SPRETAE CICONUM HONOREM*
Honneur bafoué
Qui a gardé d’hier, les fleurs enchanteresses
Qui poussent en nos jardins ?
Peut-on apaiser chagrins, détresse
Propres aux îliens devenus citadins ?
Avons cru aux nuits sans soleil,
Aux froides neiges chues de hautes cimes ;
En nos yeux fanés s’attardait le sommeil
Lesté du songe des pusillanimes.
Nous voilà en l'aube nouvelle ! Égarés
Au sinueux tunnel des contradictions,
Aux fantaisies dont l'homme se veut parer,
Rivé au nimbe flou des superstitions.
Qui savait que nous allions si mal,
Quand les mots se vêtaient d’apparence,
Puis, cachaient de nos envies banales,
Les fièvres encloîtrées à cette déshérence ?
Les enfants de ce monde illusoire,
Érigent encor des rives, avant de ponter
Au rostre des navires, de pesants accessoires,
Se peut-il qu'au matin, ils y puissent accoster ?
Ai remaillé mes peines, redressé mes envies
Afin de voir éclore en mes jeux de gamin
Sevrés de leur nanan, la rétentive vie
Offerte aux gueux qui nous tendent la main.
N’ai jamais céans, tristement, je l’avoue !
Fait confiance à mes proches ; entre lierre et ronces.
Ai su noyer mes larmes dans la boue...
Peu s'en fallait, avant que je renonce
A purger ma dégaine griffée du hallier,
Martyr de l'ego parasitant l’éphèbe ;
Sommeille t-il en sous ma chair liée,
A jamais malmenée de la brutale plèbe ?
Au miroir flou d'années enfuies, s’effeuillent
Peu à peu, les printemps sans saveurs ;
Heureux, je porte enfin le deuil
De ce monde vaincu par Jésus, mon Sauveur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019




