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lundi 28 octobre 2019

MEA DESERTUM*


MEA DESERTUM*

Mon désert



J’aime le désert où sombrent mes désirs,

Je m'enfonce sans crainte dans le sable

Des dunes où serpentent des moulures friables

Aspirées de l'engobe y venant gésir.



L’oasis au matin, fuse de ma torpeur,

S'y lentement tarit… la mort a évasé

Du cylindre des jours prestement délacés

L’aperture roidie émoustillant mes peurs.




J'avance au soir, sans amertume, ni haine,

Sous la phonie de tapageurs manèges ;

S’y rejoignent parfois sur l'immense plaine,

D’équivoques profils ; le simoun les malmène ;



Ils pleurent sous coupole d'un évêché sans âme,

Refoulent allègrement, des sermons moniaux,

Le pompeux syncrétisme de cérémoniaux

Devant lesquels l’autochtone se pâme.


Mon désert est le lit d'amoureuses brisées

Se laissant vaincre en l’aube ouatée

De vains désirs rythmés de rouge cruauté

De chiennes enjôlées de sonores baisers.



Je veux de leurs rêves cendreux, cueillir

Le suggestif en leurs songes ridés, égrapper

La pleine convenance, pour elles, draper

De l’illusoire satin, l'offense, sans faillir,



Galber avec doigté la hanche de porphyre

Redessiner des courbes, la mutation,

Torsader la turgide ovulation

Encellulée du germe, sans l’auto-suffire.




Du  désert de l'angoisse, émanent  au soir,

Des paysages que creuse l'insomnie ;

Ils naviguent encor aux flots noirs du déni,

Dressant du désaveu, l'altier encensoir.



J'agrémente mes nuits, du musc de l’enfance

Retrouvée au trottoir de quiètes venelles ;

Semblent s'y encor mouvoir les marelles,  

Les folles bergerades de l'adolescence.  




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019