ON S’OFFUSQUE PARFOIS
J’ai vu marcher les reines de riches lupanars,
Les rombières frustrées de villages incultes ;
J’ai vu mûrir la mort au milieu d’insultes ;
Gésir des lendemains troublés du communard.
J’ai écouté chanter les amants de Fréhel :
Ces âmes passionnées dont Paris fait réserve ;
Les putains de bombance côtoyant les serves,
Avant que de mourir au fusain d'aquarelle.
J’ai pris les raccourcis de l’amant apeuré,
Les sous-bois où l’étrange étrangle la raison ;
Nu, sous le pédonculé, en la morte saison,
Mon profil décapait des coulpes de prieuré.
J’ai laissé ma dégaine de piètre revanchard
Boire aux sources taries de l’absoluité…
En l’apologétique _ que n’aurais-je douté ! _
Ai regardé mon double jouer les pleurnichards.
Quand la chair alouvie, comme désemparée,
Donnait ton à mes crocs, ma faconde dupait
Les chiennes de couvoir, ces fringantes poupées,
En un cri séducteur les venant perforer.
J’ai de notable mise, encarté à mes pages,
Un nouvel ex-libris aux fadasses dorures ;
Les mots qu’il m’en souvienne, accrurent
De l’idiome l’incessible avoir, et qu’encagent
Encor les bedonnants censeurs, de male rage,
Avant de clore du style l’efficace mouture.
Si je garde la main, ébaubi au sixain d’un tripot,
C’est que le temps m’angoisse… il pleut encor
Sur mes tristes dimanches, quand, à d’autres
accords,
S’insèrent des musiques grisées de vains tempos.
Il me faut naître ailleurs, repousser de vos
glaires,
L’amniotique coulée ! il me faut des silences,
Et pour parachever au for de ces muances,
Cette palinodie dont Mando ne se peut satisfaire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
