pinterest

mercredi 11 août 2021

ECRIN-POUBELLE

ECRIN-POUBELLE

 

Les vallées bitumées défigurent nos champs ;

Nos océans se meurent sous le goudron…

Plus de feuilles au beau rhododendron,

Ni d’épines aux roses, au soleil couchant.

 

Les rivières émargent de leur lit, asséchées ;

S’étranglent le ruisseau, sous la charmille ;

Les pluies ont éventré les infimes ramilles,

Et de l’arbre vieilli, l’écorce s’est détachée.

 

Au bruissement d’ailes de l’oiseau des cimes,

S’éteignent de froids matins, emperlés

D’acidifiante rosée ; là, s’en viennent déferler,

De l’ubac jauni, l’adret sans spires, sublimes,

Au temps jadis, d'autres saucées d’abîme,

Des reflux de mélasse, en cet azur grêlé…

 

Ne gèle plus l’étang de l’hivernale morgue ;

Le douzil des fontaines a perdu son éclat ;

Sera-ce en ces nuits d’encre, que tonnera le glas,

S’enfuiront les lunes bafouées de la sorgue ?

 

Pleurant complaintes devant la cheminée,

Verrai mourir des comptines, les ritournelles,

Monodiques reprises, parfois, ribambelles,

Au tercet de sonnets, de quatrains sublimés.

 

En désossant les ponts de la musarde,

Les hommes ont foulé, au cœur du renouveau,

Les primes facéties du garnement des vaux

Escaladés en un laiteux printemps , et que farde

L’absence ivre de sépia, sans hardes,

Ni ballerines... nue, aliénée au caveau

Sis aux ténèbres viciées, pour du biveau,

Nier le métrage noyé sous la faucarde…

 

Plaintives ressouvenances de nuits floutées,

Décélérez le mal dont je m'argue parfois,

Malgré moi_ c’est ainsi !... Du levis, au beffroi,

Ma vaillance s’étiole… qui pourrait en douter !?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021