Quand s’étirent les jours, se prolongent les
nuits,
L’absence vient emmurer de mes songes dociles,
L’onirique support… s’y promènent, graciles,
Les filles captives d'offenses méconnues de l’ennui,
Enfiévrées d’hédonisme, de prétentions fragiles.
Quand la tissulaire trame, ce subéreux piège
Se déploie en mes lunes, je me couche, vaincu
De ces trop lourds clichés où l’enfance a vécu,
Enjuguée du mensonge des grands ; y siège
La peur du retenir… bradée à moindre écu.
Se faut-il rédimer aux grilles d’un confessionnal,
Anonner à l’ouïe d’un cacochyme nonce,
De futiles grimaces, d’aciculaires oponces,
Se laisser du nopal, lacérer ; de pompes
atonales,
Psalmodier en l’état des litanies absconses ?
Quand l’hiver vient river à mon futur chaste,
De vexantes images ceintes de sénescence,
Je rabroue du passé l’obséquieuse décence :
Ce trompeur narcotique aux atteintes néfastes
Et qu’inhale le couard défait d’outrecuidance.
Que dois-je imaginer en ces rites forcés,
Ces mimiques larvées de concussionnaires
Dont la bourse pleine refrène l’adversaire
Egaré aux maltôtes, et par trop engoncé
A l’ajour d’un triste prébendier agencé
Au luxe d’un notable si l’exacteur l'enserre ?
Quand je verrai l’automne entasser à ma porte,
Reliquat de chagrin, séquelles d’hypocondrie,
Mes larmes ne seront, décavées d’anhydrie,
Qu’éphémères crevasses, rhagades mortes…
Tomberont les volets enchâssés d’hémiédrie,
Derrière le mantelet d'émotions plus fortes.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2021

