Marie, regarde couler les eaux de Porcupine :
Ces magnifiques franges qu’irradie le soleil !
Hier, j’ai vu s’ouvrir en l’aurore vermeille,
Les chutes d’Iguazú se gaussant de mon spleen.
Marie, sais-tu qu’au ventre de l’Islande, tombent
En cascade, les larmes de Gullfoss ? … elles
lavent
Du matin, les plus noires suies, puis encavent
Des nuits, la nue aux chahuteuses trombes.
Quand reviendra l’automne, tu entendras Marie,
Glisser du long rideau de Kahatola, les larmes
D’Abarbarée : ces plaintives coulées, au
charme
De naïades, qu’admoneste parfois le pêcheur marri.
Au gouffre de Baatara, aux solstices prochains,
La plaine amoitira de ses tièdes contrées,
Les vieillissantes rides ; s’y viendront
concentrer,
Les précieux tubules méconnus des crachins.
Ecoute ronfler, Marie, les Cumberland Caverns !
Vois, comme l’hiver au jour, s’en estourbit,
Défroissant peu à peu l’itératif débit,
Aux rudes avalanches que la baille gouverne !
Bientôt, nous irons voir des chutes Victoria,
L’étrange se dissocier des passives vapeurs ;
Nous pourrons toi et moi, museler de la peur,
L’entêtante pincée… sous la gaultheria.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
