Non ! ne point m’en irai avant d’avoir baisé
Le cou de la mutine de mes rêves charnus !
Ne me laisserai vaincre de mots entretenus,
Ni convaincre du niais ne cessant de biaiser !
J’ai fait le chemin ignoré du pâle damoiseau ;
De mes désirs émanent d’autres bermes ;
Je les voudrais franchir, afin de mettre terme
Aux sentencieux propos en pointe de biseau.
Amorties de songes égrenés, mes nuits
Se font, aux longes d’obscurité,
Trochet de parhélie, girandole d'altérité ;
Y naissent des reflets méconnus de l’inuit.
Non ! ne point me lèverai avant de succomber
Au charme de l’odalisque posée au baldaquin
De mes sombres besoins ! ne me ferai faquin
Au naos de chapelle de litanies plombées !
Que n’ai-je des désirs emmurés de souffrances,
Pénétré le perfide ascétisme, moi l’inentamé,
L’éphèbe qui, du masturbatoire flammé,
Réceptionne l’orgueil salvé de doléances !
J’ai, en de nuisibles râles, contorsionné l’ivresse,
Arc-bouté du plaisir, la généreuse hanche,
Afin qu’il m’en souvienne en ces mues étanches,
De la glaire dont mes doigts s’oppressent,
Quand, solitaire au faîte de nuits blanches,
Les larmes lestent des gangues d’avalanche,
L’influx désordonné, et qu’encloue ma détresse…
Réceptif aux silences d’amants désaccordés,
Je feuillette des lignes suppurées de mensonges :
Nuances du diacritique, et que ronge
La graphématique larvée en procordé.
Alors… pour redevenir moi : inutile songe-creux,
Je confesse mes tares, en l’aube retenue...
Puis, au petit matin, quand point l’ingénu,
Aspire de l’oubli, les brèves
soutenues
De factices errances en des mythes ocreux.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
