pinterest

lundi 2 août 2021

AU SEUIL DU PROBABLE

AU SEUIL DU PROBABLE

 

Aux portes du matin, fleurs de mon exil

Poussent sans écumer des soleils vitreux,

L’injurieuse clarté sous le revers plâtreux

De sombres mausolées humectés de grésil.

 

Aux portes du futur, cognent des jours fanés :

Tristes ressouvenances dupant le naufragé

Retenu en la baille qu’encloue l’outrager

Dont la victoire n’est que relique tannée.

 

Aux portes de l’espoir, l’ivresse semble poser

Des grimes éthérés, des mimiques fardées

Dont se satisfait l’âme trop souvent brocardée

Du pontifiant silène se voulant imposer…

 

Aux portes de l’enfance, quand lunes à renaître

Se déparent de l’astre confortant la superbe

Entoilant de la nue l’étoupe qui l’engerbe,

Les hommes s’agenouillent sans connaître

 

Du Ciel, L’intouchable Beauté : Réel Attrait,

Digne Munificence en l’éclat de Promesses

Clampées au Passionnel dont les horribles messes

Altèrent La Splendeur, enforcissent le trait.

 

Aux portes de ma plume, les mots cognent silence,

Avivant du mutisme, l’hétéroclite précompte…

Mon style, aux solubles cancanes, surfait du conte

En la prosopopée, folles antonomases ; j’en tance

De par elle, bien d’autres périphrases, en l’intense

Dont le quintessencié civilise de peu, la honte

Lui étant quelquefois coutumière, mais que dompte

Sevré de rhétorique… le sabir d’acescence

Dilué du langage de trop sages archontes.

 

Aux portes de mon verbe, s’attardent des clichés

Souffletés de ces nuits aux opaques cendrures :

Butyreuses sorgues dont la grise fourrure

Asphyxie en l’aurore, les douillettes nichées.

 

Sans faire montre du pire, j’édulcore, c’est ainsi_

L’idoine, sans en parachever, perclus en l’indécis,

L’adéquat, qui de mon double honore l’entité,

Ad hoc : de ce rude froncis, le bâti translaté !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021