Imperceptibles cris qui en la nuit, se fondent
Au désespoir de l’âme bouleversée ;
Vous aiguisez vos crocs, quand se vient déverser
Les chagrines larmes qui s’y souvent confondent !
Molles huées de défaites, en un soir de malheur ;
Voyez traîner au caniveau de ces ladres ruinés,
Les baveuses coulées de liesses périmées,
Les glaireux ramas de mensonges, de leurres !
A vos tables jadis, s’entretissaient des rêves,
Des promesses mondées, d’artificieux aveux,
Devenus rogatons de sinistres morveux
Toujours prêts à découdre, et sans jamais de
trêves.
Nuisibles doléances d’occultes financiers,
De cambistes pistés de récipiendaires,
Cessez vos ronds-de jambes de tortionnaires,
Dont l’ilote accuse codicilles de conférenciers !
Poudrés de miasmes trompeurs, vous paradez
Sereins, trompant la gent honnête… celle
Qui vous confiait sequins, quand l’escarcelle
Du boursicoteur se laissait_ hélas _ dégrader !
Pernicieuses intercessions de stellionataires,
Qui trop souvent, percez des clivantes empreintes,
L’estampille dont la charge semble ceinte
Au juste locateur : nouvel actionnaire
Dont vous sucez le sang… vampires que vous êtes !
L’enfer, à vos pieds, calcinera vos titres,
Vos valeurs et vos biens… sera-ce alors, en
pitres,
Que vous ferez gigote, argentiers malhonnêtes !?
Je me gausse déjà de vos cris de rouliers,
Vos froids glapissements de mécènes ventrus !
Ignobles écornifleurs, cupides malotrus,
Attiseront des flammes, les braises déliées !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
