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lundi 4 novembre 2019

NON ILOS, QUI PRAVIS*


NON ILOS, QUI PRAVIS*
Ces dieux qui n'en sont pas

Chassés du mont Olympe, vexés en ces malaises,
Les voilà, éteints sur ce pinacle où les dieux
Sont des sources taries, boutées à dix lieues
Du contrefort jouxtant la plus haute falaise

De l'âme dégarnie dont les funestes brèches
Sertissent la psyché dont les reflets maculent
Les vierges de Lysimaque, et qu'adulent
Parménion et Attale, en défenseurs revêches !  

Ils marchent sur les braises d'un feu équarri,
Piétinent des gris layons, la gorge étrécie, avant
De s'affaisser sur l'halitueuse sente… bavant
D'imprécatoires maximes, le regard ahuri.


Jadis, ils sermonnaient sur de rudes travées,
Influençaient les sectateurs bouffis, suppôts
De l'archange déchu… ces disciples sans peau,
Ectoplasmes figés, hellénistes réprouvés,

Dont le Tintoret, Jacopo Comin retouche la superbe,
Égratigne l'aura, de couleurs abstraites, irréelles
Comme en ce monumental veau d'or_ cruelle
Enluminure commentée d'un soliloque terbe.


Sont-ce là, les dieux de l'amphictyonie,
Démiurges de Colophon, célicoles d'Honorius ?
Ces larvaires dépouilles de l'antique Egée, aux us
Réprimés de l'aède d'antan ; sont désormais honnis,

Voués à l'exécration… ne les relevez, pour en faire
Sculptures de retable… ex voto sous coupole !
Ils n'ont rien de divin, même s'ils mendient obole,
Déguisés en gueux aux portes de l'enfer.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

samedi 2 novembre 2019

TRISTIS IDEAS*


TRISTIS IDEAS*
Mélancoliques ides

L'automne a dénudé des forêts d'outre-lieu,
Les allées où abondent les pas du solitaire ;
Il a déraciné de nos plus belles terres,
Le précieux bourgeon ridé en son milieu.

L'automne a fait pleurer sur l'épaule du temps,
Les dernières rosées, les diaphanes gangues
Clarifiant du matin, la brumaille exsangue,
Soulevée des nuits, quand l'astre voile l'étang.

J'ai vu dans son miroir, aux revêches saisons,
Mourir les lendemains sevrés de renaissance,
Sombrer les boréales privées de radiance,
Aux jours estropiés de moites lunaisons.


L'automne a converti des solstices d'hier,
Les lointains hémisphères, transmuter les calottes
Gélifiées en l'espace noueux, les tendres psalliotes
Aux volves racornies, poudrées de précoces hivers.

Je l'écoute gémir du long couloir venteux,
L'entends troubler de disharmonieux râles,
Les ultimes poussées de phonies binaurales
Reprises da capo, de l'aquilon quinteux.

L'automne a effeuillé de mes rêves de gosse,
Les primes incartades, insufflant à ma gourme
De garnement rompu, le cran de la chiourme
De l'étrange galiote que les typhons désossent.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




vendredi 1 novembre 2019

VICTUS SUBLIMES GLORIOSIQUE*


VICTUS SUBLIMES GLORIOSIQUE*
                          Noceurs vaincus


Revêtez de silence, les brèves impromptues !

Dans l’alcool, le bruit de l'irrévérencieux ;

Les mécènes aspirent des trompeuses vertus

Du satiné des muses, le khôl de leurs yeux.



Érodant l’édifice où lézardent les rites,

Les païens édulcorent l'esprit des bonimenteurs ;

Ils placent en servants, sous l’Ether azurite,

Les syncrétiques prêches d’impavides pasteurs.




Des noces de lupan s’entremêlant les pattes,

Au relent de répulsives sargasses,

L’océan engraisse de ses fonds iodés, sa jatte ;

Elle déborde de spumeuses baves, encrasse



Les marins éloignés du vieux port ;

Enivrés d’absinthe, ils arpentent des vagues,

Les frisures ; elles chatouillent du corps,

Chaque muscle ; le vent chaud les élaguent.



Les chiennes d'impasses_  nues, bestiales,

Aguichent les mâles en quête de luxure ;

Ils glissent sous leur jupe, une main radiale,

En électrifient du galbe, l’agressive moulure



Faisant monter la sève du fier silène ;

Il hurle à la lune, puis, déverse sa semence

Sur la peau satinée d'une belle Carmen

En entaille des cuisses, l’hoplite privé de lance.




Drapez d’ironies ceux qui bottent en touche

Les scribes de Thalès, ces fous de la géométrie !

Voyez-les nuancer, quand pleure la Nitouche,

Le delta de la face aux mimiques flétries !



Vous verrez naître des plumes, le talent,

Du langage, le verbe soutenu, admonestant

Le valet de cour s'il avance à pas lent

Sur un vieux catafalque_ la nuit, en tremblotant.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




jeudi 31 octobre 2019

CUM PRIUS NATUS ES MORTUUS*


CUM PRIUS NATUS ES MORTUUS*
Mort avant d'être né

J'ai été un enfant sur les plages souillées
Du malheur et du vice entretenus d'hommes,
De femmes sevrés d'amour ; ai fui, mouillé
De leurs larmes hypocrites, le funeste royaume

Érigé en ces intempérances, ce fief d'apostat
Dont se réclament encor d'austères sycophantes.
Griffé du barbelé des fringants podestats,
Ai, de la communale que le désordre enfante,

Subi des précepteurs de l'étrange primaire,
Brimades et camouflets… puni à tort_ c'est vrai !
Enrubanné de punitions, de semonces sommaires ;
Pauvres semences hybrides, étouffante ivraie !


D'éreinteurs fallacieux_ d'aucuns disent, pervers,
Aux géniteurs aigris, ma vie_ ce cuisant échec,
A vu s'éparpiller les miasmes de contrevair
Dont l'engobe flattait le baume fenugrec.



Famille, mot illusoire lié à d'archaïques lunes
Bavant de leurs quartiers, d'infectes afféteries,
D'ouateuses cuistreries enjôlées d'infortune…
Famille, ne suis plus des vôtres ! Du cœur marri,  

De l'esprit en faillite, me suis désenclavé ;
J'aime à me souvenir des vieilles cavatines,
Ces brèves vocales où se viennent encaver
De la paréidolie, les schèmes de comptines.

Mes pas démesurés furent piégés de vos traces
Pleinement affectées de l'orgueil des farauds ;
Ma silhouette boudée des rétives candaces,
Se laisse dénuder des muses sans héros.

Aux sons de gigantesques cloches, s'évanouissent
Mes rêves… tintinnabulent en mes envies absconses,
Les carillons de bronze, afin que s'épanouisse
De mon double troublé, l'inaltérable fronce.

Si vous voyez couler au caniveau du temps,
Ma dégaine meurtrie, mon corps désarçonné,
Pissez sur ce mortel, bien sûr_ en évitant
De souiller la tunique de son germe mort-né !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




mercredi 30 octobre 2019

QUO MODO RHETORICUS LIGABIS !


QUO MODO RHETORICUS LIGABIS !
Muselez le rhéteur !

Faites-taire les fous de la prime bohème,
Ceux qui, de par les routes, s'en vont traire
Des mamelles, l'indispensable glaire,
Le généreux mucus !… à tous vents, ils sèment.

Encagez les penseurs de la plèbe déchue,
Les tristes paraphrastes de l'académie !
Censeurs anonymes, aristarques soumis
Égrènent de la sémantique, le langage fourchu,

Afin d'en satisfaire la philologie, et de l'érudition,
L'exacte profondeur… muselez-ces théoriciens !
Platon en sa faconde, dévoilait leurs travers ; les siens
Furent pour nous, en ces métonymies, l'instruction

Du sage… peut-être du pamphlétaire délié
De la rhétorique dont se réclament encor,
Le contemplatif, le prosateur buté aux accords
Purgés du raisonnable, entre plein et délié.

Du bas-ventre de l'odalisque, au charisme
De l'encyclopédiste, cheminent des besoins,
De possibles désirs dont l'intellect est oint...
Que la pensée absolve de l'absolutisme,

L'immonde autocratie_  jupitérienne ardeur
Grimant d'un artefact, le silène de cour !…
Ciceron, dont Pompeius Strabo refluait du discours,
La ténébreuse emphase, fouettait de la candeur,

Le pédantisme clos… il assurait prébende
Aux bedonnants cerbères boudés de l'exégèse
Tissée au for de l'être, l'infâme catéchèse:
Rex, quibus catechesis insigni que transcende

La foi, précieuse armure du croyant incivil,
La seule protection du Chrétien… il fait fi
Du sophisme des prévaricateurs, en défie,
Seul, contre le postulat, les joutes les plus viles.


En de vains syllogismes, s'étrangle le logographe,
S'asphyxie l'orateur nimbé de sa superbe… ce matois
En de flous ânonnements, étrille en son patois,
Le slang des questeurs soumis au doxographe.

Muselez, je vous prie, ces laudateurs crispés,
Ces vieux gobe-mouches de cénacles plombés !
Vous ferai ristourne en de belles flambées,
D'une autre prosodie, d'arpèges moins guipés.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019



lundi 28 octobre 2019

MEA DESERTUM*


MEA DESERTUM*

Mon désert



J’aime le désert où sombrent mes désirs,

Je m'enfonce sans crainte dans le sable

Des dunes où serpentent des moulures friables

Aspirées de l'engobe y venant gésir.



L’oasis au matin, fuse de ma torpeur,

S'y lentement tarit… la mort a évasé

Du cylindre des jours prestement délacés

L’aperture roidie émoustillant mes peurs.




J'avance au soir, sans amertume, ni haine,

Sous la phonie de tapageurs manèges ;

S’y rejoignent parfois sur l'immense plaine,

D’équivoques profils ; le simoun les malmène ;



Ils pleurent sous coupole d'un évêché sans âme,

Refoulent allègrement, des sermons moniaux,

Le pompeux syncrétisme de cérémoniaux

Devant lesquels l’autochtone se pâme.


Mon désert est le lit d'amoureuses brisées

Se laissant vaincre en l’aube ouatée

De vains désirs rythmés de rouge cruauté

De chiennes enjôlées de sonores baisers.



Je veux de leurs rêves cendreux, cueillir

Le suggestif en leurs songes ridés, égrapper

La pleine convenance, pour elles, draper

De l’illusoire satin, l'offense, sans faillir,



Galber avec doigté la hanche de porphyre

Redessiner des courbes, la mutation,

Torsader la turgide ovulation

Encellulée du germe, sans l’auto-suffire.




Du  désert de l'angoisse, émanent  au soir,

Des paysages que creuse l'insomnie ;

Ils naviguent encor aux flots noirs du déni,

Dressant du désaveu, l'altier encensoir.



J'agrémente mes nuits, du musc de l’enfance

Retrouvée au trottoir de quiètes venelles ;

Semblent s'y encor mouvoir les marelles,  

Les folles bergerades de l'adolescence.  




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

dimanche 27 octobre 2019

NON UM FACIAT TIBI ?


NON UM FACIAT TIBI ?
Que ne serais-je pas !

Oui! J'ai vaincu pour naître de sang et d'esprit,
Me suis assujetti à mon Seigneur et Maître ;
Oui! J'ai la larme à l'œil quand ripaille le traître
Enrubanné de haine, d'absinthe, de mépris.

Je donne au doute palpable, sans compromissions,
Matière à réflexion ; j'en entaille l'aphorisme…
Mes mains tracent du temps, le grincheux empirisme,
Mes doigts en épaississent l'emphase d'éclosion.

Mes espoirs alunés en des orbes lointains,
Périssent peu à peu, de vos ides tronquées ;
J'y vois sans craintes, sans jamais abdiquer,
Les sinistres mouvances s'effeuiller… dès matin.



La lumière du jour pénètre mes absences,
Sans en circonvenir de l'aura manifeste,
Le trouble équidistant du larvaire bupreste,
Dont l'orgueil  envenime l'influx de tolérance.

En des nuits épurées, mon éclipse réajuste
Des lointaines entorses, la notoire souffrance,
Afin qu'il m'en souvienne, en cette déshérence,
Des jours pleins où les brumes vétustes

Pendouillaient de mes rêves cuivrés, ces soleils
Mis en berne sous l'arche solsticiale, ce Phébus
Manœuvré de pompeux cauchemars, tylenchus
Rongeant de mon répit, le généreux sommeil.


Des heures qui m'aspirent au tunnel de l'oubli,
Aux fragiles minutes pulsées de la flagrance,
Mon double flou surnage sur les eaux de l'enfance ;
Là, l'onde y balaie de l'obstacle, les vagues affaiblies.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019