence _ et pour l'en débrider,
Dénoué des saisons, la glaireuse axonge.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 10 janvier 2020

SUPERBUS REGINAE SEPTINGENTAE*


SUPERBUS REGINAE SEPTINGENTAE*
Altières infantes

Voyez ces princesses au jardin d'Ophélie,
Ces filles en drapés dont la ganse enjolive
De satines dorures, l'allure appréciative:
Tenue aux chatoyantes boucles de friselis !

Il me semble les voir depuis toujours ;
Auraient-elles de mes contes livresques,
En la munificence de joutes chevaleresques,
Ma bohème, dessillé l'aube, à contre-jour ?

Elles grandissent, avant de s'envoler
Vers d'autres citadelles; de leurs larmes floutées,
S'écoulent des envies, dont ne peuvent douter
Les damoiseaux séduits ; d'orgueil… auréolés.

Elles bâtissent du seuil de rêves étroits,
D'immenses forteresses… puis s'écroulent
Au fuligineux tertre du temps qui s'écoule,
Sans donner aux fièvres de réels passe-droits.

De leurs vingt ans fragiles, aux mornes cycles,
S'enrouent les froides brumes de frustration ;
Elles savent nous séduire, puis, des tentations,
Écalent avec pudeur, la pulpe de bernicle.

Pâmés en ces désordres où le désir implose,
Nous regardons mûrir hors des fines nuances,
La replète turgide de femmes sans constance ;
Elles envient des filles, les gracieuses pauses.


Placent alors, en rebelles, au faîte de nos joies,
Mille et une contraintes, moult coactions,
Blessant de l'être profond, par ostentation,
La fragile réplique qui, en l'âme, rougeoie.

Mais l'infante sourit aux folles impérities
Décrispe des déshérences, la honte d'intestat,
Calme des gerçures de notre triste état,
Les profondes ridules encloîtrées d'inertie.

Il me souvient des nuits d'euphorie solitaire,
Où d'une farouche main, je donnais à ma peau
Assoiffée de masturbatoires postures, le tempo
De luttes défroissées, enivrées de l'éther

De mondes fantasques, en ce pandémonium_
Aux méphitiques relents d'onanisme ;
Que n'aurais-je voulu en ces flous d'animisme,
Éteindre du martyr, au son de l'harmonium,

Des roides brûlures, les escarres nécrosées ;
La chair en empaquette en de noires marbrures,
Les pores nigricans ! Ai, violenté de blessures,
De l'issue fatale, emprunté; que ne l'aurais-je osé !


Le trompeur goulet, et sans craindre jamais
D'atermoyer avec style, panache, devant la gent
Courtisanesque…  si j'avais de l'amour, l'allégeant
A l'imaginative, aurais sans nul doute, armé

De ma superbe, l'égide du triomphateur ;
L'infante, à mes pieds, d'une dolente lyre,
En muséale Euterpe, bercerait sans faiblir,
L'insomnie de mes lunes de faux migrateur.


   
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 9 janvier 2020

VIX EIS*


VIX EIS*
Ourlet de cicatrices

Il évoquait ton nom, décrivait tes humeurs,
Tes rengaines… puis, à sa dernière heure,
Confessait sans sourire, cette étrange pâleur
Dont la peau absorbait l'insipide fadeur.

De la lente agonie, aux virtuelles sensations,
S'éteignaient peu à peu, les mornes pulsions ;
Peuplé de folles rondes, de récréations,
Son cœur, du passé, déliait les passions.


Il se souvînt, qu'assise dans l'herbe folle,
Tu nouais des bouquets l'étrange auréole_
Parhélie, brefs éclats, reflets de lucioles:
Enchanteresses spires posées en alvéoles.

Je souffrais en silence de vos conciliabules,
Votre complicité, quand, au soir, déambulent
Les mots donnant ton aux clausules
Enchâssées aux rimes sevrées de préambule.


Sur ta peau de lascive amante, d'égérie,
Nagent en des matins cuivrés, les tons de féerie,
Harmonieux pigments dont le vieil ahuri
Absorbe sans retenue, la fantasmagorie.

Je voudrais en l'absence de vos désirs fanés,
Retoucher des rides, les cicatricules_ tanner
Du licol en ce harnachement, et sans le profaner,
Le pastel ; le rehausser d'un lavis buriné.


                                  Hélas! 


Sous l'arceau de tes jambes, s'allument
Les feux du plaisir que nos rêves assument,
Les vêtant d'ascétisme… à l'aube, ils enfument
De nos soifs, la pépie encloîtrée d'amertume.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 8 janvier 2020

LUBINS FUERIS EXPLETAS*

LUBINS FUERIS EXPLETAS*
Insatiables Lubin(s)

Offrez-leur des avions, appontez des bateaux !
Qu'ils aient emplies de victuailles, navires,
Aérodynes, et autres charters… aussitôt,
Qu'ils embarqueront, et si les vents chavirent,


Renieront des flots comme des airs_ constants,
Cette Divine Grâce, Ce Vrai Don du Ciel !
Regardez-les se repaître de stupre, s'accotant,
Alourdis de ripaille, d'opium, d'artificiel !

Ils torturent la couche où leur profil grimé
S'arc-boute, se froisse, aux apathiques lunes ;
N'ont, en ces dévoiements de reîtres désarmés,
D'attentes possibles… dolente infortune !


Quand fondent en reptation, les vipères_
Cérastes d'outre-lieu, troquent sans attritions,
L'anatomie de l'ego ventru ; puis, du repaire
Blindant les fous, font montre de contrition,

Solennisent l'ivresse du noceur, l'alacrité
D'amants grisés d'éthylique brandevin,
Empuantis de bistouille, de schnick éventés ;
Ils rivent à la haine, roidis en taste-vin,

La trame de la déconvenue… ils sont mous,
Larvaires, misérables… n'ont de la vie,
En de piètres mesures, ni frissons, ni remous ;
Étranglés, s'asphyxient au cœur du long parvis

Maculé du sang de dévotes empreintes ;
Ils tournent de l'œil, aux fugaces matines ;
Un cureton hardi, lesté de mille plaintes,
S'avance, et, d'onction_ patiemment, tartine

Ces olibrius, ces rigaudons de cour ;
Les voilà fin prêt… leur doublure de loup
Échauffe de la dégaine, en ce labile parcours,
Le miteux bâti_ miséreuse poche qu'enclouent

Les rides du corps étiolé, molle exuvie
De gamètes en chue… pauvres hères !
Vous aurez beau dire: _ rythmez de votre vie,
La cadence certaine ! De fiel, de propos délétères,

Ennuageront l'ordalie informelle, brouilleront
Des ondes, l'abstraite péréquation… infatués,
En un fin délayage, cosmétiqueront
L'expressive sémiotique… avant de la huer.

Laissez-les avancer aux portes du Shéol ! Seuls,
Affranchis des lois souveraines, unifiés
En l'étrange, ils pourront s'ajuster au linceul
Drapant d'inconfort le vice magnifié.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020