RATIONABILE ARBOREM
L’encoche du raisonnable
Nous avons bradé océans et déserts,
Bu de coupes pleines, la fielleuse lie ;
C’est vrai ! Avons, lorsque cela dessert,
Muselé la raison, au son de l’hallali.
Du braillard atumpan, à la flûte de pan,
Donnons aux musiques nimbées
D’impudence notoire, cela, à nos dépens,
De rageuses rythmiques... sans regimber.
En éjectant de nos modestes phrases,
L’opulence des mots contredits du verbe,
Sommes assujettis avec style et emphase,
Aux lexicales joutes, aux adages acerbes.
Les jours gris ont raison des fantasques nuits ;
Elles confèrent aux songes, équivoque noirceur,
Teintent d'angoisses alimentées d’ennuis,
Le cyma-reversa boudé du vil noceur.
Traçons de longs parcours, en champions
De ce temps embrasant la démarche
Du nomade dont Cornelius Scipion
Emboucha d’un vieux mors, sous l'arche
Élevé des plaines, le souffle ahanant….
Centurion vaincu, en disgrâce, allaité
D’un poitrail sans substances, aliénant
Asservit aux diktats d’un kaiser amputé.
Je rêve d'empires d’encre, de papier,
De réquisitoire de despotes, de rois
Sans contenance ; ils ne cessent d’épier
Les royaumes piégés de désarrois.
Regardez-les faner au balcon des fiefs
Gangrenés de rituels, d’ordaliques édits !…
J’écris : _ videz de l'âme alourdie de
griefs,
L'oukase ! Verrez, sans contredit,
La vanité de sénescentes armures
Piégées du tombeau encagé de murmures !…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019



