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jeudi 14 novembre 2019

UNDAM INTERPELLAVERIT*

UNDAM INTERPELLAVERIT*
Ondoiement

Flottent en mon cœur en un jour de douleurs,
Mots inadéquats et sentences livresques,
Jours fanés, pleurs, homélies grotesques
Semblables à la harangue d'horribles sermonneurs.

Débordent de mon mal, rivières de larmes,
Chutes torrentielles de fleuves inhibitifs
Enflant encor de mes sourires furtifs,
L'émotion drapée d'un mécanique charme.


Il gronde en mon sommeil, de nuisibles orages,
Diluvienne drache emperlée d'impudeur ;
Au soir, elle cacarde sur l'exsangue  candeur
De mon profil amorphe de disciple sans âge.

Sous la pulvérulence des chagrins d'enfant,
Le temps vient en ressac, cogner à des lubies
Confortées par l'aisance de joies ébaubies
Stimulées de rires dont l'âme se défend.


Sur les ruines d'un temps à peine consommé,
Chutent des pluies d'orage essartées de la nue,
Hyalines gangues d'un Ciel si méconnu,
Qu'il faille_ pour l'atteindre, la puissance d'aimer.

Entre les insomnies engainées aux fuites,
L'agrypnie du froid somnambulisme,
Dérive de mon double flagellé d'ascétisme,
Au bâti de servant dont la peau déconstruite

Aimante à escient, la revêche charpente…
Je me laisse couler, sans me jamais résoudre
A fuir les ultimes semonces de la foudre,
La colère des lois que le malheur enfante.


Je vois pâlir les feux de la prime jeunesse
Au halo de victoires en l'excuse du paraître ;
N'est d'autre découple, en l'armure de reître,
Que la lourde fronce de mes loques épaisses.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 13 novembre 2019

DIAPHANUM EST SUBTRIBUTO*


DIAPHANUM EST SUBTRIBUTO*
Diaphane affluent


Coule, coule, rivière de l'enfance,
Toi, ma prime jeunesse, mon sublime bassin,
Doux ruisseau au canal abyssin,
Dont la gargue refoule les chutes d'abondance !

Apaise mes humeurs d'infidèle pèlerin,
Mes troubles de starets épuisé, sans espoir !
Je me vois dériver hors de l'agenouilloir
Du triste sycophante qu'absout le pérégrin.

Émissaire de mes tendres années, diaphane ravine,
Je viens m'abreuver en des soirs d'indigence,
Avant du long douzil, aspirer en confiance,
En ta claire coulure, cachée sous l'agneline,

Le flux de ta cuvette éventrée en l'aurore_
Translucide abondance de perles, de cailloux
Roulant sous le limon du généreux bayou
Et qu'inondent les bruines en de poussifs accords.



Farouche aquamanile,  en tes froides musiques,
S'évaporent les rêves de mes printemps figés,
Les songes dénudés de mes nuits affligées…
Dois-je abolir du temps, la nuisible rythmique,

Pincer de la viole, les sulfureux accords, pour en faire
Bouquet de remembrance, à l'heure où le badaud
Dépare du repos manifeste, l'encombrant  fardeau
Accusant du passé, en ses vicissitudes, cet enfer

Où s'agitent de trompeurs ectoplasmes_
Poussiéreux  spectres de telluriques mânes
Chues avant d'être poussières d'organes
Repus de l'ego manifeste enjôlé de spasmes ?


Rivière miroitant au soleil d'outre-lieu,
Lagune serpentant entre les grises loches,
Tu me fais, avant de m'étourdir, reproches
De n'être aux sillons de ta moire, les yeux

Qui te contemplent, te dévêtent des brumes
Passablement floutées d'équinoxes précaires,
De l'ouate des matins dont le plâtreux calcaire
Affadit des flots harmonieux, sans écumes,

La sauvage frisure, quand s'en vient gondoler
La ventée de novembre cloquée de clapotis
Aux tièdes égouttures, et qui, de l'appentis,
Clarifie le grossier muret… avant de l'isoler.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




dimanche 10 novembre 2019

INEDIBLE LIGAT*



INEDIBLE LIGAT*
Inconsommable lie

Poseriez-vous jalons aux salutaires actes ?
Ouvririez-vous la boîte de pandore…vous,
Dont les crises s'apparentent aux pactes
De conventions ? Qui, céans, se dévoue

A votre vilenie de jouissif autocrate ? Qui,
En ces subterfuges, ces obliquités, défient
De vos ambages, en de denses maquis,
Les rustres aliénés dont les âmes font fi ?

De l'anfractuosité de vos égarements, aux fiefs
Érigés hors cette pénéplaine, ne poussent _
Je le crains _ que d'avariantes greffes
Isolées du confort que l'intellect repousse.



Les hommes vous encensent en de folles cuvées
Semblables aux agapes de Bacchus, l'orgiaque ;
Amputent de l'abordable, en deçà des travées
Piégeant l'amphithéâtre, le majestueux abaque.

On y voit_ en des soirs d'illusoires promesses,
De molles silhouettes assujetties aux rites
Du cérémonial ; y tonnent, bronzes de kermesse,
Clarines de faux bétail noyé sous la gunite

D'édifices dont la plèbe fautive inonde
D'hypocrites larmes, le majestueux parvis…
On aperçoit, en de brumeux matins, l'immonde
De margaille, la déviergée… ravies

D'être des dionysies, indispensables maillons,
Des fastueuses laudes, impérieux légats
S'y venant compromettre, attifés de haillons
Accrochés au raglan de curés-renégats.


Vous boirez à la lie, le vin de vos débauches,
Sifflerez du nectar des succubes, l'âcreté !
Puis, irez rejoindre l'exuvie de vos proches ;
L'enfer vous saluera… chatonné d'âpreté.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

vendredi 8 novembre 2019

LINTEAS VENTUS*


LINTEAS VENTUS*
Voiles au vent

Déchirant le silence des flots, la birème
Avançait, le ventre chargé d’or, de victuailles,
Lui lestant un peu plus les entrailles,
De trésors, de somptueux diadèmes.

Le magistral souffle des mers démontées
Se perdait sous la houle de l'étrange galère
Piégée des fonds, des crevasses enflées d’air ;
S’y mouvaient les cauris aux reflets argentés.



Claquaient aux vents salés, les voiles du gréement ;
Soulevaient l’azur au lointain Miquelon
Traçaient sous les frisures avec un bel aplomb,
Un horizon de feu, plus riche… évidemment.

La peur embrigadait les hommes,
Ces fidèles marins aux muscles d’aciers ;
S’en venait la tempête voulant émacier
Les éléments, ces trombes qui assomment ;

L’imprudent défiait les marées, l’orgueilleux,
Lui, affrontait des cyclones, la rage destructrice.
Accroché au hunier, le moussaillon heureux
S'apprêtait à combattre la masse prédatrice

Des fléaux maritimes... rougissait de plaisir,
A l’idée de toucher en sa pulvérulence,
L’océan déchaîné, repu des violences...
L'écume s'émoussait du rostre, pour enfin gésir.


Un homme à la mer_ s’écria le vieux capitaine ;
L’enfant blafard, en la matrice de l’eau,
Acheva son voyage… l'œil torve, le regard pâlot,
Dans l’abîme où les courants l’entraînent.

Un lourd silence empesa l’atmosphère… ici-bas
Les ténèbres endeuillent de l’absence, le vide
Remorqué de l’âme, en l’aube humide,
Dénervée des matins au noduleux rabat.

Perdus dans le brouillard adorné d’impudeur,
Des pères de famille œuvrent avec constance,
Puis, se laissent mourir au rythme des cadences
De maupiteux déluges dévoilant leur humeur.



Du sang de ma plume, je trouble l’anagnoste,
Enjugue la raison, d'un style déclamatoire
Dissolvant pour la forme, le slang ostentatoire
Dupant le pisse-copy… en dois-je attendre riposte ?

Aussi, pour poser d’emphatiques barrières
Aux contes maritimes, ces folles hâbleries,
Ai fardé de mon style, l'ignoble afféterie
Dont s’empanachent les fables altières

Au graveleux son de musiques barbares,
Au langage sodé de sirènes vaincues,
Sans écailles... se peut-il de ces cycles vécus,
Que les carènes soient de sinistres gabares ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019





jeudi 7 novembre 2019

FALLAX EBRIETATEM*


FALLAX EBRIETATEM*
Trompeuses ivresses

Et puis… ai fait de mes terres conquises,
Un réceptacle au bonheur permanent
D'où chavirent les rêves débordés de la lise
Du sommeil d'enfants aux rites aliénants.

Puis… me suis reposé au centre d'un ailleurs ;
Y cacardait en un sabir moqueur, l'agouant
Dont l'agueusie malmène du railleur,
L'éloquence primaire, tout en la déjouant.


Me suis grisé, à tort_ du parfum des sultanes,
D'obsédantes fragrances, du musc désenchanté ;
Le profil de ce double que les souvenirs tannent
Échappe à ces inordations qui nous semblent hanter.

De folles entropies, j'eusse aimé, par principes,
Me défaire avec grâce, puisque piégé, sans mal,
De l'éréthisme cru dont les vapeurs dissipent
Du derme dénervé, toute l'ardeur animale.

Et puis… des ritournelles animées de Florence,
Aux suaves tarentelles des salons de Vérone,
Me suis laissé drosser, certes, sans manigances,
De replètes marquises, ou d'habiles amazones.


Les fenêtres bâillaient en ces glauques tierces,
Éventaient de mon être dupé de discordances,
Le malléable box-calf… l'angoisse le transperce
Au noir de mortes nuits épurées d'insolences.

Et puis… s'éteignent les riches flamboiements
De la coruscation… me voilà seul, endeuillé
D'amertume, à deux lieues de ce beau firmament
Irradié de promesses, peu à peu effeuillées.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

mercredi 6 novembre 2019

URBE TENUIUM VITRI LAMELLARUM*


URBE TENUIUM VITRI LAMELLARUM*
Ville de verre

J'aime aux soirs de novembre, avec mélancolie,
Ouïr les vents d'automne, les bises glaciales
S'agrippant aux branches ; peu à peu, s'y délient
Les rumeurs de la ville, les lueurs sidérales.

Des bistrots enfumés, montent d'étranges vapeurs,
De grisâtres volutes de pétun bon marché,
Empaumées aux moiteurs du lourd percolateur
Posé près du miroir aux teintes amochées.

Dans la ville de verre, se prélassent la nuit,
De furtives silhouettes, d'obscurs profils ridés
D'amants désabusés qui aux lunes, fuient
Les longues avenues, l'asphalte dessoudé

De pas désaccordés de ces grands boulevards
Où se heurtent au matin, les noceurs fatigués,
Les reines détrônées d'un théâtre bavard,
Épuisées, vaincues, se laissent élaguer

De mains sans retenue, fièrement émonder
D'hommes rencontrés à l'orée d'un vieux parc,
D'un séquoia dressé pour obombrer l'ondée
Déversant ses humeurs que le zéphyr emparque.


Dans la ville de verre, quand s'enroue le clairon
Du modeste orphéon épuisé de contraintes,
Les aubades caressent de l'aube, l'aileron
Déployée sous l'arche d'inépuisables plaintes

Soufflées de cérémonieux couples, épanouis
Sur la berge glissante d'un Paris estropié, blessé,
Et que souillent aux aurores, lâchement enfouies
Sous de vétustes porches, les ombres oppressées.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019