Il y a des filles sur les ports embrumés,
Que les marins courtisent, la nuit tombée ;
Ils voudraient avancer fiers, torse bombé,
A leur ciel de lit, quand montent les fumées
De ces grises torchères sur socles bitumés,
Et qu’élaguent les rais de lumignons plombés.
Il y a des femmes aux fenêtres disjointes
De ces mas solitaires perdus sur la colline ;
Elles pleurent l'amant aux caresses félines :
Âme solitaire percée d'inélégante pointe…
Et puis… il y a nous : deux naufragés surpris
Du nostoc d’estuaire… quand nous ne serons plus,
Que nos corps bouderont du néant, le reflux,
Chanteront des matins affranchis du mépris
Dont se nimbent ceux qui ne jamais prient :
Ces sceptiques aux ambitions mafflues.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
